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Enfant unique, Lilith de la Queyrie grandit dans le château de ses parents. Son caractère irascible et rebelle l'empêche d'apprécier les trop rares distractions que lui offre sa condition de jeune aristocrate. Même ses nombreux soupirants n'arrivent pas à la sortir de son mal-être permanent. Mais le jour où elle se voit, en rêve, survoler des paysages grandioses et éventrer des bêtes sauvages pour s'en repaître, on lui fait comprendre que quelque chose de mystérieux l'appelle au fond d'elle-même. Les anciennes légendes sur la race disparue des dragons s'imposent alors à son esprit...

276 pages, Paperback

First published January 1, 2002

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Didier Quesne

21 books7 followers

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187 reviews20 followers
January 13, 2015
Premier paragraphe du livre :

« Et au loin, par-delà les brumes vaporeuses, traversant les lacs sombres et endormis, se jouant des ombres malignes semées par la Lune, un chant. Suave. Sombre et mystérieux, trouble et envoûtant, rejoignait le corps inanimé encore, berçait le profond sommeil, créait des rêves de matins clairs et parfumés, allumait de troublantes envies inavouées dans l’éloquent silence de la nuit éclatante. »



Bref, tout commence avec une jeune marquise, Lilith, qui fait des rêves étranges où elle vole et mange des bouquetins. Ca la fait même jouir :
« Elle eut un violent orgasme qui la laissa haletante, en sueur et effrayée. »



Lilith est une sacré rebelle.

« — Son âge ! Parlons-en de son âge ! s’emporta soudainement celle-ci. Elle a déjà dix-sept ans et refuse tous les arrangements que l’on pourrait concevoir pour son avenir. Ah çà, elle ne refuse point les invitations aux bals, ni aux chasses ! On la convoite, on l’admire, nombre de demandes sont venues jusqu’à mes oreilles, mais Mademoiselle les dédaigne. Mademoiselle raffole des admirateurs, mais pour ce qui en est des suites logiques, nenni ! »

Comme c’est original !

Lilith est donc tellement en crise d’adolescence qu’elle finit par baver et pousser des rugissements.

« — Se pourrait-il que ces fables aient un fond de vérité ? se demanda-t-elle. Lilith pourrait-elle se transfor…
Elle s’interrompit et secoua la tête.
— Baronne, tu divagues. Il est vrai que cette petite a toujours eu ce caractère entier. Il suffit qu’elle soit pour être en menstrues, et la voilà transformée en louve enragée. Ce ne serait point la première fois. »


Bref, Lilith a des crises de folie, bave, griffe les gens jusque ce qu’un soir, elle parte courir toute nue à travers la campagne et mange un pauvre type qui passait par là.



Après ce bon repas, Lilith se réveille dans le domaine des voisins, amis de sa famille. Elle ouvre les yeux et trouve Aymeric, le fils de la famille, à son chevet.

« — Oui ma belle, oui ! Viens… ! Envahis cette enveloppe qui t’accueille, dit Aymeric, l’air extatique. Viens à moi, viens…
Sa prière eut pour effet de ramener la jeune marquise à la raison. Elle se calma par degrés et se laissa tomber sur le lit avec un cri de frayeur.
— Ah ! Mais que suis-je devenue, mon Dieu ?
Longuefuye poussa, lui, un râle de frustration, puis lui répondit avec un sourire étrange :
— Patience, Mademoiselle, vous le saurez bientôt et je gage que vous l’accepterez avec une joie qui vous transportera plus loin que vos rêves les plus insensés ne l’ont jamais fait. Nous serons alors les plus puissants de suis point un animal ni une esclave et vais sur-le-champ quitter votre demeure où je perçois que la vésanie règne en maîtresse !
Elle se leva d’un mouvement vif et voulut quitter la chambre. Aymeric fut plus rapide et lui asséna un coup à l’arrière du crâne. La jeune femme s’effondra avec un petit cri sur le plancher. Il la prit dans ses bras et la porta sur le lit où il l’allongea avec une grande délicatesse.
— Repose-toi ma toute belle. Ton corps ne te gênera plus longtemps, murmura-t-il. »




On apprend alors que la famille d’Aymeric est membre d’un genre de secte : ils savent eux que Lilith n’a pas juste des crampes à l’utérus ! En effet, la jeune fille est une Belle dans laquelle sommeille une Bête. Et les méchants ont très envie de prendre le contrôle de la bestiole, mais ils doivent laisser Lilith rentrer chez elle. L’occasion pour elle de se faire un petit goûter :

« Sa proie était encore agitée de soubresauts spasmodiques quand, avec un rugissement de plaisir, elle tenta de l’égorger pour sentir le sang chaud lui couler dans la gorge. Les dents humaines étaient, cette fois-ci, nettement insuffisante pour venir à bout du cuir de l’animal. La Bête s’escrima pendant quelques instants, de plus en plus frénétiquement, se blessant la bouche et ne réussissant qu’à arracher des poils qui la faisaient tousser. Avec un cri de rage, son bras gauche pendant, inutile, elle retourna le marcassin et parvint enfin à lui ouvrir le ventre. Elle plongea tout son visage dans les intestins qui se déversèrent et arracha le foie encore chaud pour l’avaler presque sans mâcher. Elle mangea encore des viscères chauds, puis se roula avec volupté sur la dépouille sanglante de sa proie. »

Lilith est ramenée chez elle par Jean, un roturier. Personne ne le connait mais il est super amoureux de Lilith et, en plus, il sait tout sur la Bête en elle et comment la maîtriser. Flûte alors, je parie qu’il est beau !

« — Madame, bonapartiste je suis, il est vrai. Mais nous avons été vaincus. Doublement. À Waterloo et ici, sur notre propre sol pour lequel des milliers d’entre nous sont morts. Il ne s’agit point de cela céans, je souhaite vivement que l’ayez compris, mais de la vie de Mademoiselle votre fille. Les turpitudes des bonapartistes ne sont rien en comparaison de ce qui se déroule ici, je vous l’assure. »



« — Nous sommes les vigilants. Du moins, c’est ainsi que nous nomment les coalisés. Nous tentons de maintenir l’espèce humaine face aux dragons.
— Je crois que je perds la raison, se lamenta la marquise.
— Je ne pense pas, Madame, lui assura Jean.
— Et vous, quel est votre rôle dans tout ceci ? s’enquit le marquis.
— La protection de Mademoiselle Lilith.
— Était-il prévu que vous vous énamouriez d’elle ? Le jeune homme rougit violemment.
— Nenni. Je ne sais comment cela a pu survenir.
— Oh, notre fille a bien des charmes et nombre de jeunes gens s’y sont laissés prendre, laissa tomber Anémone d’un ton las. »




Surprise ! Nous apprenons que la Bête en Lilith est un dragon !
On l’emmène dans une cave afin qu’elle puisse se transformer dans d’atroces douleurs et au péril de sa vie en toute quiétude.

Mais, les méchants, dont Aymeric, arrivent dans la cave pour tenter d’enlever Lilith. Très énervée, elle perd le contrôle et mange le visage de son papa. Jean est laissé pour mort.
Aymeric emmène donc la jeune fille, au bout d’une chaîne en métal, se balader chez elle et la laisse manger les serviteurs qu’ils croisent et, au passage tuer sa mère.

« Le corps de Lilith était déformé, son ventre effroyablement distendu par toute la viande humaine dont la Bête s’était régalée. Elle reposait sur le plancher d’une chambre, absolument incapable de bouger, respirant avec difficulté.
— Dragon, dit le comte. Nous t’allons envelopper pour te porter. Ensuite, nous te conduirons vers l’œuf. Tu as fait belle violence ce jour. »


Amen.

Mais Jean n’est pas mort ! A cheval, il se lance à la poursuite des ravisseurs de Lilith !

« Le corps de Lilith était méconnaissable. En deux jours, elle avait presque perdu toute forme humaine. Son ventre était tellement distendu qu’il l’obligeait à se déplacer les jambes exagérément écartées, à pas lourds et vacillants, en une démarche qui aurait pu paraître grotesque dans d’autres circonstances. Ses cheveux étaient presque tous arrachés. Ses mains ne paraissaient plus avoir d’ongles et elle saignait par plusieurs plaies réparties sur tout son corps. Elle était nue. Totalement. Jean frissonna. »

Alors Jean, toujours aussi amoureux ?



Pendant ce temps-là, Lilith se transforme en dragonne. Bon, elle tue quand même le père d’Aymeric au passage mais comme le fiston menace de tuer Jean si elle ne lui obéit pas, la dragonne finit par se soumettre au petit snob.

« — Paix vous dis-je ! Il est avec moi, mais encore soumis à la belle qui le dirige. Je ne dois sa présence qu’à celle d’un homme que la belle chérit. Il s’appelle Lagarde et votre vie dépendra de la sienne. Qu’il meure, et vous mourrez tous. Il faut qu’il soit bien traité et qu’il profite des soins prodigués par mon guérisseur. De sa santé dépend la soumission du dragon. »

Jean réussit à s’enfuir et décide d’aller chercher de l’aide.

« — Tu chéris cette personne. Tu t’es énamouré d’une dragonne, laissa aussitôt tomber le maître.
Ce n’était pas une question. Bien qu’il n’ait pas mentionné les sentiments qui l’animaient à l’égard de la jeune marquise, Jean savait, avant de le retrouver, que son maître les devinerait. Il ne fit aucun commentaire.
— En soi, ce n’est pas très banal, mais on ne peut aller contre ses sentiments. Je laisse donc cela de côté. »




Aidé de son vieux maître, Jean revient au domaine des méchants et persuade Lilith que l’amour, c’est bien.

« — Oui, tu es une vraie dragonne. Seulement, il y a quelque chose qui te manque. Je sais ce qu’a pu te dire Longuefuye. Il pense que la haine et la violence doivent être les raisons de vivre des dragons. Il pense qu’ils doivent tuer, terroriser, régner en maître sur leur domaine. Je ne suis pas de cet avis. Un dragon peut aimer, être joyeux, jouer… Un dragon peut vivre, exploser de vie ! Mais comment vivre avec une seule facette, comment connaître tout ce que peut t’offrir le monde, si tu n’as qu’un œil pour le découvrir ? Tu es la Bête. Tu es la violence. C’est important, c’est utile. Mais est-ce suffisant ? À quoi sert la violence, si elle ne s’exprime que dans la force bestiale ? À quoi sert la rage, si elle ne sert qu’à tuer, tuer, et tuer ? »



Lilith s’enfuit de chez les méchants, qui réussissent donc à paumer un lézard géant, et goûte la joie d’être un dragon : manger des chèvres, voler et faire des bouses de la taille d’une maison.
Mais au fond d’elle, elle sent qu’il lui manque quelque chose. Oui ! Elle aime Jean !



Elle rejoint donc le jeune homme et pif, paf, miracle, elle réussit l’impossible : elle se retransforme en humaine ! C’est incroyable ! Mais elle ne peut pas rester trop longtemps sous cette forme quand même, il faut pas déconner.

Le lendemain, pif, paf, pastèque : un autre dragon arrive.



Mais en fait c’est un vilain, tout le monde prend la fuite et puis :

« — Je parle, dit Lilith d’une voix profonde.
— Tu parles…
— Oui.
Sa voix ne semblait pas venir de sa bouche qu’elle gardait fermée, mais de l’ensemble de sa tête. Il ne s’agissait pas de télépathie, mais on aurait pu croire que tout son corps parlait. »




« — Jean Lagarde. Je te vois pris dans les filets de la possessivité et de l’angoisse de l’abandon. Une dragonne est une femelle, certes. Déjà, chez une femme, le besoin de solitude et de vie autonome est important ; impérieux, pour certaines d’entre elles. Sache que chez une dragonne, il est plus grand encore. Elle a besoin de vivre seule, de partir quand elle le veut, de revenir plusieurs jours, plusieurs semaines plus tard, sans que tu saches où elle est allée, ce qu’elle y a fait, si elle a rencontré d’autres humains, d’autres dragons, ce qu’ils ont pu vivre. Tout cela, il te faudra l’accepter, ou te résoudre à ne plus aimer Lilith. »



« Ne puis-je réfréner mes sentiments ? Ne suis-je point maîtresse de mon âme ? se demanda-t-elle. »



Lilith croise à nouveau la route du dragon qui était un méchant un peu plus tôt.

« Elle reçut les premiers rayons du soleil comme un cadeau, acceptant ce nouveau jour comme une nouvelle vie.
Le dragon dut sentir sa disposition d’esprit, car il lui toucha doucement l’extrémité de la queue. Elle en fut électrisée. Ce contact, tout fugace qu’il fût, lui parcourut entièrement la colonne vertébrale et explosa dans son crâne.
Elle gémit involontairement de plaisir. Encouragé par cette réaction, le mâle s’approcha d’elle, se plaça juste au-dessous et se retourna pour voler sur le dos.
[…]
Dès que cet assemblage étroit fut achevé, le pénis du mâle surgit de son fourreau et partit à la conquête de l’intimité de la dragonne. Elle l’accepta et ce fut l’extase. Courte. À peine eut-il éjaculé, que le dragon se retira et redescendit sur terre sans plus prêter attention à la femelle qui le regarda s’éloigner, frustrée, insatisfaite et mécontente. Elle poussa un cri de colère et partit en trombe, à une vitesse qu’elle savait supérieure à celle du dragon mâle. »




Bon sang mais qu’est-ce que je viens de lire, là…



Pendant ce temps à Vera Cruz, les méchants font des trucs du méchants mais ils sont énervés car ils n’arrivent pas à recapturer Lilith. Voilà.



Mais les gentils finissent par trouver des alliés.

« — La brûlure est endurée, clama Treschenu. Jean Lagarde est adoubé. Qu’il soit élevé, avec pour compagne la dragonne Lilith, au rang de dragonnier ! »



« Elle avait repris de l’altitude et planait en chantant une sorte de mélopée lancinante dont les basses faisaient vibrer la poitrine du jeune homme allongé de tout son long sur son dos. À un moment, elle commença lentement à basculer sur elle-même. Jean dut s’adapter et se retrouva sur son flanc, puis sur son ventre, quand elle vola sur le dos. Jamais il n’éprouva l’impression d’être en danger. Les écailles de la peau de la dragonne étaient tellement imbriquées dans celles, pourtant minuscules, du cuir de ses vêtements, qu’il se savait maintenu bien mieux qu’il n’aurait jamais pu le faire avec ses mains.
Là où il se trouvait, il faisait encore plus chaud. Les replis membraneux des ailes coupaient le vent et la chaleur du corps était parfaitement conservée dans une sorte de cuvette naturelle où les écailles ressemblaient à une dense fourrure qui agrippait la veste et le pantalon de Lagarde.
Le chant de Lilith devint plus pressant et Jean reconnut celui qu’elle fredonnait malgré elle quand elle était sous sa forme humaine et qu’ils se caressaient. Il ferma les yeux et se laissa emporter par la magie de l’instant. Sans qu’il en eût réellement conscience, ses mains défirent les attaches de ses vêtements et il se retrouva nu, complètement enfoui dans la fourrure de sa dragonne qui le poussa lentement vers l’arrière en le caressant sur tout le corps. Son désir montait, porté par la voix de Lilith. Les écailles guidèrent son sexe vers le puits d’amour de son amie où il laissa gonfler, puis éclater son plaisir, sous le regard des milliards d’étoiles qui ne scintillaient que pour eux deux. »




Maintenant que j’ai épongé les larmes de sang qui coulent de mes yeux, sachez que les méchants tentent une attaque contre les draconniers, ça marche pas.

A la fin, Lilith et Jean se jurent l’amour éternel.

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