Une voix dans la nuit est le road-movie bouddhique d'un quatuor improbable sur les routes du Japon moderne. Un lettré, le vénérable Chinuma Kyôshirô, mène sa troupe – un enfant, une jeune fugueuse et un chauffeur de taxi –, sur les lieux chantés par le Manyô-shû, recueil de poésies datant du VIIᵉ siècle. Yasushi Inoué, qui compte parmi les plus grands écrivains du XXᵉ siècle, fait dans ce livre le portrait d'un Don Quichotte nippon partant en guerre contre la modernité et les démons qui l'incarnent : vacarme des villes, torrents de voitures, vices d'une jeunesse perdue. De retraité paisible et estimé, Kyôshirô, au long du roman, se transformera jusqu'à devenir soldat aux ordres de dieux antiques luttant pour sauver leurs âmes.
Yasushi Inoue (井上靖) was a Japanese writer whose range of genres included poetry, essays, short fiction, and novels.
Inoue is famous for his serious historical fiction of ancient Japan and the Asian continent, including Wind and Waves, Tun-huang, and Confucius, but his work also included semi-autobiographical novels and short fiction of great humor, pathos, and wisdom like Shirobamba and Asunaro Monogatari, which depicted the setting of the author's own life — Japan of the early to mid twentieth century — in revealing perspective.
1936 Chiba Kameo Prize --- Ruten,流転 1950 Akutagawa Prize --- Tōgyu,闘牛 1957 Ministry of Education Prize for Literature --- The Roof Tile of Tempyo,天平の甍 1959 Mainichi Press Prize --- Tun-huang,敦煌 1963 Yomiuri Prize --- Fūtō,風濤
“Le passé est bien passé : à le remuer, trouve-t-on autre chose qu'amertume ?” - JEAN SIMARD
“Une voix dans la nuit” est un livre d’Inoue Yasushi publié aux éditions “Philippe Picquier” collection “Picquier Poche”. Ce livre nous conte l’histoire de Kyôshirô, un retraité paisible, féru d'ouvrages littéraires anciens. Dans le cadre de sa recherche constante de nouveaux ouvrages sur le Man'yōshū, une anthologie de poésie japonaise datée du 8ème siècle, il se rend à Tokyo où il loge chez un de ses deux fils d’une part pour aller à une exposition de livres anciens mais également pour voir sa petite fille, Sayuri âgée de deux ans et demi. C’est suite à cette exposition qu’il se fait renverser par une voiture. S’en suit une prise de conscience et le commencement d’une quête à la recherche d'authenticité et d’une tradition qui ne cesse d’être grignotée par la modernisation d’un Japon, pourtant longtemps resté à l’écart de ce monde en constante évolution. C’est avec l’objectif de trouver les endroits sublimés jadis dans le Man'yōshū que Kyôshirô part en exploration dans tout le Japon accompagné d’une jeune fugueuse et d’un chauffeur de taxi, mais ce n’est pas tout car toujours dans cette volonté de fuir la modernité, il décide que la pureté de sa petite-fille ne peut qu’être le symbole d’un rejet de cette dite modernité, et l’emmène donc avec lui dans sa quête d'une terre vierge de toute modernité.
Au niveau de ce que j’ai apprécié dans ce livre, je dirais que les nombreuses descriptions des lieux m’ont permis de tenir et de finir ce livre, au contraire d’un Kyôshirô qui m’aura fait lutter de part son rejet systématique de toute modernité quelle qu’elle soit mais également dans ses propos très hors du temps sur le rôle du père ou de la mère de famille par exemple.
En bref, c’est un ouvrage qui se laisse lire, nous y retrouvons la patte d’Inoué même si je lui préfère de loin ses romans historiques. Certainement un de ses romans que j’ai le moins apprécié mais qu’à cela ne tienne puisqu’il m’en reste de nombreux à lire.
Très spécial. Dérangeant dans son rapport aux autres, son côté défenseur d'un conservatisme débridé. La place de la femme fait peur. C'est possiblement aussi une bonne peinture de la fin de vie, de l'esprit qui s'étiole, des pensées qui s'échappent.