"La gourmandise est toujours sans gravité, c'est ce qui fait tout son charme. La gourmandise est comme un tableau où l'on n'utiliserait pas le noir, seulement des couleurs claires, des jaunes de Tiepolo, des bleus et des blancs de Boucher, des verts frondaison de Fragonard ; la gourmandise à table, c'est la gaieté au théâtre ou la galanterie en amour (trois G), sans gravité, mais allant tout de même, en s'échelonnant, de la grossièreté jusqu'au raffinement le plus exquis."
Je mets rarement des notes aussi rudes mais ici, j’estime que c’est justifié. La vision de la nourriture était très… eurocentrée et privilégiée. Une bonne table ne passe pas forcément par de la viande et du vin... et faire un éloge de la gourmandise incluant un chapitre sur le jeûne sans mentionner la faim dans le monde et le fait que ce propos est situé… bof. De plus, pourquoi rattacher chaque chapitre à une œuvre littéraire ou artistique ? Un éloge de la gourmandise et par extension de la nourriture ne se suffirait-il pas à lui-même en parlant de tables et d'appétit ? Pourquoi est-il nécessaire de maîtriser Rimbaud et Mallarmé pour lire et comprendre un ouvrage vantant la gourmandise et la nourriture ?
Le principe est admirable, la plume de l’auteur est agréable, c’est l’exécution qui laisse à désirer selon moi. (Désolée Monsieur Polet si vous passez par ici, je sais qu’on a la même alma mater mais je me devais d’être honnête dans cette note)
Enfin à nouveau un petit éloge tel que je les aime: à la fois un éloge du sujet choisi et de la littérature, tout en étant l'occasion d'un voyage dans le temps et à travers le monde. L'auteur évoque autant la saveur des aliments que des mots et nous donne les siens à savourer. On voyage de pays en pays, de saveurs présentes en saveurs passées. Un régal!