Le troisième volet des aventures d’Ultimex… Loin du premier qui faisait 24 pages seulement (souvenez-vous : Ultimex dans la famille de Steve, qui en est d’ailleurs à sa deuxième réédition) ou du second, le Duel, 60 pages de bonheur, Gad s’est déchaîné et vous offre 228 pages de politiquement incorrect, de sexe, d’abus divers et de violations multiples dans ce nouvel opus : Les artistes. Reprenant l’histoire parue en épisodes sur le blog de Gad, additionnée d’une histoire de 24 pages inédite narrant les folles aventures de Fol Argent le justicier le plus cher de la terre, cet ouvrage est une gifle (pas une vraie gifle, hein, ça serait débile de faire paraître de raie gifles, non, c’est juste, attendez, foutez-vous une baffe… mais non, pas comme ça, ça veut plus rien dire, là! voilàààà… une gifle comme ça) ainsi qu’un regard critique sur le monde de l’art et des artistes contemporains. Steve se laisse convaincre par ses nouveaux amis, des artistes du quartier pauvre, de financer une exposition collective dans la très chère galerie des frères Puta. Ultimex, dans un accès de désespoir (et de massacres divers) se joint à eux pour exposer afin de se rapprocher de sa nouvelle copine artiste, qui le snobe, lui, le prince du sexe! Il va heureusement rencontrer un nouveau copain, un chat qui tire apparemment des sortes de pouvoirs très étranges de la fumée de cigarette. Évidemment, l'exposition ne se passera pas comme prévu, et de rebondissements en bouleversements, ce petit monde va très gentiment exploser. Avec plein de sexe, de violence, de tueurs, de chiens qui pètent, d'arbres à bites, de peintures qui se mangent, de chats qui fument et de mamies dégénérées.
De son nom complet Ultimex et Steve le faire-valoir prodige, cette BD d’un mauvais goût très certain ravira les amateurs de Blanc Manger Coco et autre recueil d’humour noir, misogyne et un peu beaucoup violent. Ultimex, avec son énorme œil en guise de tête, représente l’incarnation maléfique de l’homme moderne absolument viril, arrogant et sans limites. Il méprise à la fois les vieillards, les enfants, les femmes… voire même tout le monde. A ses côtés, on retrouve le fameux Steve, qui porte très bien son titre de faire-valoir : homosexuel refoulé, homophobe, raciste, et qui ne sait absolument rien faire de lui-même, c’est grâce à ce personnage malgré tout attachant que peut briller la splendeur d’Ultimex. Et ça marche plutôt bien. Ultimex est un anti-héros extraordinaire dans son genre : il est super fort, super riche, il se tape plein de gonzesses et a le chic pour ne jamais se soucier d’aucune conséquence que pourraient lui valoir ses actes. De toute façon, à la fin, c’est lui qui va gagner… A première vue simplement trash, c’est en suivant Ultimex dans ses aventures complètes que l’on peut se rendre compte d’un univers beaucoup plus dense qu’il pourrait n’y paraître au premier abord; l’humour sans tabous et particulièrement savoureux déployé dans les dialogues donne tout son corps à ces ouvrages. Le dessin d’Ultimex est assez rétro, et est surtout là pour donner du cachet aux situations absurdes et autres dialogues loufoques ; même si les aventures plus longues ne sont disponibles qu’en noir et blanc, on n’y perd rien de toute l’intensité des aventures de cet extravagant personnage. On peut le retrouver dans des planches de 3-4 pages disponibles sur internet (ultimex.over-blog.com), mais aussi en albums plus complets qui méritent sérieusement l’investissement, tant pour le plaisir du papier que le soutien à l’auteur !