Rien ne vit dans les Terres Bleues. Ni plantes, ni animaux. Pas un chant d'oiseau n'y fait vibrer l'air. C'est le royaume des dieux minéraux, un royaume qui s'étend d'un bord à l'autre de l'horizon, et que l'on ne peut franchir sans perdre sa vie ou son âme. Un monde survit au milieu de cet enfer: Syrdahar, petite cité repliée sur elle-même depuis des temps immémoriaux. Dorian et Solyane sont jumeaux, fils et fille du seigneur Kogan le Sage, et de son épouse, Orlyane la Belle. Que peut-on craindre dans cette oasis perdue au milieu d'un désert infranchissable ? Pourtant, les enfants, dotés de pouvoirs surnaturels, devinent qu'une menace effroyable pèse sur le monde, un danger incompréhensible qui semble prendre racine au-delà même des Terres Bleues dont les légendes prétendent qu'elles s'étendent à l'infini. Bientôt l'apocalypse se déchaîne sur Syrdahar, contraignant Dorian et Solyane à fuir leur petit paradis. Alors commence un long voyage, au cours duquel ils découvrent un monde étonnant, dominé par des chevaliers et des prêtres énigmatiques. Quelles sont ces forces impitoyables qui les traquent pour les détruire, et pourquoi? Quels sont ces êtres fantomatiques qui les protègent? Pourquoi leur origine réelle semble-t-elle liée à l'avenir du monde? Mais surtout, ils devront combattre la terrible malédiction qui pèse sur eux, cet amour interdit qui les enchaîne irrémédiablement l'un à l'autre.
Bernard Simonay (né à Paris le 2 août 1951) est un écrivain français. Il publie dans plusieurs domaines dont le fantastique, les romans policiers, les romans d'aventures et les romans historiques.
Très tôt, Bernard Simonay puisa son inspiration dans ses balades dans la forêt environnante. Ses lectures lui donnèrent envie d'exercer une carrière artistique. Robert Merle et René Barjavel sont les écrivains qui l'influencèrent le plus1.
Après avoir envisagé une carrière dans le cinéma en tant qu'auteur-réalisateur, il se lança dans la rédaction d'histoires fantastiques sans croire à la publication1. Il entra en faculté de maths et physique et qualifia lui-même ses premiers essais de peu brillants1 jusqu'au jour où il commença la rédaction de Phénix, roman de science fantasy. L'écriture du manuscrit dura 5 ans, puis il le présenta aux Éditions du Rocher qui acceptèrent de le publier en 19861. Le succès du roman Phénix valut à son auteur de remporter les Prix cosmos 2000 et Julia Verlanger en 1987.
Depuis, Bernard Simonay vit de sa plume1 et s'essaie à des genres aussi variés que le policier, le roman d'aventure et le roman historique, en plus du fantastique qui l'a fait connaître.
Œuvres
Univers de Phénix
Cycle de Phénix Phénix, 1986 Graal, 1988 La Malédiction de la Licorne, 1990 Œuvres liées La Porte de Bronze, 1994 La Vallée des neuf cités, 2007 rééd. 2009
Univers des enfants de l'Atlantide Cycle des Enfants de l'Atlantide Le Prince déchu, 1994 L'Archipel du Soleil, 1995 Le Crépuscule des Géants, 1996 La Terre des Morts, 2003
Œuvre reliée Le Secret interdit, 2001 (ne s'inscrit pas directement dans la saga des Enfants de l'Atlantide, mais se déroule dans le même univers, à notre époque) Autres[modifier | modifier le code] Le Roman de la Belle et la Bête, 2000 La Légende de la Toison d'or, 2005
Romans historiques Cycle de la Première Pyramide
La Jeunesse de Djoser, 1996 La Cité sacrée d'Imhotep, 1997 La Lumière d'Horus, 1998 Autres
Antilia, 1999 Moïse le Pharaon rebelle, 2003 La Louve de cornouaille, 2007 Les Enfants du volcan, 2009 Le Lys et les ombres, 2011 L’Or du Solognot, 2014
Romans d'aventure Les Tigres de Tasmanie, 2003 La Dame d'Australie, 2004 Princesse Maorie, 2006 La Fille de la Pierre, 2006 La Louve de Cornouaille, 2007 L'Appel de l'orient, 2008 L'Odyssée d'une Femme amoureuse, 2012 La Fille de l'île longue, 2012 L'amazone de Californie, 2013
Romans policiers La Lande maudite, 1996 La Fille du Diable, 2000 Le Carrefour des ombres, 2009 La Prophétie des glaces, 2009
Prix reçus Prix Julia-Verlanger pour Phénix en 1987 Prix Cosmos 2000 pour Phénix en 1987 Prix Julia-Verlanger pour La Porte de Bronze en 1995
Je ne fais pas de longue critique d’habitude, mais dans ce cas, ça me semblait important. Premièrement, j’ai acheté la trilogie complète de « Phénix » de Bernard Simonay, interpellée par le fait qu’on soit face à de la fantasy de langue française, publiée chez Gallimard (dans sa version poche) et récompensée par plusieurs prix. Cela ne pouvait être qu’une bonne surprise.
Malheureusement, ce qui devait être une découverte est rapidement devenu un véritable parcours du combattant. Si le style de l’auteur en lui-même est agréable, riche, varié et recherché, cela n’a pas sauvé cette lecture que j’ai détestée du début à la fin. N’étant pas du genre à haïr un roman sans raison, je vais expliquer ce qui a mis un frein à ma lecture en révélant le moins possible l’intrigue, pour ceux qui seraient intéressés par la trilogie de Bernard Simonay.
Premier point : commençons par la perspective structurelle du récit. Un récit de fantasy se caractérise par des éléments de structure récurrents : le héros, la quête, le don/la révélation. La quatrième de couverture nous présente les héros, Dorian et Solyane, condamnés depuis l’enfance par un amour qui leur pèse comme une malédiction. Les deux héros vivront une suite d’épreuves et s’inscriront dans une grande aventure. Mais qu’en est-il vraiment à l’intérieur du roman ? Oubliez de suite Solyane. Le seul héros est Dorian, un chevalier parfait auquel tout réussit, qui sort des pires situations sans une égratignure. Solyane est la plus belle femme du monde. Point. Pendant le premier tiers du roman, elle attendra son frère au château. Quand il reviendra de ses aventures, Solyane sera enlevée et tout le reste, je dis bien tout le reste, du roman, consistera à la retrouver. Exit déjà les deux héros.
Parlons de l’enlèvement. Dorian va passer son temps, avec sa compagnie de chevaliers, à voyager de ville en ville. Pendant. Des. Centaines. De. Pages. Après deux cités, vous aurez déjà tout vu. Le reste n’est que répétition : Dorian arrive dans une ville, règle les problèmes, puis retourne sur les routes poursuivre ceux qui ont enlevé sa sœur. La redondance est pesante.
Sans évoquer trop longuement le dénouement, celui-ci n’a strictement rien à voir avec le reste de l’intrigue : les deux héros sont enlevés par un vaisseau spatial (oui oui, c’est un roman de chevalerie que vous lisez…).
Ce qui nous fait, au niveau du récit, plusieurs énormes problèmes. Premièrement, une quatrième de couverture mensongère : nous n’avons qu’un héros et pas deux, leurs aventures sont en vérité les aventures de Dorian et « l’effroyable malédiction » que représente leur amour… no big deal (spoiler : l’épouse de Dorian meurt à la fin, ce qui lui permet de s’unir à sa sœur). En outre, le dénouement n’a strictement rien à voir avec l’aventure qui s’est étalée sur ces 800 longues pages.
Voilà pour le récit, maintenant les personnages. Et c’est là que les choses se gâtent. On pourrait pardonner à Bernard Simonay les aventures abracadabrantes de ses protagonistes, si seulement ceux-ci inspiraient une quelconque sympathie. Dorian est un prince et chevalier parfait aux capacités surhumaines. Tous ceux qu’il rencontre se pâment devant tant de grandeur ou le jalousent. Il est si grand et noble que son père adoptif, le roi de Gwondaleya, en fera le dauphin du royaume alors qu’il a une floppée de fils très corrects pour prendre sa place.
Solyane, celle qui était désignée comme l’héroïne, a pour seul atout d’être très belle et très gentille. C’est la plus belle femme du monde. Et j’ai du mal à trouver d’autres arguments. Quand le héros n’est pas là, elle déprime, elle pleure, elle a de la peine et… voilà. Elle possède apparemment un don de voyance, mais, honnêtement, a-t-il vraiment servi une seule fois au cours du roman ? Son personnage deviendra intéressant seulement après son sauvetage (je n’ai pas mis de spoiler ici parce que, faut pas déconner, on savait qu’elle serait sauvée). Pourquoi ? Parce qu’elle devient puissante, froide, voire cruelle (spoiler : il aura fallu attendre qu’elle soit enlevée, violée et que ses yeux soient brûlés au plomb fondu pour que son personnage acquière un semblant de profondeur). Cela disparaîtra vite une fois que son frère l’aura réconfortée et aimée.
Les autres chevaliers ? Je peux vous citer Sylvain, Odios… Ils ne font qu’accompagner le héros et le soutenir dans ses exploits.
Les autres personnages féminins ? Alvina, épouse du roi (père adoptif de Dorian et Solyane), accompagne le héros. C’est à peu près tout. Il y a aussi Elena, jeune épouse de Dorian, présentée comme belle, élégante, jeune, naïve et capable de sa battre (ce qu’elle n’aura jamais l’occasion de démontrer puisqu’elle est toujours protégée de tout danger).
J’arrive enfin au dernier point, le plus épais, celui qui prêt le flanc à toutes les attaques, et cela m’étonne de ne lire, nulle part, des reproches sur l’éthique du roman, arrosée d’un machisme suintant de toutes les pages.
Nous nous trouvons dans un univers de type médiéval (je ne m’appesantirai pas sur les détails). Dans cet univers, les nobles possèdent un sang de grande qualité qu’il faut partager au plus grand nombre. Ce qui nous emmène dans une sombre défense de la polygamie. Chaque noble, roi, chevalier… possède plusieurs femmes, et quand je dis plusieurs, certains en ont une centaine, qu’ils besognent régulièrement, dans le but d’avoir une progéniture nombreuse et repeupler le monde. Apparemment, cela ne pose de problème à personne. Un chevalier ou un noble qui n’aurait qu’une seule épouse serait considéré comme égoïste, puisque refusant de partager sa semence de qualité supérieure. Je vous laisse méditer là-dessus, et je vous le dit tout net : cette morale sera répétée et martelée encore et encore tout au long du roman.
La place des hommes et des femmes dans la société se trouve dans la même optique. Les hommes sont destinés à devenir des chevaliers et à se battre pour la paix (remarquez le paradoxe). Ce sont eux qui sont forts, qui protègent leur foyer et les populations oppressées. Beaux, pétris de noblesse, ils représentent la vertu. Les femmes sont belles. Très belles. Mais seulement belles. Elles doivent être protégées par les preux chevaliers, elles sont des princesses célibataires attendant un chevalier ou des mères. Elles accompagnent les chevaliers en mission et se donnent à eux pour qu’ils puissent se détendre après la bataille. C’est ce qui les rend heureuses.
Ce qui m’amène à décrire un moment particulier du roman, concernant le chevalier Sylvain. Lors du voyage pour sauver Solyane, ils rencontrent une population particulière où hommes et femmes se battent sans distinction. Une société cruelle et dure. Après un évènement, ils arrivent dans leur village et aperçoivent trois adolescents crucifiés, deux garçons et une fille. C’est à cet instant précis que le chevalier Sylvain, dans un des seuls moments de focalisation sur une autre personne que Dorian, au lieu de réagir comme une personne normale et de s’offusquer, voire de se rebeller, prend le temps de détailler le corps nu de l’adolescente, ses courbes, sa peau, la toison de son pubis, tout y passe. Réaction tout à fait normale devant une personne crucifiée, bien sûr (ceci est un sarcasme). J’ai des difficultés à expliquer à quel point certains épisodes m’ont rebutée mais continuons. Plus tard, cette adolescente sera sauvée par Dorian, forcément, et décidera de devenir son esclave. Dorian, pétri de valeurs, refusera qu’elle s’offre à lui en esclave (l’esclavage, c’est mal), puis, finalement, décide de faire d’elle l’esclave de son ami Sylvain (puisqu’elle lui a tapé dans l’œil). Cette adolescente, décrite comme une guerrière, comme Elena, n’aura pas une seule occasion de faire montre de sa maîtrise des armes et restera au second plan jusqu’à la fin du roman. J’ai même oublié son nom, c’est dire.
Tant qu’on en est à parler des femmes, sachez que toute femme du roman, peu importe son rang et sa taille effective, se verra qualifiée de petite. « Petite femme », « petite princesse », « petite beauté », « petite demoiselle »... Du début à la fin. Même quand le héros rencontrera une déesse, il l’appellera « curieuse petite femme ». Cela peut paraître anodin, mais je vous assure qu’en 800 pages on en devient vite, très vite, malade. A croire qu’aucune d’elles ne dépasse le mètre vingt (ceci est un autre sarcasme).
J’avais aussi mentionné l’esclavage. Bernard Simonay, décrit dans la notice bibliographique comme « philanthrope », vous fera don de longs, très longs, dialogues sur la morale. J’ai souvenance d’un dialogue entre le héros et le roi, excessivement barbant, pouvant être résumé avec une facilité enfantine : l’esclavage, c’est mal (et oui, qui l’eut cru…).
Ce dialogue sur l’esclavage a lieu lors d’une sorte de croisade. Non, pas une sorte, une totale croisade. Des chevaliers par centaines vont « libérer » les peuples se situant, sur la carte, à l’exact localisation des pays arabes (puisque la cartographie est calquée sur l’Eurasie). Les chevaliers s’en vont combattre les cruels sarrasins qui tuent femmes et enfants au nom de leur religion. Oui. Exactement. C’est écrit noir sur blanc. Pourrais-ton dire pour autant que ce roman est intolérant, voire raciste ? A ce moment, je me disais que l’auteur jouais peut-être la carte de la croisade typique, et que ça ne déborderait pas plus le cadre du moralement correct. Honte à moi, j’étais bien loin de la réalité.
Intéressons-nous donc au traitement des personnages liminaires, disons ceux qui sortent du rang des sacro-saints chevaliers blancs et de leurs nombreuses épouses très fécondes. Y a-t-il un personnage de couleur ? Il y a un personnage à la peau noire. Il est habillé comme un sauvage. Ne sait pas aligner deux mots. S’exprime avec des grands gestes et des mimiques que les chevaliers trouvent attendrissants. Le mythe du « bon sauvage » a la vie longue. Le sexisme ambiant du roman était déjà dégueulasse mais là on s’enfonce dans des abysses qui vous feront passer l’envie de jamais lire un roman de Bernard Simonay.
Quid des personnages aux autres orientations sexuelles ? Il y en a aussi. L’un d’eux est une sorte de calife d’une cité exotique, il aime préfère les hommes aux femmes. En fait, il les aime surtout très jeunes. Voilà, vous l’avez, le seul personnage homosexuel du roman est un pédophile lourd et gras que le héros devra vaincre. Voyons la bisexualité. Il existe également un personnage bisexuel. C’est un taré de premier ordre : il fait tuer un des mignons de son harem en le laissant être rongé par des vers alors qu’il est toujours vivant et il fera couler du plomb fondu dans les yeux de Solyane sans raison apparente (ah oui, peut-être parce qu’elle est tellement belle qu’elle attire les regards de ses autres possessions). Y a-t-il une femme lesbienne ? Oui, il y a une communauté de femmes homosexuelles dans le roman. Elles vivent recluses sur une île car les hommes leurs ont fait de vilaines choses (sarcasme quand tu nous tiens). Forcément, comme elles ont besoin de renouveler leur communauté, elles accueillent parfois quelques beaux mâles (on est toujours dans la logique de la reproduction : les femmes sont soit des princesses soit des reproductrices en puissance). On montre donc qu’elles préfèrent les femmes par dépit et qu’elles ne peuvent se départir du besoin impérieux de se reproduire. C’est du beau.
Comme vous pouvez le deviner, cette lecture s’est montrée excessivement pénible. Et le fait que ce roman ait été publié pour la première fois en 1986 ne sauve pas la moitié de ses péchés. Malheureusement pour moi, je me suis engagée à lire l’intégralité de la trilogie dans le cadre d’une recherche sur la fantasy des années 1980 à nos jours. Je tiens à préciser qu’à la base, je suis une grande lectrice de fantasy depuis mon enfance et non une néophyte. Cette réaction de rejet n’est en rien due à une résistance au genre littéraire. Ayant déjà lu le second tome, je peux vous dire que ça ne s’améliore pas, mais je crains de ne pas avoir la force d’en faire une critique.
Phénix est paru pour la première fois en 1986. Et bien que cela soit finalement assez récent, il n’empêche que cela se sent. Le premier tome de la trilogie ébahit non pas par ses qualités littéraires mais par le racisme et la misogynie qui pollue ce pavé de huit cent pages. Attention, c’est assez gratiné. Pourtant, je n’ai aperçu qu’une seule critique sur la toile mettant le doigt sur ces problèmes. Pour les autres, Phénix est un classique du genre à ne pas rater. C’est grossièrement exagéré. L’histoire s’étend inutilement sur des centaines de pages avec des longueurs démontrant un défaut de structure et de rythme, car tout le croustillant de l’intrigue n’est dévoilé que dans les dernières pages. Et encore : l’histoire n’a rien de passionnant ni de véritablement abouti. Il s’agit là surtout d’une critique pointue de la religion, tellement caricaturale qu’elle offenserait le plus athée des non-croyants.
La quatrième de couverture est mensongère : seul Dorian est le protagoniste de l’histoire. Sa sœur, Solyane, passera la première moitié du roman à attendre le retour de son jumeau, chevalier parti pour de grandes aventures, et lors de la seconde partie, on ne la verra tout simplement presque pas car elle se verra enlevée par un soupirant éconduit. Dorian, en tant que preux chevalier, est parfait : tout lui réussit. Il est beau, fort, et surtout, il est plus puissant que quiconque, à tel point qu’on le compare à un Dieu et que ses exploits font le tour du monde. Il conquiert le roi d’une race animale croisée entre le lion et le cheval (qui s’appelle d’ailleurs le lionorse… non, ce n’est pas une blague). Il est le premier à réaliser cet exploit. Il remporte tous les combats, même ceux qu’on dit perdus d’avance. Car, ce qu’il faut savoir, c’est que le peuple a été génétiquement prédisposé à certaines positions : les nobles possèdent ainsi une puissance de l’esprit supérieure à celle des roturiers (et en tant que nobles, ils se doivent de semer leur précieuse semence un peu partout, s’entourant de donc de plusieurs femmes ayant pour principale fonction celle de pondeuses). En effet, il est possible de manipuler et d’attaquer mentalement une personne : on appelle ça le shod’l loer. Et Dorian possède évidemment le shod’l loer le plus puissant jamais découvert. Alerte gary-stu. On établit également sa position de mâle dominant. On découvrira, en effet, que les jumeaux ont été clonés à partir des cellules de deux monarques nés plusieurs siècles auparavant. Dorian est le clone de Darios, que l’on décrit comme ceci : « Lui symbolisait la puissance et la domination. » Et dans le monde de Bernard Simonay, les femmes de pouvoir et de savoir, c’est anormal : p.40 : « […] pourquoi leur père s’était-il adressé à sa mère à propos de l’arme ? C’était lui, l’homme, qui aurait dû savoir. » Ah mince. Un homme qui en sait moins que sa femme, quelle incongruité !
Solyane, quant à elle, ne sert qu’à être belle. On lui explique que « la beauté et le charme seront [ses] atouts ». Quant à la femme à partir de laquelle elle a été clonée, elle était pour Darios « son inspiratrice, la mère des arts et de la beauté. Elle lui insufflait la sagesse, le souffle divin de la Création, guidant sa puissance vers des réalisations positives ». Quelles seraient ses qualités sans sa plastique, on se le demande. Nous rencontrons le personnage alors qu’elle n’a que douze ans. Et une scène terriblement perturbante installe d’emblée la position de tout le roman sur les femmes : « Solyane courait sur les notes, se jouait de la pesanteur, écrivait avec son corps les lignes mélodiques des instruments. Ses poses admirables aux ondulations lascives faisaient oublier peu à peu qu’elle n’était encore qu’une fillette d’une dizaine d’années. Déjà se dessinait en elle la femme qu’elle deviendrait plus tard, une déesse à la beauté inaccessible, au charme subtile, que le voile bleu parait d’une auréole mouvante. » On parle d’une petite fille. Une petite fille dont on décrit la danse comme « lascive ». Ce qui réfère donc à la sensualité et par extension à la sexualité. Solyane est, pour les hommes qui la regardent, d’ores et déjà un être sexuellement attractif. On n’est pas loin de l’apologie de la pédophilie, à ce rythme-là. D’ailleurs, nous y reviendrons…
De manière générale, les clichés sur les femmes pullulent. Combien de fois pouvons-nous lire qu’elles sont « maternelles », qu’elles ont un « instinct » : « Le soir surtout, on aimait écouter Orlyane parce qu’elle était une femme. La femme, la compagne dont la présence donne chaud au cœur, mais aussi ‘la mère’ dont les paroles rassurent. » ; « Solyane aussi était une femme. Elle aussi possédait l’instinct, cet instinct merveilleux qui oriente les actes et les pensées vers la vie. » Pire, on établit leur condition de subordination comme si cela était parfaitement normal : « Tu apprendras vite que les foules sont femelles, versatiles. Elles aiment être éblouies, dominées, manipulées. » Non seulement la femme est inférieure à l’homme mais elle aime l’être, bien évidemment. C’est d’autant plus évident dans ce passage-là : « ‘Écoute, dit-il. Je ne veux pas de toi comme esclave, mais je connais un de mes compagnons qui rêve d’en posséder une. À partir d’aujourd’hui, tu appartiendras à mon ami Sylvain.’ La jeune fille s’éclaira d’un gracieux sourire et Dorian crut qu’elle allait lui sauter au cou. » Rembobinons. La ‘jeune fille’ vient d’être sauvée par Dorian et sa bande durant leur voyage de cité en cité, après avoir été attachée à une croix, nue comme un ver, en guise de punition pour quelque offense. Elle propose ainsi de devenir l’esclave de notre valeureux héros qui décline… pour l’offrir à son ami. Un homme bien, en somme. C’est hypocrite quand on sait que, dans un autre passage, Dorian s’offusque du principe même de l’esclavage en observant une courtisane qui, une fois n’est pas coutume, se réjouit de sa condition, comme l’être inférieur qu’elle est : « Était-il possible de ‘posséder’ un être humain ainsi qu’un animal domestique ? […] De l’esprit de la fille coulaient des ondes de soumission bienheureuse, de confort et de sécurité. Elle lui appartenait totalement, corps et âme, et trouvait tout cela naturel. »
Le livre ne cesse d’ériger le personnage comme un être moral, défenseur de la veuve et de l’orphelin, qui devra faire face à la cruauté de la religion et des peuples qu’il rencontrera. Et ces peuples se situent selon une carte de notre monde actuelle légèrement modifiée. Ainsi, l’Afrique devient Nogafrika, la Méditerranée, la Médelhennie, et l’Ismalasie devient le Moyen-Orient où l’on vénère un certain prophète Mohmett. On parle ainsi de peuples racisés, et chaque peuple de ces contrées rencontré est décrit comme barbare, décadent, violent. TOUS. Ainsi, les deux personnages homosexuels que l’on rencontre préfèrent les jeunes garçons. Oui. Les seuls homosexuels racisés de l’histoire sont aussi des pédophiles. L’un d’entre eux s’entoure de courtisans très maquillés, et voici ce que déclare l’un des camarades de Dorian : « ‘Compagnon, voici un monde bien étrange. Par Lakor, si l’un de ces pantins barbouillés me fait la moindre proposition, je lui vide les tripes derechef.’ Dorian éclata de rire. » En effet, il est très rigolo de menacer d’étriper les homosexuels qui oseraient porter atteinte à la virilité de ces messieurs, quand on sait que c’est ce que vivent les personnes LGBT partout dans le monde.
En Nogafrika (ou en Afrique, je vous le rappelle), il est coutume de violer : « L’approche du palais impérial leur révéla rapidement que le monarque de Bahiskra affichait des goûts étranges. Des hommes et des femmes nues se poursuivaient dans les parcs, pourvus de fouets et d’attirails divers. Il s’agissait bel et bien de semblants de chasse, dont le gibier aurait été des êtres humains, hommes ou femmes. Ces chasses se terminaient en scènes de viols collectifs ainsi qu’ils purent en juger. L’esclave qui les guidait ne parut pas se formaliser de l’étrangeté et de la violence de la scène. Devant l’étonnement des visiteurs, il expliqua qu’il s’agissait là d’une occupation banale que l’empereur aimait à contempler s’il lui prenait l’envie de sortir. La victime était un courtisan ou une courtisane qui lui avait déplu. Lui, esclave, n’y voyait rien à redire. » Il est coutume de violer et c’est d’autant plus normal pour les peuples barbares d’Afrique et du Moyen-Orient. Les noirs et les arabes, donc, appelons un chat un chat. Apparait d’ailleurs un personnage noir dont la caractérisation est emblématique des clichés qu’on leur affuble, de celui qui ne parle pas la langue principale correctement, qui est béat comme un simple d’esprit et mystique, pour couronner le tout : « Attention, kella ! s’écria le Noir. Toi pas boire cette eau ! Salée ! Poison ! Beurk ! Toi mourir si toi boire ! Viens voir ! » ; « Dorian éclata de rire. Il commençait à s’attacher à ce grand diable noir. C’était un curieux personnage qui semblait toujours plongé dans un inaccessible rêve intérieur, mais qui partait soudain d’un grand rire sonore, parce que quelque chose d’incompréhensible l’avait amusé. Parfois, en route, il tripotait les multiples objets qu’il portait autour du cou, marmonnant des incantations dans une langue inconnue. » C’est tellement condescendant que j’avais peine à croire à ce que je lisais. Ces peuples sont donc adeptes du barbarisme, du viol, ont des harems où les femmes se plaisent à servir de vide-couilles à leur oppresseur et offrent de devenir leur esclave.
Bien d’autres perles sont distillées dans ce ramassis de conneries. On met un point d’honneur à décrire comment Solyane est violée par son kidnappeur tandis que ses hommes la tiennent. On lui brûle ensuite les yeux au plomb fondu, comme si le viol ne suffisait pas. Cerise sur le gâteau, Dorian prend plaisir à revoir le visage apeuré de sa sœur et à détailler la beauté de son corps en repensant à un incident qui a failli se terminer sur un viol par son kidnappeur au début du livre : « Il revécut l’une de leurs dernières rencontres, celle où Rodrick l’avait agressée à l’intérieur même du palais de Paralko. Il revit sa chemise déchirée, lacérée par ce chien. Sa peau au grain de satin, si délicieusement dévoilée par la pénombre et les lectrones discrètes. Aucune femme ne possédait un corps aussi délicatement sculpté. Il avait aimé cette expression de frayeur, puis sa joie lorsqu’il était apparu, lorsqu’il avait volé à son secours. » Solyane était peut-être à deux doigts d’être sexuellement abusée, mais qu’est-ce qu’elle était bonne, tout de même !
À côté de ça, on salue les femmes du harem d’un souverain qui ont le bon sens de fermer leur gueule : « Le spectacle d’une jolie fille est propre à chasser les méchantes idées. De plus, mes amazones possèdent une qualité rare chez une femme : elles savent se taire, respecter mes silences. » On répète que la femme n’est jamais que le second sexe, le sexe faible, la subordonnée : « Il pénétra de force dans l’esprit de l’inconnu. Une onde cérébrale trouble et puissante lui répondit, chargée de ces parfums subtils et équivoques qui ne pouvaient appartenir qu’au sexe complémentaire. » On parle de « femmes faciles avec qui passer une nuit amoureuse ». Les femmes sont toutes appelées « petite ». Petite fille (!), petite sœur, petite femme, etc… À croire qu’elles font toutes un mètre cinq.
On continue dans l’homophobie et l’hétéronormativité avec des affirmations comme : « Il aurait pu être un fort bel homme malgré ses allures efféminées […]. » On fait aussi dans la grossophobie : « C’était un homme aux jambes ridiculement courtes par rapport à son ventre proéminent, rond comme une boule et dont les bourrelets de graisse dépassaient de sa ceinture de cuir entrelacée de pierres. Un triple menton ornait son cou taurin. Ses yeux petits et rapprochés lui conféraient un air porcin. Il déplut immédiatement à Dorian. Il était bien à l’image de son royaume décrépit. »
Page 562, nous avons une pseudo-critique du patriarcat qui m’a bien fait rire. C’est l’hôpital qui se fout de la charité, Monsieur Simonay. Hélas, le pauvre homme est récemment mort. Il ne pourra jamais répondre de ses erreurs de carrière.
Concernant la qualité de l’écriture, malgré un style riche et poétique dans la narration, les dialogues font affreusement carton-pâte, les pavés philosophiques s’enchaînent comme si on lisait du Kant, et l’intrigue, très mince, traîne la patte sur huit cent pages, imposant une quête répétitive qui fait soupirer plus d’une fois. Pour finir, je vous laisse avec la dernière phrase du roman : « Vous êtes, en quelque sorte, les ancêtres de votre propre mère. » Ah d’accord.
Au coeur des Terres Bleues, une région dévastée et maudite, la cité de Syrdahar se dresse, oubliée du reste du monde. C'est dans cette dernière que Dorian et Solyane, des jumeaux, grandissent. Cependant, leur vie bascule lorsqu'ils découvrent qu'un complot menace leur vie et qu'ils doivent fuir la destruction intégrale de leur cité. Découvriront-ils la vérité sur leur naissance et arriveront-ils à surmonter cet amour interdit les poussant l'un vers l'autre?
Ayant énormément apprécié ce roman dans mon adolescence, c'est avec appréhension que je l'ai relu au vu des avis très négatifs postés sur ce dernier. Au final, mes craintes étaient loin d'être fondées et j'ai passé une fois encore un très agréable moment, malgré certains points soulevés par les critiques et sur lesquels je vais essayer de revenir.
Phénix est une oeuvre mélangeant à la fois Fantasy et SF. L'auteur ne cherche pas réellement à crypter le contexte de son oeuvre et vous comprendrez très rapidement (ne serait-ce que par la carte) que l'action se situe sur notre planète après la chute de la civilisation terrestre (le Jour du Soleil). Par conséquent, beaucoup de phénomènes magiques sont tout simplement scientifiques (la "malédiction" des Terres Bleues étant des radiations). Cependant, ce côté SF est largement atténué par le coté Fantasy. En effet, la civilisation telle qu'elle s'est rebâtie est un pur produit d'un roman de chevalerie. Empires et royaumes, une nouvelle religion, des nobles et une caste de chevaliers respectant un code d'honneur... La connaissance étant confisquée par la religion, le commun des mortels vit donc dans un univers d'inspiration médiévale avec quelques particularités issues de l'héritage des manipulations génétiques anciennes (les chevaliers montent des croisements entre chevaux et félins). Bien que pouvant paraître déroutant, cet univers fonctionne particulièrement bien sur moi.
L'histoire en elle-même se décompose en deux parties d'environ 400 pages chacune, une première partie plus axée sur la jeunesse des jumeaux et la chevalerie et une deuxième partie prenant l'aspect d'une vaste expédition de secours à travers des terres inhospitalières. Chaque partie est à mon sens intéressante même si j'ai une préférence pour la première.
A titre personnel, je ne peux que conseiller la lecture de ce roman. L'auteur à un style très agréable et assez riche et l'histoire se laisse suivre agréablement si vous accrochez à l'univers. De plus, une réflexion sur certaines réalités de l'univers telles que l'esclavage ou la religion est proposée par endroits. La religion mondiale de cette univers fonctionne d'ailleurs à mon sens particulièrement bien et j'apprécie beaucoup la manière dont elle est décrite et structurée.
Revenons donc sur les points qui fâchent les gens :
Les héros : une des critiques est que le résumé est mensonger puisque l'oeuvre s'attarde bien plus sur Dorian que sa soeur. C'est exact. Pour autant, dire que celle-ci est transparente serait nier son évolution (bien que tardive) en fin de roman. La deuxième critique que j'ai pu lire ou entendre est la surpuissance du héros. Je conçois que cela puisse énerver et que l'on puisse y voir un manque d'enjeu, je l'ai moi même reproché dans d'autres oeuvres. Cependant, au vu de l'intrigue, et encore une fois, l'auteur ne cherche pas particulièrement à voiler les éléments (à tel point que les 20 pages d'explications reprennent pas mal d'éléments que le lecteur a déjà lu ou deviné), il est normal que le héros possède cette surpuissance, l'inverse serait simplement...illogique. De plus, nous sommes très clairement dans une sorte de chanson de geste épique ou tout est exagéré (chaque adversaire qu'affronte Dorian en duel n'a quasiment jamais été vaincu et est un excellent épéiste). Je comprends donc que cela choque, mais cela ne m'a jamais posé problème.
Le racisme : certains voient dans cette oeuvre une oeuvre raciste par le choix de ses antagonistes. En effet, l'Empire d'Ukralasia entre en guerre contre celui d'Ismalasia (ancien Moyen-Orient). Je trouve ce premier argument ridicule. Tout au plus peut-on y voir un choc des civilisations et encore une fois, dans un récit aux accents de chanson de geste, il y a un fort écho aux croisades possible. L'autre argument concerne les antagonistes de la deuxième partie, situés à la place de l'ancienne Méditerranée (dont l'eau à disparu) et de l'ancienne Afrique. Je répondrais juste que si l'expédition était allée en Europe, le dépaysement n'aurait pas été bien violent et l'auteur n'aurait pas eu grand chose à raconter contrairement à des régions mal connues par la civilisation du héros... De plus, que ce soit pendant la guerre ou pendant son voyage, Dorian rencontre des personnes remarquables pétries d'honneur ou de vrais philosophes, donc pourquoi se focaliser uniquement sur les antagonistes? Seul point où je ne peux pas ne pas être d'accord avec les critiques : la vision du "bon sauvage" concernant un guide noir parlant comme un enfant et s'émerveillant de tout. Je peux comprendre que ce passage puisse mettre mal à l'aise et je n'ai que la date de parution (1986) pour atténuer cela : pour information durant la même période, Michel Leeb faisait mourir de rire les Français avec des accents qui le mèneraient devant un tribunal de nos jours et 5 ans plus tard Lagaf' cartonnait avec la Zoubida en chanson... Conan le Barbare et sa description du peuple des Shémites est à mon sens bien plus raciste (et pourtant une excellente lecture dans son ensemble).
Le sexisme : un autre reproche est la place accordée aux femmes dans ce roman où celles-ci seraient toujours belles et passives à attendre le retour du chevalier. Dans un premier temps, je dirais que les reproches concernant Solyane passant son temps à pleurer après son frère durant la première moitié du roman ne prennent donc pas en compte l'évolution du personnage à la fin (je ne veux pas dire de bêtise car c'est loin, mais la couverture du tome 2 évoque sa présence et le tome 3 a pour protagoniste une héroïne). De plus, encore une fois, dans une société revenue sur des standards médiévaux, cela ne me choque pas tant que cela. J'ajouterais que quiconque à lu Tolkien sait pertinemment qu'à part Eowyn et Galadriel, la place de la femme dans la fantasy un peu ancienne est souvent à la maison (eh non, il n'y a que dans les films qu'Arwen sert à quelque chose!). Enfin, le roman comporte tout de même deux-trois femmes de caractère telles Alvina ou Nyra et même Elena, bien qu'elles soit trop peu exploitées. Je concède cependant que l'auteur aime cependant insister un peu trop sur les relations sexuelles pour rien (bien que ça soit beaucoup moins appuyé que dans mes souvenirs).
L'inceste : bon oui, dis comme ça c'est un peu malsain et il est probable que les débuts du roman vous mettent un peu mal à l'aise jusqu'à temps que l'histoire avance et explique un peu plus d'éléments. Cependant, une fois assez avancé, cela m'a moins gêné même si il est dur de passer entièrement outre. Mais bon, c'est désigné comme un amour maudit et les héros tentent de lutter contre. Et pour rappel, un des plus gros succès littéraires et télévisuels part du principe que deux Lannister frère et soeur n'essaient même pas de lutter eux...
Personnellement, je vous conseillerais de lire ce roman. Je ne sais pas si je peux vous conseiller de lire les deux suites car je ne les ai plus en tête pour le moment mais concernant Phénix, malgré mes craintes de renier mon adolescence, j'ai encore une fois passé un excellent moment dessus. Peut-être un cran en dessous de mon ressenti d'époque car mes standards ont évolué mais tout de même une bonne relecture.
Phénix nicely combines a medieval age in a future where knowledge is only restricted to a small group of elite and a vision of the evolution of the present world.
Bernard Simonay show the evolution of religions, political views and more while writing the epic story of two children. This book is not only entertaining but it makes the reader think about what he knows of the world.
I was very disappointed with this book and did not like the writing. For the most of it, the story doesn't focus on the twins but only on Dorian. There are no strong female characters, only a woman in refrigerator and a damsel in distress. While the questions about the access to knowledge could is interesting, and that would be the only interest of the book, most of the story is pointless.
Lors de la lecture de cette trilogie, j'ai pu apprécier un certain nombre de choses, mais j'ai aussi été particulièrement irritée par d'autres.
Je vais un peu parler de quelques éléments issus principalement de Phénix et de Graal, mais aussi La Malédiction de la Licorne en essayant de ne pas spoiler.
Les choses positives : - L'auteur a une belle plume, son écriture est agréable, les descriptions sont belles, il nous fait voyager dans des paysages parfois surprenants, à la genèse très intéressante - ayant étudié un peu de géologie, je suis vite comblée par les évolutions du paysage qui tiennent en compte les réalités physiques. - Les titres des romans m'ont fait d'abord penser à une trilogie médiévale, aussi j'ai été surprise de découvrir la véritable chronologie de cet univers. - Les amanes et une religion fondée sur la Connaissance : j'ai trouvé intéressante cette religion intellectuelle plus "douce" que celles que nous connaissons et je préfère le point de vue des schismatiques. De plus j'apprécie la réflexion et la critique de nos sociétés actuelles et de notre histoire. - La vision globale de l'humain, de l'âme et de la nature que découvrent Solyane et Dorian est très belle j'ai trouvé.
Les points négatifs : - A un certain moment du livre sont décriées les conditions dans lesquelles vivent les femmes dans nos sociétés et les violences qui leurs sont faites. J'ai réellement l'impression que l'auteur croit à ce qu'il dénonce là... pourtant il ressort de son oeuvre un sexisme qui se rappelle à nous à chaque description de personnages féminins. Outre la sorcière que l'on rencontre au début de Phénix, qui est vieille et tordue, toutes les autres femmes sont caractérisées par leur désirabilité sexuelle. "Ses seins hauts et fermes" est la description qui revient le plus souvent des femmes. Elles sont toutes superbes, au corps parfait.. mais pas tout à fait parfait car Solyane est la seule à avoir le corps le plus parfait, le visage le plus beau, une déesse parmi les humains. J'aurais aimé que l'auteur ne sexualise pas chaque personnage féminin rencontré, ça en devient terriblement lassant. Même en parlant de villes lointaines "Les femmes y sont aussi chaudes que le climat y est froid." ou encore "On y trouve les femmes les plus belles du monde, et aussi les plus laides, il n'y a pas d'entre deux." - extraits de La Malédiction de la Licorne, trouvée en deux pages de lecture... On a compris que les hommes ont des instincts primaires de reproduction, il est inutile de nous le rappeler à chaque page, merci ! Parmi les hommes, un seul est décrit sur base de son physique et de ses abdominaux bien tracés, les hommes sont donc très peu jugés sur leur physique. Dorian est un homme magnifique, mais sa beauté n'est qu'un complément de toutes ses autres qualités. - Solyane est sous exploitée dans Phénix, et subit un traitement physique et émotionnel très dur. - Elena, j'ai beaucoup aimé son personnage et j'ai été très déçue de la manière dont elle a été traitée. - L'amour maudit, c'est toujours un sujet délicat à traiter, j'ai du mal à comprendre l'attirance de l'auteur pour l'avoir utilisé et réutilisé (voir spoiler plus haut si vous êtes curieux).
Fantasy world, golden age, twin stories.. I read this book when I was 13 at school, it has over 800 pages! For us it was huge but really worth it! I'll read it again in the future.