Philippe Artières, né en 1968[1], est un historien français, actuellement directeur de recherche au CNRS au sein de l'Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (IRIS) à l'EHESS (Paris). Il a été pensionnaire de la Villa Médicis, Académie de France à Rome (2011-2012). Grand prix SGDL de la non-fiction 2021[2].
Travaux
Philippe Artières consacre sa thèse, préparée sous la direction de Michelle Perrot à l'Université Paris 7, à la médicalisation des écritures ordinaires au XIXe siècle, et principalement aux écrits de criminels. Il a ainsi exploré le fonds d'autobiographies de criminels réuni par le docteur Lacassagne à Lyon à la fin du XIXe siècle, et conservé aujourd'hui à la Bibliothèque municipale de Lyon. Le Livre des vies coupables[3] donne à lire ces textes étonnants.
En 2001, en collaboration avec Dominique Kalifa, il publie un ouvrage expérimental[4] entièrement composé d'extraits d'archives montés dans un récit biographique.
Spécialiste d'écritures ordinaires, auxquelles il a consacré de nombreux ouvrages, il a été par ailleurs président du centre Michel Foucault de 1995 à 2014, responsabilité qui l'a amené à éditer un volume d'archives sur le Groupe Information Prisons[5].
Philippe Artières est considéré comme l'inventeur de l'expression "archives mineures", faisant référence aux archives qui seraient plutôt de l'ordre de l'ordinaire (récits autobiographiques, rapports médicaux, graffitis), mais pouvant toutefois être considérés comme des matériaux de l'histoire[6],[7],[8].
Il est membre de l'Association pour l'autobiographie[9].
Blogographie
Philippe Artières a fondé avec Jérôme Denis et David Pontille le blog Scriptopolis, « petite enquêtes sur l'écrit et ses mondes »[10], qu’il a animé avec eux jusqu’en 2012.
Récompenses
Grand prix SGDL de la non-fiction 2021[11].