Jump to ratings and reviews
Rate this book

Γενέθλια γη

Rate this book
384pages. poche. Poche.

454 pages, Paperback

First published January 1, 1985

6 people are currently reading
66 people want to read

About the author

Pascal Bruckner

112 books465 followers
Pascal Bruckner est un romancier et essayiste français, d'origine suisse protestante, né à Paris le 15 décembre 1948. Après des études au Lycée Henri IV à Paris, à l'université de Paris I et de Paris VII, et à l'Ecole pratique des hautes études, Pascal Bruckner devient professeur invité à l'Université d'Etat de San Diego en Californie et à la New York University de 1986 à 1995. Maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris de 1990 à 1994, il collabore également au Monde et au Nouvel Observateur. Romancier prolifique, on lui doit Lunes de fiel - adapté à l'écran par Roman Polanski - Les Voleurs de beauté - prix Renaudot en 1997 - et plus récemment L'Amour du prochain (2005).

Pascal Bruckner is a French writer, one of the "New Philosophers" who came to prominence in the 1970s and 1980s. Much of his work has been devoted to critiques of French society and culture. He is the author of many books including The Tyranny of Guilt, Perpetual Euphoria and The Paradox of Love. He writes regularly for Le Nouvel Observateur.

Ratings & Reviews

What do you think?
Rate this book

Friends & Following

Create a free account to discover what your friends think of this book!

Community Reviews

5 stars
41 (28%)
4 stars
56 (39%)
3 stars
32 (22%)
2 stars
11 (7%)
1 star
3 (2%)
Displaying 1 - 3 of 3 reviews
Profile Image for Stela.
1,075 reviews439 followers
April 1, 2021
Ça fait tellement longtemps que l’écriture de Pascal Bruckner me fascine, plus d’un décennie, je pense, quand je l’ai découvert d’abord avec Lunes de fiel, qui m’est tombé je ne me souviens plus comment entre les mains, puis avec Les voleurs de beauté. Dès lors, l’auteur est devenu l’un de mes écrivains préférés et pourtant pour un temps je l’ai mis de côté et presque oublié.

Eh bien, Parias m’a rappelé toutes les raisons pour lesquelles je l’aime, car j’ai redécouvert dedans ses anti-héros ténébreux, ses descriptions en filigrane, ses incursions narratives en abîme de l’âme.

Tout comme ses deux autres romans, Parias est un double descensus ad inferos – géographique et psychologique. La voix qui nous accompagne pendant les deux voyages est celle de Frédéric Coste, un jeune journaliste envoyé à Delhi pour couvrir la réélection d’Indira Gandhi (on est donc en janvier 1984), qui se retrouve, presque contre son gré, dans la compagnie de deux hommes, l’archéologue Dominique Menviel et l’agronome Victor Habersham, pour lesquels ils aura des sentiments contradictoires tout le long de son récit, ne sachant pas si les admirer ou mépriser, aimer ou haïr.

Sa première impression de Dominique, qu’il voit d’abord à l’aéroport, accompagné d’une mère inquiète et excessivement possessive, est celle d’« un être grêle, androgyne, aux joues roses, avec une tête de renard, sous des cheveux trop longs et clairsemés », qu’il écarte de ses pensées et oublie sur-le-champ. Mais le destin implacable 😊 veut qu’ils soient assis l’un à côté de l’autre en avion et qu’ils soient rejoints, après une escale, par Habersham, un Américain autoritaire et sarcastique, qui se moque cruellement de Menviel, mais s’érige quand même dans leur protecteur, en s’offrant comme guide de l’Inde qu’il connaît bien, y ayant vécu pour quelques années en tant qu’agronome spécialisé dans la riziculture.

Bien que l’apparition de l’Américain dans la narration soit discontinue, c’est lui qui est le grand maître marionnettiste du destin de Dominique et, indirectement, de Frédéric qui se rend pourtant compte de son caractère ambigu depuis le début :

Sans conteste, M. Habersham était impressionnant d’érudition et de brio. Il agissait un peu comme le curry, il pouvait nous faire avaler n’importe quoi pourvu qu’il usât de cette éloquence qui nous charmait et endormait nos facultés critiques.


Le contraste entre l’apparence éblouissante de sa personnalité et la pourriture profonde de son âme est amplifié, par une astucieuse mise en abyme, de l’image de l’Inde, dont le contraste entre la culture prise pour acquise (vu que « le moindre paysan peut réciter des strophes entières de la Bhagavad Gitâ ou du Ramayana ») et la misère insouciante, presque joyeuse, est aussi fascinante – Victor même la compare à « un long poème qui commence dans l’azur et finit dans l’égout». Les longues descriptions de Frédéric, dont la lumière impitoyable de la raison ne laisse aucun coin de crasse dans l’obscurité, capturent tous ces contrastes, sans aucune empathie ou sympathie, au moins au début :

Partout cela brillait, scintillait, avec des tons criards qui brûlaient la rétine. Jusqu’aux taches rouges du bétel qu’hommes et femmes crachaient dans une averse de sang ininterrompue. Le suint des corps et du bétail, les dépôts d’ordures, les fruits et les fleurs putréfiés, les aromates douceâtres culminaient dans un relent de vie en décomposition qui resterait à jamais pour moi l’odeur de l’Inde.


Une laideur féroce, effrayante gâche pour toujours toute image idéalisée des places légendaires qui aurait traîné dans la ment du lecteur, car dans la ville « cancéreuse, anémique et obèse » de Calcutta, dans l’« Eden ambigu » de Goa, refuge des hippies, drogués et alcooliques européens, ou dans le Bombay se noyant lentement dans « le marécage de ses foules», ne résonnent plus les pas de Kipling, Mircea Eliade, Henri Michaux ou Mark Twain, mais ceux des foules de mendiants contre qui Victor va commencer sa folle croisade.

Un certain pittoresque résulte de la succession des scènes caricaturales et grotesques. C’est dans la caricature que tombe la bureaucratie indienne, laquelle a trouvé un moyen de tenir en ordre ses dossiers en les fermant avec les lacets des chaussures des employés qui les sortent le matin et les récupèrent le soir (Les porteurs de sandales sont sanctionnés d’une diminution de salaire équivalant à « d’autant de bouts de ruban qu’ils n’avaient pu fournir »).

On se retrouve en plein grotesque durant la visite de Welcome 92, un bordel de Bombay qui offre des filles népalaises pâles du moins de 16 ans en tant que « white women », bordel fréquenté surtout par des marins russes et roumains et conduit par une « maquerelle, rombière énorme enveloppée de gaze, de tulle, de soierie et parée jusque dans les ailes du nez de joaillerie indigène » qui récite monotonement les prix : « Dirty hole, very cheap, clean hole, not expensive. Condoms, one roupie. »

En conséquence, ce n’est pas étonnant que le périple en Inde finit dans un déluge de boue :

Des murs de boue, des figures hâves défilaient devant nous. La campagne était noyée sous un liquide brunâtre : il n’y avait pas de limite à la laideur, à la monotonie du monde. Le soleil lui-même, tumeur purulente, cramoisie, enfonçait des aiguilles dans les yeux.


Et encore moins étonnant que, dans ce déluge, cathartique pour le narrateur, Victor est toujours le roi de l’abominable :

Je reculai, horrifié. Ce n’était pas un acte d’humilité, mais un cri de triomphe. Même seul, puant, voûté, réduit à merci, il se prenait encore pour un roi. Cet homme était une idée, une idée fausse. Il avait jeté les Indiens en pâture à cette idée, dont le despotisme subtil l’avait brisé à son tour. Pourtant, même vaincu, il refusait de se soumettre.



Pour finir, je suis étonnée, moi, du manque d’attention du media envers Parias – je n’ai trouvé presque aucune critique sur ce roman en feuilletant le net. Et c’est dommage, parce qu’il n’est pas un livre à ignorer.
Profile Image for Georgiana.
158 reviews46 followers
October 21, 2020
"Politica birocratului este sa nu priveasca niciodata in fata persoana caruia ii intinde actele. A schimba o privire inseamna a recunoaste ca ai in fata o fiinta omeneasca".

"inca din prima zi am stiut ca ratez India pentru ca asteptam prea mult de la ea"

"Sa mamanci cu furculita inseamna sa faci dragoste prin persoana interpusa, iar atunci cand mamanci cu mana, doar cu mana dreapta, masa devine un templu.

"Cel care poseda o convingere are putere asupra tuturor aporpiatilor si a intregii lumi"

"Adesea am crezut ca sunt un simplu imitator, apucand-o pe carari batatorite, ciugulind frimiturile lasate de altii. Dar acum, putin imi mai pasa daca sunt originial sau nu. Oricat de putin ar fi ce am triat noi, nu e chiar asa de rau. Iubesc India pentru ce le inspira celor care o iubesc. Aici nimic nu are gusutul sreabad al repetarii,simti cum iti cresc aripi, cum esti obligat sa dai ce e mai bun din tine. Cunosti maxima aceea: sa devii ceea ce esti. Dar am obosit sa fiu ceea ce sunt, ma cunosc prea bine. Calatoresc pentru a deveni altcineva, pentru a uita de mine. A trai in india inseamna a trai momentul in care toul este inca posibil, in care nu o sa fii niciodata precum altul".
Profile Image for Socrate.
6,745 reviews272 followers
June 17, 2021
Tocmai o cotiserăm pe o ulicioară mirosind a hârtie. Nişte vânzători, aşezaţi pe teancuri de foi pe care le vindeau cu bucata, loveau cu papucul o vacă, împodobită pe coarne cu canafi, care încerca să apuce un mănunchi de şpalturi prăfuite şi îngălbenite. Animalul a dat înapoi şi s-a bălegat la picioarele noastre când o fată, extrem de slabă, cu un sugar în braţe, ne-a abordat cu mâna întinsă.
— Baksheesh, Baba, baksheesh!
Umplea strada cu tânguiala ieşindu-i din gura strâmbată de un plânset înăbuşit. Mâinile îi erau urâţite de pete albe descuamate. Menviel se pregătea s-o trimită la plimbare, dar americanul i-a arătat ochii sticloşi ai copilului. Faţa, înfăşată în nişte cârpe murdare, era aproape vânătă. Capul, minuscul, se legăna pe un gât prea slab ca să-l susţină. Ieşea din el un miros împuţit.
— Mângâiaţi copilul, a ordonat americanul cu o voce albă.
Voiam să mă interpun, dar Menviel, atât de prompt în a-i da ascultare altuia, atinsese deja obrajii copilului.
— E rece.
— Şi ştii de ce e rece? a exclamat americanul. E rece pentru că e mort de două sau trei zile şi putoarea asta tânără strânge bani cu cadavrul lui.
Noi am tresărit. El a urlat un ordin în hindi şi zdrenţăroasa, speriată, a fugit în mulţime cu sinistra ei povară.
— Ştiai asta, ştiai! a bâlbâit arheologul gata să-i vină rău, de ce mi-ai cerut să-l ating?
— Ca să te fac să pui degetul pe realitatea indiană. Nu există o altă iniţiere mai bună. Şi asta e valabil şi pentru dumneata, domnule Frédéric.
Pretindea să ne dea o lecţie, adopta un ton tăios, magistral. Pojghiţa de politeţe, întreţinută de azi-dimineaţă, se rupsese cu brutalitate. Menviel bâiguia ceva incoerent şi chiar eu eram cât pe ce să vomit. Habersham s-a uitat la noi cu milă.
Displaying 1 - 3 of 3 reviews

Can't find what you're looking for?

Get help and learn more about the design.