Dans cet ouvrage autobiographique, l’auteur raconte comment il a développé des troubles obsessionnels compulsifs dès l’enfance. Il décrit avec humour et recul le quotidien d’un grand angoissé, l'acceptation de cette maladie invisible pour les autres la plupart du temps, mais aussi la force que lui a apporté ce véritable handicap social.Au fil des pages, il interroge l’influence de sa santé mentale sur son travail, et questionne l’idée reçue selon laquelle la tristesse seule permet de produire un art digne d’être montré.Il nous livre ainsi un roman graphique très illustré, très personnel, qui se lit commme un page turner. 131 avis sur Amazon avec une note de 4,5/5.
Jason a toujours eu peur de diverses choses et cela a commencé très tôt : enfant, c’est une statuette chez ses grands-parents qui l’effraie jusqu’à que ses parents, s’en rendant compte, la recouvrent d’un drap ou bien c’est l’histoire d’un roman jeunesse qui lui provoque des cauchemars jusqu’au moment où le livre est caché quelque part par son père. Suivant une thérapie adaptée aux enfants, Jason découvre qu’il voit les choses dans sa tête comme il aimerait qu’elles soient mais pas comme elles sont dans la réalité et les dessiner lui apporte parfois un sentiment de contrôle de ses angoisses mais ses troubles continuent à se développer en même temps qu’une ribambelle de troubles obsessionnels compulsifs … Si on parle assez régulièrement des TOC à la télévision dans diverses émissions, ce n’est pas un sujet fréquemment abordé en BD. Cet auteur américain a voulu faire découvrir sa maladie, surtout que le dessin est un excellent moyen pour transmettre des impressions et des sensations, là où les mots se révèlent parfois insuffisants. Le graphisme noir et blanc et ses dégradés de gris est simple, quelquefois enfantin, souvent brouillon pour coller aux pensées de l’auteur, parfois même violent mais il sert toujours à transmettre le ressenti et les pensées terribles que Jason a en réponse à certains évènements ou choses. Parfois, un seul dessin occupe la page, d’autres fois, la page se divise en plusieurs scènes, il y a aussi beaucoup de texte explicatif, comme si on lisait un livre et que le dessin ne servait que d’illustration. J’ai trouvé que le message passait bien et était clair et compréhensible, provocant aussi de l’empathie mais aussi un certain agacement, que Jason ressent lui-même sans pouvoir contrôler quoi que ce soit. On a envie de l’aider, de lui dire d’arrêter de ressasser, de se détendre, même si on sait que c’est plus facile à dire qu’à faire. On voit aussi comment les problèmes psychologiques peuvent influer sur les relations familiales ou de couple, sur la vie de tous les jours, rendant celle-ci chaotique et faisant de chaque jour une épreuve à subir. On découvre comment les thérapies fonctionnent, comment la maladie s’organise, les causes possibles de celle-ci, les petits trucs pour essayer d’atteindre une vie quasiment normale, avec des routines, des objets rassurants pour contrer les crises de panique épuisantes. Même si cela reste toujours un peu incompréhensible pour ceux qui ne sont pas atteints par ces troubles, cet album est un petit pas vers la compréhension et l’acceptation de ceux qui en souffrent et j’ai trouvé que c’était une lecture intéressante qui arrive à faire rentrer les lecteurs dans le monde d’un éternel angoissé.