Au nom d’Albert Cohen est attachée l’image d’une œuvre inclassable, qui échappe à toutes nos normes, qui bouscule nos habitudes de lecteur. Radicalité comique, lyrique, polémique : on trouve là une façon souveraine et absolument inattendue de renouveler le genre romanesque. Si l’écrivain a affirmé avoir cessé de lire dans la trentaine, son œuvre est pourtant marquée par ce qui pourrait tenir lieu d’une lutte avec et contre la littérature. Car ses textes regorgent d’allusions, de citations, de parodies, de pastiches, de réécritures parfois dissimulées, parfois affichées, où l’écriture se questionne elle-même dans le miroir de celle des autres. Les études réunies ici auscultent les nombreuses facettes de ce rapport avec la littérature, questionnent le rôle des modèles et contre-modèles, des influences et des inspirations, qui déterminent la manière inédite dont Cohen construit tant son esthétique qu’une éthique de la littérature.
Mathieu Bélisle enseigne la littérature au Collège Jean-de-Brébeuf. Essayiste, il a publié deux livres, Bienvenue au pays de la vie ordinaire et L’empire invisible. Il a été finaliste aux prix littéraires du Gouverneur général, a reçu le prix Pierre-Vadeboncoeur et a remporté trois fois le prix de la SODEP du meilleur essai. Il est membre du comité de rédaction de la revue L’Inconvénient.