Annie Lacroix-Riz analyse l’histoire des années 1930 pour éclairer les causes de la défaite de 1940. Selon elle, les Français n’ont pas été simplement vaincus en cinq jours par une Wehrmacht invincible ; le haut patronat les a sacrifiés à son plan de « réforme de l’État » copié sur les voisins fascistes et à son obsession d’accord avec le Reich. Cette affirmation incroyable paraît moins audacieuse à la lecture des archives, françaises et étrangères, relatives à une décennie d’actions des élites : militaires ; politiciens ; journalistes ; hommes d’affaires surtout, qui régnaient sur tous les autres, avec à leur tête la Banque de France et le Comité des Forges.
L’autonomie des politiciens ou des journalistes relève ainsi du mythe, celle des militaires aussi. C’est bien la France des grands intérêts économiques et financiers qui dicta le choix de l’Allemagne comme partenaire privilégié dès les années 1920 et sabota l’alliance russe de revers qui avait évité la défaite en 1914. Aujourd'hui, l’accès aux archives éclaire les causes intérieures et extérieures de la Défaite et permet « l’instruction du procès de la vaste entreprise de trahison » que réclamait Marc Bloch.
La présente édition de l’ouvrage a été systématiquement revue et complétée à la lumière des nombreux fonds d’archives, ouvrages et articles consultés depuis 2006.
Tableau riche en contenu de l'entre-deux guerre, cet ouvrage explore de multiples pistes expliquant le caractère inévitable de la défaite éclair que l'Allemagne inflige à la France. Afin de défendre la thèse d'un sabotage général de la diplomatie et des armées française, Annie Lacroix-Riz aborde de nombreux thèmes dans le détail : la Guerre d'Espagne, le sabotage du pacte franco-soviétique, les dessous de la trahison de la France envers la Tchécoslovaquie...
Si la critique aura surtout retenu (et contesté) la défense de la théorie du complot synarchique, Annie Lacroix-Riz dépeint une situation complexe, ou se disputent nationalisme, communisme, ainsi que des intérêts industriels. L'auteur démontre la raison principale de l'essor nazi : une peur du communisme, justifiée ou non, qui aura confiné les gouvernements français dans un rôle passif, évitant à tout prix la confrontation, quitte à compromettre leurs alliances... afin de laisser les mains libres à l'Allemagne, perçue comme seule puissance capable d'assurer la sécurité de l'Europe de l'Ouest face à cette menace.
Au-delà des grandes lignes, et en dépit de ses parties pris, ce livre est une mine d'or d'informations, souvent très bien sourcées, qui remettent à leurs places les grand noms de l'époque.
Excellente étude de notre France d'avant guerre et du rôle qu'ont eu les élites financières, militaires, industrielles, politiques et journalistiques dans la préparation de la défaite de 1940. Presque dès le départ, les élites ont joué pour l'Allemagne par peur de l'ogre communiste et tous les choix fait l'ont été dans cette optique : lâchage de l'Espagne, de l'Autriche, de la Tchécoslvaquie, etc.
Cet ouvrage, qui ne se lit pas du tout comme un roman et c'est bien le seul reproche qu'on pourrait lui faire - le style est vraiment très lourd et nuit à la concentration), éclaire d'un oeil nouveau les rapports de force qu'ont exercé les grandes banques (Worms en tête) sur notre pays (déjà à l'époque).
Bref, toute une histoire que l'on passe allègrement sous silence dans notre beau système éducatif et qui mériterait uen plus large diffusion (le rôle de la Pologne à cette époque par exemple qui a activement participé au dépeçage de la Tchécoslovaquie et bien d'autres).