Cachaprès, le braconnier, court tel une bête sauvage à travers les bois depuis l'enfance jusqu'au jour où il aperçoit Germaine, la belle fermière. Pour la première fois, Cachaprès éprouve de l'amour, un amour fruste, sauvage mais sincère et Germaine se laisse toucher par l'emportement passionné de ce mâle terrible. Elle cède. Puis la lassitude arrive ; elle cherche à rompre ; mais le braconnier veille sur son amour avec une fureur jalouse, jusqu'à mourir. C'est l'éternelle histoire, l'éternel drame de l'amour.
Je reconnais la qualité, c'est extrêmement bien écrit. Sûrement un des meilleurs romans naturalistes que j'ai lus. Je n'ai cependant pas beaucoup apprécié ma lecture, car je suis peu sensible au genre naturaliste. Les descriptions, bien qu'extrêmement percutantes et envoûtantes au début, ont fini par me lasser et le thème de l'amour contrarié m'a laissé tiède. Mais, de nouveau, quelle qualité !
Livre reçu d'un couple d'ami qui sort de mon champ de lecture habituel. J'ai fort aimé ce roman naturaliste dont les descriptions soignées & un peu plus longues que la normale permet au lecteur de se projeter de manière impressionante: On ne lit pas juste des descriptions de forêts, de vergers, de champs... on se retrouve projeter dans ceux-ci jusqu'à en avoir l'impression de sentir les feuilles bouger, la pluie tomber, le gibier se balader ... Une belle découverte.
Je n'ai pas été spécialement conquise par ce roman. Et pour être sincère, je reste sur ma faim. Je m'attendais à un récit beaucoup plus surprenant, plus captivant, beaucoup plus attrayant à vrai dire. Recevoir la notoriété et l'enthousiasme de Zola, ce n'est pas une mince affaire. Et pourtant, je n'ai trouvé aucun élément –à part la description, assurément, bien détaillée- qui expliquait véritablement cet engouement. D'ailleurs, le résumé que l'on peut trouver sur la quatrième de couverture, donnait à l'histoire un avenir prometteur. Mais non. Il manquait –mortellement- de suspense, voire de légèreté. J'ai trouvé l'œuvre de Camille Lemonnier bien trop longue, ennuyeuse, lourde et si prévisible. De plus, le bouquin assez volumineux, me décourageait sans cesse dans ma lecture. Si bien que finalement, la seule chose qui m'ait réellement ravie était l'instant même où j'en eu terminé avec cette torture. Oui, j'ai bien dit « torture ». Puisqu'à mes yeux, ce roman est un vrai supplice. Et si cela n'était pas punissable par la loi, j'irais certainement chez le bouquiniste, écrire sur la première page du livre : « Attention, risque de somnolence ! »
De plus, selon moi, cette histoire est peu originale pour la simple et bonne raison que –comme le synopsis, lui-même, l'indique- cet ouvrage littéraire parle de l'éternel drame de l'amour : « l'amour non-partagé ». Un thème vu et revu un million de fois. Il suffit d'allumer la télévision pour tomber sur un exemple de ce type de relations. Ce livre ne changera rien au processus de l'histoire habituelle. Le récit narre la rencontre d'un homme et d'une femme. Il l'aime, elle ne l'aime pas. Que va-t-il se passer ?
Je ne me suis pas non plus attachée aux personnages, tous plus dérangés les uns que les autres. Cachaprès, un homme primitif -pas plus évolué que l'Homo erectus, passe ses journées dans la forêt tel un vagabond. Ses passions sont la chasse, la boisson et observer pareil à un pervers, une demoiselle du sommet d'un arbre. Il tombe éperdument amoureux de Germaine, la jeune fille en question. Une femme sournoise, manipulatrice, séductrice, une enjôleuse comme Cachaprès le dit si bien. Et autant le braconnier que la fermière ne voient rien d'autre que l'instant d'être à deux, toujours et encore. Pour cela, ils n'hésiteront pas à louer la chambre d'une personne âgée, qui cette dernière est aussi perturbée qu'eux. La vieille Cougnole bénit le couple auprès de Dieu, elle se prend presque pour une entremetteuse, la relève de Cupidon ! Du moins si vous la payez bien évidemment, cette dame aime l'argent –comme toutes les femmes allez-vous dire. Et elle ne vous ouvrira la porte que si vous avez les mains remplies de bonnes choses. Je vous avertis, il n'y a rien de romantique dans ce roman. Le couple passe ses journées à se voir en cachette ; ils se lamentent, se disputent violemment puis se réconcilient au lit et remettent exactement le même scénario en place le lendemain. D'ailleurs, quand j'ai cru qu'il y aurait un peu plus de piment dans le récit, j'ai découvert que la seule rivale de Germaine est une enfant qui fait peur à voir. Une fois de plus, un personnage totalement dérangé. La fillette est du genre à observer un cadavre jusqu'à sa pourriture, et ce, amoureusement ! De plus, j'ai été déçue de constater que le seul personnage encore cultivé, intéressant, courtois présent dans ce livre, est en réalité un lâche, un babillard qui s'avère être égoïste.
D'autre part, quand bien même je n'ai jamais eu l'occasion de lire d'aussi beaux écrits sur notre monde, au bout d'un temps, je n'ai pu qu'être lassée de ces interminables descriptions. Ainsi, il a fallu trois pages entières de bruitage de bestioles et le son du vent sur le feuillage pour introduire le premier personnage qui n'apparaît qu'à la page quatorze. Mais là encore, il ne fait que dormir sur l'herbe. Ce roman est un documentaire sur la nature, un reportage animalier. Toutefois, dans ce récit, la ferme et les bois remplacent la savane, et Germaine et Cachaprès doublent les bêtes en rut. Rien de passionnant à moins que vous soyez zoophile.
De même, j'ai maudit ce récit pour son style précieux, pour ses archaïsmes et pour son lot de mots bien trop compliqués. J'ai même abandonné l'idée de chercher le vocabulaire incompris au dictionnaire. Autant dire que si je l'avais fait, je serais toujours en train de lire l'ouvrage !
Pour finir -sur une note positive cette fois, j'ai été particulièrement charmée par la finesse d'esprit de l'écrivain. En effet, Camille Lemonnier a utilisé « Un mâle » comme titre de roman pour la simple et bonne raison que Cachaprès se comporte tel un vrai animal. Son instinct primaire ressort sans cesse et il se laisse toujours emporter par ses élans d'amour sauvages. Ce jeu de mot nous avertit dès le départ sur le personnage principal auquel nous avons affaire.
En conclusion, je ne recommande certainement pas cette œuvre littéraire, ou du moins pas aux personnes n'ayant le goût pour le naturalisme, tout comme moi. Ou aux personnes n'ayant pas encore la maturité pour savourer une œuvre de Camille Lemonnier, un auteur reconnu quoi qu'on en dise. Et si vous souhaitez toujours lire cette histoire, je vous conseille vivement d'avaler un tube entier de vitamines.
Stefan Zweig qui a traduit ce roman en Allemand l'a décrit comme un petit bijou dans Die Welt von Gestern: Erinnerungen eines Europäers. Il n'est pas. Il est plutot banal et ennuyant à mort. Commencons avec les bon points. Publié en 1881, ce roman mérite l'honneur d'etre considéré comme étant un des oeuvres pionnières du movement naturaliste. La description du mileu est credible et les actions des personnages ne manquent jamais de vraisemblance. Cachapres, le héros, est un braconnier; c'est a dire un hors-la-loi au bas de l'echelle sociale. Au debut Cachapres attire notre sympathie. L'auteur montre que Cachapres est capable de gagner sa vie avec son fusil parce qu'il possede un grand talent inné pour la chasse et parce qu'il avait grands efforts pour apprendre son métier. Malheureusement on ne voit plus de bonnes qualities de ce héros après le premier quart du roman. Pour les trois derniers quarts du roman, il est simplement un brute jaloux. La crise vient quand Cachapres tombe amoureux de fermière qui se trouve a un jalon plus élevé que Cachapres sur l'echelle sociale. Germaine est très jolie mais elle n'a pas de dot et pour cette raison elle commence a etre vieille fille t. Parce qu'elle ne voit pas de marriage dans son avenir elle decide de se jeter dans une affaire amoureuse avec Cachapres parce qu'il possède la grande qualité d'etre virile. Etant tres naive, elle croit etre capable de controler son male en rut. Le lecteur sait immédiatement que l'amour de Cachapres et de Germaine va finir en désastre. Le déroulement tragique est prévisible et péniblement long. Ce qui commence comme un roman naturaliste prometteur finit comme un melodrame mediocre.
Je craignais un peu la lecture de ce roman naturaliste, mais j'ai été très agréablement surprise dès la première ligne: l'écriture m'a semblé très romantique, voire lyrique. Les descriptions de la nature et tout particulièrement des bois sont très précises et exprimées dans un style qui me plaît énormément. J'ai reconnu le mouvement littéraire naturaliste dans le traitement de l'histoire et dans le choix même de celle-ci (le déroulement et la fin d'une histoire d'amour entre un vagabond, un mâle, et une jeune paysanne dans un milieu rural et forestier) et pourtant, je ne peux m'empêcher d'y voir un réalisme très empreint de romantisme. Une très belle oeuvre dont je relirai volontiers des extraits, juste pour le plaisir de la beauté littéraire de ces descriptions.