Claire, la fille du maître papetier Colin Roy, espère le retour de Jean Dumont, son premier amour parti travailler au loin. La vie les a séparés, mais le jeune homme lui a confié l'éducation de son enfant, Faustine, dont la mère est morte dans des circonstances tragiques.
Au Moulin du loup, la vie quotidienne poursuit son cours paisible en cette année 1905. Les frères de Claire, Matthieu et Nicolas ont adopté la fillette, ainsi que le demi-loup, Sauvageon. Entre son vieil ami Basile, ancien instituteur aux idées humanistes, sa servante Raymonde, mariée au meilleur ami de Jean, l'ancien matelot Léon, devenu domestique chez les Roy, les travaux ménagers, sa passion pour l'herboristerie, Claire a trouvé un équilibre.
Le retour de Jean, en compagnie de Térésa, une veuve tapageuse et volubile, va briser la paix de la maisonnée. Le couple emmène Faustine, au grand désespoir de toute la famille. Mais Claire ne renonce pas. Elle veut reconquérir l'homme qu'elle aime et reprendre la fillette. Sa force morale et sa sincérité viendront à bout de tous les obstacles. Jean lui revient finalement et ils se marient.
Au fil des années, s'égrènent joies et peines. Les enfants grandissent. Puis une femme, Blanche Dehedin, arrive au moulin, pour annoncer à Jean qu'elle est sa sœur jumelle et lui offre la moitié de son héritage. Femme ambiguë, la nouvelle institutrice du village va semer le trouble dans ce foyer paisible. Mais l'amour qui unit Jean et Claire résiste à toutes les tempêtes, jusqu'à ce que la Première Guerre mondiale les sépare…
Retour au Moulin du loup dans la verte campagne charentaise, sur les terres de la famille Roy, alors unique papetier du pays. Amoureuse d'un bagnard en fuite, Claire avait rongé son frein pour vivre au grand jour leur bonheur en dépit de nombreuses déconvenues. Cette suite promettait des retrouvailles, des émotions, des tourbillons. Et j'ai récolté des soupirs et des grimaces. En cause, le comportement de Jean : colérique, jaloux, impétueux. Mais aussi la sensiblerie excessive de Claire, devenue étrangement chichiteuse et barbante. Résultat, leur relation est souvent ponctuée de chamailleries inutiles et lassantes.
Ce gros roman de 790 pages, qui s'ouvre en 1905, décrit longuement la vie paisible au Moulin : les enfants grandissent, les cœurs battent à l'unisson, les espoirs s'enflamment et les illusions aussi se brisent. En fait, on suit des scènes de vie quotidienne avec le sentiment que c'est mou. Il y a bien des coups de canif dans le contrat, des gueulantes qui font claquer les portes... mais ce n'est jamais foufou non plus. On attend aussi les tourments de la guerre - qui survient finalement au 3/4 du livre ! On se dit que ce n'est pas grave. Après tout on sait que l'ambiance de cette saga est principalement sentimentale. On se passionne à juste titre pour les amours impossibles et les secrets de cette famille ordinaire. On s'attache à la brave Raymonde, au gentil Léon, à la délicieuse Faustine, à l'impossible Étiennette, au vieux Colin, à la pimbêche Bertille, au fougueux Matthieu et à l'intrigante Blanche... Finalement cette lecture se lit avec ses défauts car elle possède un goût de revenez-y auquel j'ai honteusement succombé.
Un vrai coup de coeur , j’ai passé un excellent moment avec cette lecture. Je me suis encore plus attachée aux personnages que dans le premier tome : Claire, Jean, Raymonde, Léon et toute la famille Roy. J’avais vraiment l’impression de suivre une excellente série télé, avec leur quotidien semé d’embûches, de drames et d’amours impossibles. Le rythme est un peu lent au départ, car l’autrice prend le temps d’installer l’ambiance et de développer le contexte, mais dans la seconde partie, les rebondissements s’enchaînent et rendent la lecture captivante. J’ai aussi beaucoup apprécié la période historique choisie, celle de la guerre, qui apporte une intensité particulière à l’histoire.
Une magnifique saga, qui nous plonge au coeur de cette famille charentaise, au début du XXème siècle. Une série de romans comme on les aime, avec des personnages attachants, des rebondissements, de la tendresse.
Je me suis sentie proche de Claire, le personnage principal, et ai vécu avec elle tous les aléas de la vie rude et simple qu'elle a menée, depuis son adolescence jusqu'à l'âge mûr.
Une belle plongée dans le quotidien de nos aïeux, qui nous laisse nostalgique.