Devenir instituteur, c’était le rêve de nombreux enfants dans la France de l’immédiat après-guerre. Ornella, par exemple, a bataillé dur pour entrer à l’Ecole Normale, mais le succès était au bout de la route et l’a conduite vers son premier poste de maîtresse d’école à Ségalières, un village perdu des hauts-plateaux du Lot, en octobre 1954. Là, elle se heurte à l’hostilité du maire, du curé et des habitants, qui ont besoin de leurs enfants dans les fermes. Un nouveau poste l’attend à Peyrignac, sur le causse, où elle va partager la classe avec Pierre, fils d’un châtelain de Cahors. Entre ces deux enseignants issus de milieux différents mais qui ne vivent que pour leur métier, c’est le coup de foudre que seule assombrira la guerre d’Algérie. Au fil des ans, au gré des réformes scolaires, ils poursuivront leur carrière avec la même passion jusqu’à ce qu’une décision ministérielle les transforme en “professeurs des écoles” en 1989.
L’école d’antan, son odeur de craie et d’encre violette, ses instituteurs héritiers des hussards de la Troisième République, respectés de tous, exemplaires et dévoués, c’est ce que Christian Signol évoque avec beaucoup d’émotion et de vérité dans ce beau roman qui relate également un demi-siècle de l’histoire d’une société française, dont l’école symbolisait la réussite et l’espoir en l’avenir.
Il est né dans le Quercy, en 1947, dans la commune des Quatre-Routes-du-Lot, un petit village au pied du causse de Martel, qui restera son paysage favori et inspirera plus tard toute sa littérature. Il vit une enfance heureuse dominée par la présence féminine de sa mère et de sa grand-mère, bercée par la lumière des collines, les parfums de la campagne et les mystères sauvages de la nature.
Il fait des études de lettres et de droit (1965-1970). Il commence sa carrière d'écrivain en 1984 avec le premier tome du roman Les Cailloux bleus, qui remporte un grand succès. Il a longtemps tenu une chronique hebdomadaire dans Le Populaire du Centre, quotidien régional limousin. En 1990 il publie la trilogie romanesque La Rivière Espérance. La notoriété de l'écrivain se consolide et il devient l'un des auteurs français les plus lus. Ce triptyque est adapté pour le petit écran, en 1995, par Gaumont télévision avec, à la réalisation, Josée Dayan.
Je dois avouer d’emblée que ce n’est pas un registre que je lis habituellement. Si j’ai ouvert ce livre, c’était avant tout pour faire plaisir à ma sœur. Pourtant, cette lecture s’est révélée bien plus enrichissante que je ne l’imaginais.
Le récit m’a permis de mieux comprendre sa profession, son quotidien, ainsi que les enjeux humains auxquels elle est confrontée. Cela a donné une dimension très personnelle à ma lecture, presque intime. En suivant l’histoire, j’ai découvert un univers que je connaissais peu, voire pas du tout, et cela m’a permis de mieux saisir la passion et les difficultés que vivent celles et ceux qui, comme elle, consacrent leur vie aux autres.
L’auteur parvient à rendre les enfants profondément attachants, sans jamais tomber dans le pathos. On ressent leur fragilité, leur force aussi, et on ne peut rester indifférent à leur parcours. Mais ce sont surtout les personnages de Pierre et d’Ornella qui m’ont marqué. Leur dévouement, leur persévérance et leur humanité traversent chaque page. Ornella, en particulier, incarne une détermination sans faille à aider les enfants, avec une justesse qui force le respect.
En définitive, même si ce livre ne correspond pas à mes lectures habituelles, il m’a touché par la sincérité de ses personnages et par les thématiques fortes qu’il aborde. Une belle surprise, et surtout une occasion précieuse de mieux comprendre un pan de la réalité que je côtoyais sans vraiment le connaître.
Une si belle école de Christian Signol, paru en 2010, est un bouquin qui prenait la poussière dans ma bibliothèque. Je l’ai acheté dans une petite librairie au Congo, quand j’étais encore au lycée. Et voilà que je le dévore près de huit ans plus tard.
C’est l’histoire du parcours professionnel et personnel d’une institutrice nommée Ornella, entre les années 1950 et 1990. Elle vivra, tout au long de ces années, l’évolution de l’école de la République ainsi que de ses politiques, de son rôle social, etc. Et tout cela dans les campagnes du sud de la France.
J’ai bien aimé ma lecture. C’est, selon moi, un beau récit qui ne perd jamais en qualité tout au long du livre. J’ai aussi beaucoup apprécié le choix de narration autobiographique employé par l’auteur. Je trouve que ça rend les personnages très attachants. Et c’est sans doute plus efficace pour transmettre la beauté des paysages au lecteur. Comme dans la vraie vie, j’ai une admiration particulière pour les gens dont le vécu flirte avec l’histoire d’un pays ou d’une époque. Donc percevoir une fraction de l’évolution historique, économique et sociale de la France à travers le parcours d’Ornella et de son époux Pierre m’a énormément plu.
Cependant, je dois avouer que malgré la beauté du texte, je m’ennuyais légèrement par moments. Le récit manquait parfois de rythme et me semblait parfois un peu trop monotone.
Cela reste tout de même un texte qui fait réfléchir, à la fois sur la place de l’école qui reste le premier lieu de socialisation secondaire des enfants mais aussi sur la manière dont l’État peut façonner différemment les générations selon ses intérêts. Oui, ça va jusque-là !
Bref, c’est une histoire très sympathique, surtout pour celles et ceux qui aiment les récits d’histoire humaine “ordinaire”, liée à de grands enjeux. Et aussi pour ceux qui aiment être plongés dans les paysages paisibles de la « France profonde ».
Honnêtement le début m'a fait penser que la lecture serait ennuyante mais la fin était TELLEMENT bouleversante que j'en ai pleuré. Le fait que ce soit écrit à la première personne on sent la douleur de la femme que l'on a appris à connaître au fil des pages. Le pire c'est que comme ce roman raconte la vraie vie (en tout cas je pense est basé sur une histoire vraie), c'est encore plus triste parce que ça peut arriver quoi. Bref franchement c'était touchant, on évoque le problème de la guerre d'algerie (c'est seulement le 2e livre que je lis qui en parle et oui ça me choque parce wtf pourquoi personne en parle) et je pensais pas que ça allait évoquer justement cette problématique. Et bien sûr c'est plein d'analyses sur l'école, ce témoignage sur des années nous parle des différentes réformes. Et aussi elle enseigne tout le temps à la campagne (ça me rappelle le documentaire qu'on avait vu en hlp sur un maître d'école en campagne), c'est différent de la ville et j'ai appris tellement de choses (d'ailleurs je crois que ce livre est dans ma pal à cause de la hlp parce que je l'aurai jamais pris). Et en fait les meilleures lectures que je fais, c'est quand je prends un livre dont je ne sais rien et qu'il me surprend agréablement, like damn this is what i want. Mais du coup je conseille si vous voulez en apprendre plus sur l'école entre les années 50 et 90 en campagnes, sur le destin d'enfants attachants et sur la vie d'une institutrice qui AIMAIT vraiment son métier.
Très belle histoire, qui nous fait parcourir l'évolution de l'Ecole et du métier d'enseignant de 1954 à 2010. L'accent est mis sur l'aspect relationnel, entre l'enseignant et ses élèves, sa hiérarchie, ses collègues, et tout autre protagoniste rencontré sur son chemin. Merci pour celle lecture touchante.
Très intéressant l'histoire de cette institutrice au fil du siècle, ses espoirs, ses déboires, son évolution... J'avais un peu peur au début que l'histoire soit un peu trop lisse, tout va bien dans le meilleur des métiers. Mais non, les réalités du métier sont évoqués, et l'héroïne évolue au fil des pages (et des années), et des rencontres qu'elle fera dans sa vie professionnelle. L'époque du bouquin m'a d'ailleurs remis en mémoire le film "la gloire de mon père" que j'adorais étant enfant. Une belle histoire sur l'école du 20ème siècle.