Le collège, c'est l'enfer. Surtout depuis que Guillaume et sa petite bande m'ont pris pour cible. Moqueries, coups bas, brimades, ils s'acharnent, et je subis, paralysé par la peur. Lili, ma meilleure amie depuis ma plus tendre enfance, bénéficie, elle aussi, du statut peu envié de souffre-douleur attitré. Guillaume nous a éloignés l'un de l'autre, et je n'arrive plus à atteindre celle pour qui mon coeur bat... sauf lorsque je prends mon violon et qu'elle chante. Alors, je me sens pousser des ailes. Ces ailes que la réalité nous coupe, dès que nous remettons un pied au collège. Allons-nous réussir à retrouver notre liberté et à prendre notre envol, Lili et moi ?
Ce petit roman est un véritable bijou de justesse, de force, de fluidité.
Cette histoire m'a prise aux tripes, je n'ai pas pu la lâcher tant j'étais happée, à la fois horrifiée par la violence du harcèlement scolaire et par le personnage de Guillaume, par la peur des conséquences, mais aussi par la force de Lili et Adrien.
Le harcèlement, la différence, deux sujets qui me touchent particulièrement, je ne reviendrai pas forcément sur les raisons, mais cela me touche de très près. En lisant le résumé, je savais que ce serait peut-être difficile pour moi, mais je voulais découvrir comment l’auteure avait traité ces deux sujets. Résultat, je suis en larmes en fin de lecture, mais je l’ai également été durant ma lecture. Peut-être justement parce que les sujets abordés me collent à la peau, peut-être y suis-je plus sensible que d’autres à cause de cela. Mais je peux néanmoins dire, que Axelle Colau les a traité avec délicatesse, avec justesse, en montrant bien les côtés destructeurs que certains agissements peuvent avoir, les conséquences peuvent être dévastatrices. Nous vivons cette histoire à travers les yeux d’Adrien la plupart du temps, nous avons parfois le point de vue de Lili, principalement en début de chapitre, lorsque la jeune fille se confia à son journal, mais également à travers Guillaume qui est l’instigateur de tout les coups bas, de toutes les moqueries. Le fait de vivre l’histoire à travers les yeux d’Adrien, la rend plus intense, nous ressentons son désespoir, son envie d’agir sans oser le faire. Il sait qu’il perd son amie en ne faisant rien, en se taisant, e ne lui révélant pas que lui aussi est la victime de Guillaume. L’adolescence est un moment des plus ingrat, c’est la période où nous nous construisons, où le regard des autres prend énormément d’importance pour notre propre développement. Adrien est différent, il est plus petit que la moyenne, il a des lunettes, il est plutôt du genre intello. Lili n’entre pas dans le moule non plus, elle c’est surtout à cause de son surpoids. Ils sont tout les deux victimes de harcèlement, pour des raisons différentes, mais le résultat est le même. Ils se connaissent depuis toujours, ils sont amis, pour Adrien, c’est même un peu plus que de l’amitié, mais là non plus il ne dévoile rien de ce qu’il ressent à Lili. Jusqu’au jour où tout cet enfer va trop loin, où le point de non-retour est atteint. Leur échappatoire, c’est la musique, Adrien joue du violon, Lili chante. Pour aider Lili, Adrien va ouvrir une chaîne YouTube où il postera une de leur cover, le nom de la chaîne c’est AliN, un mélange de leur deux prénoms. Leurs visages n’apparaissent pas sur la vidéo, personne ne sait qui se cache derrière, ils vont très vite avoir des vues par centaines, des abonnés qui en demande plus. Par ce biais, il veut montrer à Lili qu’elle est autre chose que son poids, que les gens peuvent l’aimer. Mais Guillaume est toujours présent quelque part, les journées d’école deviennent un véritable enfer, pourtant personne ne fait rien, personne ne voit rien (ou fait plutôt semblant de ne rien voir). Quand tout est noir, quand personne ne vous tend la main, quand tout espoir semble avoir prit son envol. Que reste t’il . Comment encore avancer ? Comment revoir la lumière ? Une histoire émouvante écrite avec fluidité, avec simplicité, avec justesse. Une histoire qui ne peut que faire sortir tout un tas d’émotions, il est juste impossible de rester insensible au calvaire que vivent Adrien et Lili. Comme je l’ai dit en début de chronique, j’ai terminé ma lecture en larme, alors si vous êtes autant sensibles que moi, préparez-vous à un tsunami émotionnel et surtout une boîte de kleenex pas trop loin, cela vous sera utile.
J’avais adoré la plume d’Axelle Colau dans Génération captive et j’avais hâte de découvrir l’autrice sur un registre complètement différent: le harcèlement à l’école et le récit de deux adolescents qui se rapprochent.
Tout d’abord, pour mettre les choses au point, je n’ai jamais vécu de harcèlement scolaire donc je ne saurais estimer la justesse des propos par rapport à une personne concernée. Cependant, l’autrice réussit vraiment à placer le lecteur dans le point de vue des deux personnages à travers des situations très difficiles et j’étais au bord des larmes pendant certaines scènes du roman. J’ai vraiment réalisé beaucoup de choses sur comment on peut ressentir du harcèlement et j’ai l’impression d’avoir partagé pendant quelques jours le quotidien des élèves.
La relation entre Lili et Adrien est assez magnifique et on est partagés entre l’envie de dénoncer les horribles camarades tout en comprenant à la perfection pour quelle raison ils ne le font pas. L’autrice réussit également à nous placer dans différents points de vue y compris celui du harceleur qui, même s’il est abject, nous permet vraiment de replacer les situations dans tous les contextes sans jugement ni pathétisme. J’ai aussi beaucoup aimé la manière dont leurs passions leur permet de s’en sortir et de montrer leur valeur à eux-mêmes et aux autres.
Bref, un livre plein d’émotions qui m’a amené de nombreuses fois au bord des larmes, qui nous plonge dans un quotidien à la fois difficile et magnifique, le roman est absolument sublime. Pour une adulte comme moi pas très au fait des questions de harcèlement, je ne m’attendais pas à être aussi bouleversée. Je remercie chaleureusement la plateforme Simplement Pro et l’éditrice de Noir d’Absinthe pour ce roman.
"En résumé, Axelle Colau nous offre ici un roman emprunt de justesse, de sensibilité et d'un coin d'espoir. C'est triste et beau à la fois. C'est plein de vérité mais aussi de colère de voir que le harcèlement scolaire soit encore autant un tabou, alors que tout le monde devrait en parler. Lili et Alex sont en quelques sortes des voix qui sortent du silence et qui communiquent sur ce qu'ils ont vécu."
Début juillet, alors que je traversais une période de déprime, j’ai pris ma liseuse et jeté mon dévolu sur AliN comme nouvelle lecture. Tout en entamant l’ouvrage, une petite voix au fond de moi m’a soufflé « t’es sûre ? ». Parce que – et la quatrième de couverture est claire à ce sujet – le thème de ce roman est le harcèlement scolaire. Or, j’ai souffert de harcèlement scolaire à une époque. Fort heureusement, au contraire d’Adrien et Lili, Internet était alors peu répandu, les téléphones portables aussi, et la seule tentative de harcèlement sur le fixe de la maison avait rapidement été circonscrite par mes parents. Je me sentait donc en sécurité hors du lycée. Mais je me rappelle encore mon ventre noué, douloureux et la nausée qui me prenait chaque matin, lorsque j’allais en cours…
J’ai ignoré la petite voix parce que j’avais envie de lire ce livre. AliN est conté du point de vue d’Adrien. Lui et Lili, sa meilleure amie – pour qui il éprouve des sentiments muets – sont la cible de Guillaume et sa bande. Les brimades quotidiennes, cruelles ont fini par éloigner lentement les deux amis, au grand regret d’Adrien. Mais il va essayer de changer les choses, au risque de tout perdre…
Autant prévenir d’emblée, dans AliN le harcèlement va loin, très loin. Ses conséquences sont elles aussi dramatiques mais, après tout, la réalité rejoint trop souvent la fiction, quand il s’agit de ce sujet. Malheureusement…
Mais AliN ce n’est pas que cela. C’est aussi l’histoire d’une amitié, d’un adolescent qui puise dans ses sentiments – lumineux, au milieu de cette noirceur – le courage de s’opposer à son agresseur, pour sauver celle qu’il aime, quitte à attirer sur lui des coups qu’il se sait incapable de rendre. C’est l’histoire de deux amis qui trouvent bonheur et sérénité dans la musique qu’ils partagent ; au sein de leurs familles respectives, aimantes.
Malgré les événements dramatiques et la tension inévitable qui naît de ces passages, AliN m’a fait du bien. À cause de cette amitié, des passages où Adrien joue de son violon pendant que Lili chante, véritables instants de grâce. Parce qu’on sent – et le message de l’autrice à la fin le confirme – qu’Axelle Colau sait de quoi elle parle. Lire AliN, au fond, m’a fait paradoxalement du bien. Reconnaître au travers des lignes une personne qui savait ce que j’avais vécu (même si de mon côté, ça n’a pas été aussi loin et que j’étais protégée par la rareté d’Internet comme des portables), qui réussissait à en faire un roman aussi prenant (je l’ai lu en peu de temps), bien écrit, ça m’a fait du bien.
Malgré son thème douloureux, AliN est, à mes yeux, un roman Young Adult indispensable. Que ce soit par son sujet que par ses personnages, il peut soit sensibiliser aux dégâts du harcèlement scolaire soit réconforter, d’une certaine manière, ceux qui l’ont vécu, ou peut-être même ceux qui le vivent encore.
Une lecture émouvante, agrémentée de quelques notes de musique et de belles touches de lumière.
La thématique du harcèlement était très intéressante. En revanche, je trouve que le style d'écriture n'est pas terrible, on est dans la peau d'un enfant de 13 ans mais la manière dont c'est écrit ne correspond absolument pas à cet âge.
AliN c’est l’histoire de deux collégiens, Adrien et Lili. Deux adolescents qui subissent le sadisme de Guillaume, un de leurs camarades de classe décidé à les briser. Adrien et Lili, ce sont deux amis d’enfance qui se sont perdus de vue. Lili et Adrien se sont deux victimes, cloitrées derrière les barreaux de leur silence.
Et si la musique leur permettait de se libérer de leur enclave ?
Adrien au violon, Lili à la voix.
Une échappatoire, un souffle de vie et de liberté.
Serait-ce suffisant ? Parviendront-ils à s’extirper des las de Guillaume et de ses complices ?
L’autrice aborde une thématique d’actualité, très délicate, difficile, mais qu’il est pourtant très important de traiter.
Le harcèlement scolaire.
Ici, le sujet prend place dans une Young Adult avec finesse, émotions, beaucoup de profondeur. Nous ne pouvons qu’en ressentir la grande justesse, quand bien même nous n’avons pas tous été confrontés à une telle situation que ce soit en tant que victime, agresseur ou complice (actif ou passif.) Que nous soyons parents ou enfants, nous sommes tous concernés et Axelle Colau le souligne à travers ses différents personnages.
La narration est à trois voix. L’une est Lili dont on découvre quelques morceaux de son journal intime en début de chapitre qui s’adressent directement à Adrien en utilisant le « tu ». La seconde est celle de Guillaume, le tourmenteur. Là, nous pouvons constater une certaine mise à distance puisque nous basculons dans un point de vue externe au récit. Bien que ses introspections restent très bien menées, l’autrice instaure un certain mur entre ce protagoniste détestable et nous-mêmes, les lecteurs. Tous les harceleurs ne sont pas de son acabit, certains nourrissent d’autres raisons que le sadisme pur quand ils n’ont pas conscience du mal qu’ils infligent (concernant ce sujet, une émission très intéressante a été réalisée donnant la parole à d’anciens harceleurs : cela ne signifie pas pour autant qu’ils sont excusables.) La troisième et dernière voix, la principale, est celle d’Adrien, le héros de cette histoire. Nous replongeons dans une narration interne au récit, nous imbriquant dans l’esprit du personnage qui subit et assiste, impuissant, aux dérives de ses tortionnaires.