L'homme se trouve devant deux destins possibles : périr dans son berceau, de sa propre main, de son propre génie, de sa propre stupidité, ou s'élancer, pour l'éternité du temps, vers l'infini de l'espace, et y répandre la vie délivrée de la nécessité de l'assassinat. Le choix est pour demain. Il est peut-être déjà fait.
René Barjavel, né le 24 janvier 1911 à Nyons (Drôme) et décédé le 24 novembre 1985 à Paris, est un écrivain et journaliste français principalement connu pour ses romans d'anticipation.
Certains thèmes y reviennent fréquemment : chute de la civilisation causée par les excès de la science et la folie de la guerre, caractère éternel et indestructible de l'amour (Ravage, Le Grand Secret, La Nuit des temps, Une rose au paradis). Son écriture se veut poétique, onirique et, parfois, philosophique. Il a aussi abordé dans de remarquables essais l'interrogation empirique et poétique sur l'existence de Dieu (notamment, La Faim du tigre), et le sens de l'action de l'homme sur la Nature. Il fut aussi scénariste/dialoguiste de films. On lui doit en particulier le scénario du Petit monde de Don Camillo.
Je connaissais le R.Barjavel romancier, journaliste, il me manquait l’essayiste. Rien de nouveau depuis les philosophes des lumières panthéistes hormis un brin de créationnisme, un peu gênant. Il est dit dans le quatrième de couverture qu'il troquerait volontiers tous ses autres livres pour celui là. Heureusement son éditeur ne l'a pas suivi !
This is a pretty original piece of work by one of France's most popular science-fiction writers in which he examines some of the scientific, religious and philosophical forces guiding humanity. Even though bits of it feel a bit dated (such as the early awe of genetics), the rest of it reads like a well thought-out analysis of the interplay between our spiritual and analytical worlds.
Overall, what I most liked about it was that this was the inspiration & source material for so much of his sci-fi work and it felt like a glimpse behind the scene, in the mind of an author who wrote some truly great sci-fi books like La Nuit des temps and Une rose au paradis.
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Note à moi même : "la faim du tigre" est un roman de métaphysique, il étudie la nature fondamentale de la réalité (l'espace, le temps, l'identité, la sémantique religieuse, mais plus important, la condition humaine et sa possibilité).
Le titre fait référence à un autre livre de CL Philippe, Barjavel explique le titre : « La faim du tigre est comme la faim de l'agneau. C'est la faim naturelle et implacable, mais douloureuse, de vivre. C'est cet appétit insatiable de provoquer ou d'endurer l'atrocité au quotidien, pour perdurer, toujours, ce sinistre théâtre où s'illustrent souffrances, crimes, terreur et esclavage, auxquels seule la Mort peut mettre fin. La Faim du tigre, c'est enfin et surtout la recherche rageuse de la raison pour laquelle, dans un cynisme sordide, ce sont la grâce, la beauté, l'innocence et l'amour, qui ont été choisis pour rythmer cette tragédie ».
Citation :
« Le monde est infini non seulement dans toutes les directions de l'espace, mais aussi dans ses vérités. »
« D’un seul élan, des milliards d’arbre et de plantes resurgissent, poussent des tiges enthousiastes, déplient des feuilles parfaites qui n’ont pas de raison de ne pas être éternelles. Pourtant, dans l'autre moitié du monde, l'automne est déjà là et a jeté au sol ces merveilles que l'hiver va pourrir. »
« L'homme en train de devenir géant serre contre son coeur l'arme de suicide. L'actionnera-t-il avant d'avoir escaladé le ciel? »
« Le monde est infini non seulement dans toutes les directions de l'espace, mais aussi dans ses vérités. »
Livre fourre-tout de pensées sur la vie, la perpétuation de la vie, Dieu, les religions... Beaucoup de bla bla inutile et pénible à lire. J'ai trouvé ça sans intérêt.
"Imaginez qu'ils arrivent, qu'ils nous conquièrent, qu'ils nous goûtent et qu'ils nous trouvent bons !"
"Ce sont des formes de vie trop inférieures pour qu'elle puisse s'émouvoir de leur destruction."
"Malgré notre "grande intelligence", qu'est-ce que nous comprenons au chant du rossignol ? Et est-ce que notre intelligence empêche l'ouverture de la chasse ?"
"Le monde vivant lui aussi est en équilibre. Equilibre entre la vie et la mort, entre l'animé et l'inanimé, entre le végétal et l'animal, entre les fureurs de vivre des espèces concurrentes, entre l'appétit des tueurs et la prolifération des tués..."
"Mais qui dévissera sa bombe le premier ? (...) Mais chacun s'y cramponne et la couche dans son lit."
"Le ciel est lavé, les nuages sont neufs, l'air ne contient plus de gaz de voitures, on ne tue plus nulle part l'agneau ni l'hirondelle, tout à l'heure le tilleul va fleurir et recevoir les abeilles, les roses vont éclater et cette nuit le rossignol chantera que le monde est une seule joie."
"(...) Tout recommence avec des chances neuves et, cette fois, tout va réussir. (...) Je suis une source qui commence. C'est la grande illusion annuelle. Le règne végétal s'y laisse prendre en premier."
"Dans tous les jardins, les champs et les forêts, dans les immensités cultivées ou sauvages, sur chaque centimètre carré de terre non déserte, c'est le prodigieux déploiement de l 'amour végétal silencieux et lent."
"Dans certaines sociétés anciennes ou primitives, c'était le chaman, l'astrologue, le sorcier, le prêtre qui avait la charge des unions."
"Pour assembler justement deux êtres humains, il fallait connaître les hommes."
" (…) joies profondes, bouleversantes, vraies, même si l'amour est illusoire. Joie unique, incroyable joie dispensée par l'espèce au sublime moment où (...) Un couple accordé, à ce moment est une goutte de Dieu. Trahison ! C'est seulement une graine qu'il faut semer. (...)"
"Tandis que l'emportent les forces énormes qui maintiennent la création dans son équilibre tourbillonnant, il n'a d'autres ressources, pour échapper au désespoir, que de se fabriquer des illusions qui le rassurent en ramenant ses horizons aux limites de son égoïsme le plus étroit."
"Pour la survie, l'amibe unicellulaire, c'est la perfection." "Alors pourquoi ce passage de l'amibe au ver, au poisson, à l'oiseau, à l'homme?"
"Ce furent ma grand-mère et mes tantes qui se scandalisèrent et menèrent la bataille contre mon obstination. Mais ma famille protestante m'avait appris à respecter et honorer mes ancêtres huguenots, qui s'étaient battus pendant des siècles pour la liberté de leur culte et de leur pensée. je me sentais solidaire d'eux, menant la même bataille, et je ne cédai pas. (…)" raconte l'auteur.
"Dieu ? Le nom de Dieu a trop servi. On s'en est trop servi. Quand on le prononce aujourd'hui, une foule d'images se lèvent et occupent tout l'esprit."
vanus, qui signifie VIDE. "Mais pour un qui parvient au terme du voyage, combien s'y égarent dans la forêt des mots, des faux-semblants, des exaltations, des attendrissements, des niaiseries."
cf. Servir le Peuple par Yan Lianke
"Le rôle de toute religion est de faire comprendre à l'homme ce qu'est la création, quelle place il y occupe et quel rôle il y joue. Et jamais, jamais, jamais, de lui dire : "Ne cherchez pas à comprendre." "Et jamais, jamais, jamais de dresser entre le monde et l'homme des remparts de fumée et des murs d'illusions."
"Mais il faut faire l'effort d'oublier deux mille ans de propagande des églises et les himalayas de niaiseries qu'on a entassés sur le nom de la Vérité."
"Il faut se nettoyer des fanatismes anticléricaux ou religieux et des habitudes d'esprit qui font refuser toute velléité de recherche au-delà du bout du microscope ou du catéchisme."
"Mais la Loi n'est pas la connaissance. Les Commandements ne sont pas l'Enseignement."
"Il y a donc, à la cruauté et absurdité du monde vivant, une raison qui nous échappe."
Où que la philosophie se situe et quoi qu'elle englobe, quelque combat qu'elle mène, armée de mots debout qui se lève sans livres ou avec, derrière des écrans ou sans, avec des poings ou en suspension, autour de tables ou sans essence ni véhicule, à travers l'espace et mêlant des Univers qui ne se rencontraient jamais auparavant.
Enorme et excellent effort, Barjavel fait la synthese 'cosmogonique' de sa vision du monde, de la vision possible des choses en 1966. Et ceci non pas dans le soucis de propager quelques idées mais de poser nombre de questions, qui l'obsèdent. Avant tout, non pas 'comment' mais 'pourquoi'. Il mene le lecteur à travers le microcosm et le macrocosm de l'humain par le biais d'un language tres fluide et visuel. Un réel trip LSD littéraire, d'une facilité et d'un grand plaisir à la lecture. Un voyage habile à travers la prose comparable à la cinématographie hallucinante de Kubrick dans 2001, Odyssée de l'Espace. Meme si les revues précedentes font part de scepticisme face à certaines notions panthéistes du livre, je pense que René Barjavel propose des idées intéressantes. Elle ne sont pas invalides. Il reconnait la difficulté et la reception négative que feront ces idées, mais il y a là une re-evaluation qui va au dela de la pensée Européene, pour savoir si les connaissances anciennes, perdu à travers les relais symboliques des siècles, n'offraient-elles pas réponses ou approches à nos interrogations. C'est une perspective Anthropologique. Il le propose à travers des paralleles qui sont tres interessantes.
Une lecture rafraichissante qui ne laissera pas indiférrent.
D'abord je pensais que c'était un roman, puis je découvris que c'était plutôt un recueil de réflexion de l'auteur sur différents thèmes de la vie, avec comme point principal, la recherche de la Vérité ultime, je ne suis pas d'accord avec bcps de ses idées, et trouve certaines tt à fait fausses (le suicide programmé d'une espèce par ex), mais j'admire son style d'écriture et respecte son raisonnement et surtt sa volonté à chercher la vérité, sans imposé aucun dogme, la faim du tigre est l'œuvre d'un homme simple, qui essaie de trouver des réponses à de grandes questions, qui n'ont peut être pas de réponse.
J'ai beaucoup de mal avec le mode de pensée déterministe en général. Croire au libre arbitre est peut-être une vanité humaine, mais je suis bien attachée à cette idée, ne serait-ce que du moment qu'on sait que l'humain est capable d'aller à l'encontre de son instinct naturel (peu importe ce que c'est). Je veux bien m'émerveiller du miracle de la génétique, mais rendre synonyme pulsion de vie et pulsion sexuelle me rebute à la longue. À certaines remarques cyniques on voit que ça se veut conscient des rapports de pouvoirs qui régissent nos sociétés, la disparité entre les genres, l'orgueil de l'homme blanc, mais par le reste de son discours on voit qu'il n'y échappe pas. Je ne connaissais pas Barjavel et ce livre retarde notre rencontre, voire l'annule. Dommage, la première page m'avait donné envie, j'aurais dû attendre la deuxième qui m'aurait éclairé sur le reste avant de l'acheter. Je n'ai pas fini ce livre, je l'ai posé après 50 pages. Peut-être qu'un jour je lui donnerai une seconde chance autant qu'à son auteur, mais pour l'instant il m'a déçu.
Meilleur essai que j’aie lu. Les réflexions sont tellement profondes et réalistes. Le livre se lit très, très vite, il est même simple à lire. Les métaphores sont superbement écrites. Certains passages questionnent l’existence et offrent des réponses absurdes. Une tension entre deux philosophies s’y affronte : l’existentialisme et l’absurde, ce qui donne au livre une grande profondeur. L’auteur est très lucide sur la religion et sur la nature humaine…ect, Et sa plume est admirable. Je pense que c’est un essai qu’il faut absolument lire.
I only abandon books that I find INCREDIBLY tedious and annoying and this one fits it to the dot.
Only managed to read 40 pages of this but have eye rolled quite hard already. A human's first and foremost goal is reproduction. Woman just NEEDS to reproduce, she's only not interested in sex if a man is not skilled, etc. Conservative dogmatic values are not my jam. It might change later but I'm not sorry to skip it.
Still interested in his other non-essay works, though!
Beaucoup de passages très intéressants en première moitié de livre. Vulgarisation de sujets un peu complexe, bien pour les personnes qui découvrent le sujet. Une deuxième moitié un peu plus portée sur la religion, et qui m’a moins questionné/transporté. Une vision très réaliste de la situation actuelle, malgré un livre écrit en 1966 ! À lire au moins une fois pour rêver un peu et se remettre en question.
des réflexions qui soulèvent des questionnements intéressants mais le style ne me plait pas vraiment et malheureusement je trouve que pour chaque thématique il y a beaucoup de répétitions; un homme quinquagénaire est en crise existencielle et nous partage ses doutes et sa vision sur l'humain 💭. La technologie lui faisait peur pour l'avenir et bah mec tu serais pas giga content de savoir où on en est...
Si vous souhaitez une intrigue haletante au dénouement soudain, passez votre chemin. La Faim du tigre est davantage un bon moment de laisser-aller. Laissez-vous aller quelques heures, avec un bon goûter, à suivre les digressions successives de l’auteur. De tous petits riens, Barjavel fait beaucoup avec une plume délicieuse.
J'ai terminé La faim du tigre de Barjavel... ce livre est incroyable ! Il énonce des "vérités" dont certaines sont gênantes, avec beaucoup de pédagogie et de lucidité. Telle une démonstration scientifique. J'ai adoré au point de vouloir le relire dans quelques mois.
Ça m'a plutôt déplu jusqu'au moment où ça m'a beaucoup plu. Encore un bouquin que je vais galérer à expliquer pourquoi il me parle tant alors qu'il aurait tant à se reprocher.
Ce livre se classe dans la catégorie "grande lecture d'ensemble du Monde et de la Vie", un peu comme "Eloge de la fuite", ce qui me fait regretter d'avoir lu ces deux ouvrages de manière aussi rapprochée (je croyais que la Faim du Tigre était un roman, ce n'est pas le cas). Donc, René Barjavel nous décrit le monde comme l'espace où la Vie se déploie et se reproduit, les créatures vivantes, humains compris, n'étant que les atomes permettant ce mouvement. La vie se déploie, mais elle se détruit aussi, les êtres vivants se dévorant entre eux (et ayant une préférence pour les petits). L'homme a détruit ses prédateurs, mais il prend la voie de se détruire lui-même avec les cancers et la bombe. Tout ça, et l'évolution, qui contrairement à ce que l'on croit n'obéit à aucun schéma nécessaire et logique (les organes complexes sont moins résistants, ils n'auraient pas du apparaître etse développer...) ne peut renvoyer qu'à un schéma d'ensemble, lequel ne saurait émaner que de Dieu. Mais les voies vers la compréhension de Dieu se sont perdues car les religions, qui devaient les constituer, se sont figées autour de discours et de rites stériles : c'est la dernière partie, la moins originale. Ce n'est pas mal ; on peut reprocher à l'auteur, dans les premiers développements, de se focaliser sur la zoe et pas sur la bios : même s'il n'est qu'un amas d'atome un moment soulevé par l'énergie, l'homme tout de même, agit, pense et crée, et tout cela donne lieu à des civilisations durables que notre auteur néglige complètement. Le tout fait un peu penser à, plus tard, Sylvain Tesson.
Si certaines idées sont intéressantes car elles nous font réfléchir à des aspects de notre existence auxquels nous n'avions pas nécessairement pensé, d'autres - la plupart - sont très contestables et nous font infiniment préférer Barjavel romancier à Barjavel essayiste.