Madeleine se retrouve au milieu d’une route de´serte, passe´ les lignes ame´ricaines, les mains tache´es de sang. Elle ne se souvient de rien. E´lyse rentre travailler a` la taverne et s’inquie`te de n’avoir aucune nouvelle de son amie Simone, partie quatre jours auparavant a` New York avec le besoin de faire le deuil de sa me`re. Les deux disparues de´couvriront biento^t a` quel point leurs destins sont lie´s.
La mémoire de Madeleine, héroïne improbable et indirecte de ce roman, est disparue dans le cadre d’un évènement traumatique et violent dont elle ne conserve aucun souvenir. Elle reprend connaissance au bord d’une route, au pied des montagnes, quelque part au nord des États-Unis. Couverte de sang et d’ecchymoses, elle se dirige vers Key West sur le pouce, personne n’osant lui poser trop de questions sur la provenance de ses blessures en cours de route.
Pendant ce temps, à Montréal, Élyse s’inquiète de ne pas avoir de nouvelles de son amie Simone, partie six jours auparavant vers New York, afin de vivre le deuil de sa mère, dont le décès a bouleversé son petit monde. Avec l’aide de Robert, un enquêteur du SPVM à la retraite qui est fidèle client de la taverne où elle travaille – et pas-si-secrètement amoureux d’elle – Élyse tentera de savoir ce qui est arrivé à son amie, de plus en plus inquiète avec le temps qui passe.
Quel est le lien unissant Madeleine, Élyse et Simone?
C’est une angoisse progressive qui suinte des pages de ce court roman de Véronique Marcotte, qui marque son retour au médium après une petite pause – son précédent, Coïts, faisant partie de la série L’Orphéon, date de 2012.
Cinq ans de silence, donc, qui est ici percé de bien belle façon avec une histoire poignante de deuil et d’amitié.
Avec des chapitres alternant les points de vue des divers personnages, et pendant lesquels des détails sur le mystère en cours se précisent lentement, on se retrouve au cœur d’une enquête profondément humaniste, où l’aspect policier est relégué au second plan, et où priment les effets de sa disparition sur l’entourage de Simone. On soulève quelques questions sur le dynamisme des rapports, sur la nature de l’amitié, les différents aspects que peuvent prendre celle-ci, et même sur notre identité, telle qu’on la définit par notre rapport aux autres.
La comparaison peut paraître tirée par les cheveux, mais le tout m’a fait penser au ton des romans de George Simenon, pour qui même les personnages secondaires avaient une belle dose d’humanité à offrir et où la psychologie de tout le monde était soigneusement développée. Car il ne suffit pas de ficeler une bonne intrigue – encore faut-il s’attacher aux personnages, et c’est ici une évidence: quand on ressent de l’empathie même pour un dealer sur le retour qui habite en face de chez Simone, la mission est profondément accomplie.
En fin de parcours, les ressorts dramatiques nous frappent directement au cœur, et sans carrément verser dans la tragédie, ne laisseront personne indifférent.
On est donc pris de court de ne pas pouvoir suivre plus longtemps le destin de ces deux personnages féminins extrêmement forts, présentés ici autant dans leurs moments de gloire qu’au plus bas de leur déchéance, digne reflet de la vie.
Mais le retour au roman de Véronique Marcotte, s’il signifie qu’elle nous offrira de nouvelles aventures plus fréquemment, est une nouvelle qui atténue la petite douleur de ne pouvoir savourer que pendant à peine deux-cents pages cette histoire profondément touchante, dont nous lisons l’épilogue complètement vidé, comme après une magistrale crise de larmes.
Beau petit livre d'à peine 200 pages qui se lit dans le temps de le dire! Je dois avouer que la couverture ainsi que le titre m'ont accrochés au départ mais que l'histoire n'a complètement rien à voir!
3.5 Comme plusieurs l'écrivent déjà, le titre et la page couverture (qui n'est pas particulièrement à mon goût d'ailleurs) n'ont rien à voir avec ce récit d'enquête psychologique. Je suis heureuse de ne pas m'être arrêtée à ça, car j'ai quand même passé un beau moment de lecture. Deux histoires mystérieuses se croisent et nous comprendrons assez vite ce qui unit la vie des différents personnages. On s'attache à eux, même aux personnages secondaires, en ayant accès à leurs traumatismes respectifs et à leur bagage parfois plus lourd. Je n'ai pas mis une note plus haute, car le dénouement me semble un peu précipité.
L’accroche arrive vite dans ce roman policier qui flirte avec le suspense psychologique. Simone, tatoueuse montréalaise, disparait dans des circonstances nébuleuses. Le récit se construit autour de l’absence de ce personnage et c’est à travers une pluralité de voix – celles d’Élyse, de Robert et de Madeleine - que l’intrigue se dévoile peu à peu. Entre Montréal et Key West, le roman aborde les thèmes du deuil et de l’amitié, qui servent de fils conducteurs aux denses réflexions des protagonistes. Une lecture rapide qui joue à saute-mouton entre différentes psychés.
Je n'ai pas particulièrement accroché à ce roman. Je ne saurais dire pourquoi par contre. L'histoire est bonne et plutôt bien ficelée. J'ai trouvé qu'il y avait quelques longueurs et je ne me suis pas attachée aux personnages.
Probablement le meilleur livre que jai lu depuis un bon bout de temps ! belle écriture ! le rythme est parfait et captivant ! Toutefois. je ne comprends toujours pas le rapport avec le titre 😅