« Toutes les choses, toutes les pensées ne se valent pas, ce qui implique qu'il faut choisir, et qu'il faut recon-naitre une hiérarchie des valeurs, des idées, des actions. Sans cette hiérarchie, comment affirmer que la justice vaut mieux que l'op-pression, que la solidarité est supérieure à l'égoïsme, ou que Bach est plus grand que le dernier tube de Musique Plus ? »
« […] il n'en tient qu'à nous de faire ou non de cette terre un enfer. »
« Un droit ne saurait exister sans la reconnaissance d'un devoir qui lui correspond. » - Simone Weil
« […] dans un monde qui nous ramène sans cesse à nous-mêmes, par la télévision, la publicité, qui nous ramène sans cesse à nous-mêmes, à nos désirs, à nos préférences, il faut sortir de soi. S'extasier, aller vers ce qui est autre, aller vers les autres. »
« Combien de socialistes de 20 ans sont devenus des bourgeois satisfaits de 50 ans? Combien de jeunes cinéastes se sont perdus corps et âme dans l'« industrie» ou ont baissé les bras devant l'inacceptable? On dit que c'est normal. Chris Giannou', à qui on demandait comment il se faisait qu'il avait conservé les idéaux de sa jeunesse, répondait que c'était plutôt à ceux qui les avaient reniés qu'il faudrait poser la question. »
« […] l'art est à la fois une rupture et une rencontre. Une rupture, parce que l'artiste doit sortir de lui-même, combattre les évidences et la facilité, affronter et décoder le monde. Mais l'art est aussi une rencontre parce qu'il y aura, un jour, dans une salle obscure, quelqu'un à qui on parlera. »
« Lire, nous dit George Steiner, implique une responsabilité, c'est-à-dire une réponse, une réponse au texte, à la voix et à la présence d'autrui. »
« Dans un monde qui se déshumanise, chaque geste de générosité est un acte de résistance et de liberté. Mais des gestes isolés, même nombreux, s'ils rendent le monde moins insupportable, ne vont pas à la racine du mal. Il reste à leur donner une dimension politique et sociale. Cela s'appelle l'engagement. »
J'aime bien lorsqu'il rappelle qu'un droit ne saurait exister sans la reconnaissance d'un devoir. Pour d'autres passages comme celui-ci:
«Alors mon Dieu, merci pour la vie, merci pour la beauté, merci pour cette planète merveilleuse et fragile, merci pour votre silence, merci pour la liberté et pour la responsabilité. Et si Vous n'existez pas, il nous restera quand même la vie, la beauté, la planète merveilleuse et fragile, la liberté et la responsabilité. Ainsi que le silence.»
J'aime moins son opposition au relativisme et à une partie de la culture populaire. Ou encore lorsqu'il affirme que «l'élite de [sa] génération a été lamentable».
Ok j'avais déjà mis cinq étoiles avant même d'avoir lu la moitié du livre, mais là, j'atteints des sommets inégalés. Réellement, ce petit bouquin (et surtout cet auteur, car le livre est en fait un recueil de ses textes-articles-conférences depuis 1993-2010) est une perle, un coup d'éclair d'intelligence pure dans le coeur et le cerveau, un don de soi et une clairvoyance si rare par les temps qui courent, et avec un style, une syntaxe, un enchaînement impeccable de phrases. Je cours me l'acheter dès demain, sinon je risque de ne jamais le ramener à la Bibli Nationale!
J'ai surtout aimé les premiers chapitres qui traitent de l'historique et des perspectives de l'auteur au sujet de ses films de la trilogie des vertus théologales. Ses réflexions sur le scénario de "Contre toute espérance' m'ont particulièrement éclairée, car je m'étais sentie abandonnée par l'auteur à la fin du visionnement de ce film. Je me suis lassée un peu durant la deuxième partie du livre, en raison des nombreuses répétitions, ce qui est évidemment un risque inhérent à un recueil de textes 'épars'.
J’ai de loin préfère la deuxième partie du livre, qui aborde les sujets plus en profondeur. J’ai été un peu dérangée par le fait que l’auteur évoque plus d’une fois les mêmes citations au fil de ses textes. Je crois que le recueil aurait nécessité un plus grand travail d’édition pour limiter cette impression de répétition.