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Quatre-vingt-quinze

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1995. Il n’existe aucun traitement efficace contre le sida. Les malades tombent les uns après les autres dans l’indifférence générale. Parmi ceux qui sont touchés, donc condamnés, certains n’ont plus la force d’attendre le remède qui pourrait les sauver. Plutôt que de crever comme des chiens dans un lit d’hôpital, ils optent pour une solution radicale : ils préfèrent partir en beauté. Le cocktail est toujours le même, encore plus de fête, plus de drogue et plus de sexe. L’apothéose, et puis la chute finale.
Un dimanche midi, après une nouvelle nuit infernale, Alex et Lucien rentrent et s’endorment sur le canapé. Cette fois, Alex ne se réveille pas, il fait un arrêt cardiaque dans son sommeil. La semaine qui suit, Philippe, Willy, Léon, Hervé, Adam et Denis, les copains défilent auprès de Lucien. Le temps est suspendu par la mort d’Alex, et pourtant la vie suit son cours, imperturbable, Philippe fête son anniversaire, il prend un nouvel appartement… Le samedi, toute la bande part enterrer Alex en Normandie. Ils se chauffent avant le départ pour se donner du courage, et débarquent à l’église fin saouls. Quand ils découvrent ce que la famille a fait des obsèques de leur fils, le choc est brutal. La cérémonie vire au supplice.
Cinq ans plus tard, Philippe s’adresse à ses amis. Willy, Léon, Hervé, Adam, Denis… à chacun, il pose deux questions : Comment as-tu connu Alex ? Quels souvenirs as-tu gardés de cette semaine ? Entremêlé de leurs paroles, Quatre-vingt-quinze est le récit de ces folles journées, mélange d’euphorie et de désespoir. C’est l’histoire d’une fin de partie qui fut aussi une fête permanente, une célébration de l’amitié, une philosophie de l’urgence vitale. Un tombeau poignant et sublime pour tous les disparus, pour un quartier, une culture, une époque révolue.

180 pages, Kindle Edition

Published February 1, 2023

30 people want to read

About the author

Philippe Joanny

4 books2 followers
En 1999, Philippe Joanny a publié Le Dindon, tragédie burlesque, dans la collection dirigée par Guillaume Dustan. Il a cofondé la revue Monstre. Comment tout a commencé est son premier roman.

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Displaying 1 - 6 of 6 reviews
Profile Image for Blanche.
71 reviews42 followers
April 12, 2023
un récit honnête et cru qui suit les vies et les disparitions d'une bande d'ami.e.s à Paris dans les années 90, lors du pic de l'épidémie du sida.
l'organisation très matérielle du texte fonctionne très bien.
beau et indispensable hommage à ceux qui sont partis.
Profile Image for VicKino.
164 reviews2 followers
February 10, 2023
Un récit singulier, d'une bande d'amis ravagée par le sida, la drogue, mais qui tient debout grâce à l'amitié. Un bel hommage a ceux qui sont partis.
26 reviews1 follower
March 2, 2023
j’ai pleuré à la fin debout dans ma cuisine
Profile Image for Élie.
31 reviews6 followers
May 25, 2023
J'ai préféré le premier roman de l'auteur, peut-être parce qu'il a une forme plus traditionnelle. Ici, on alterne entre un récit chronologique durant la semaine qui précède les obsèques d'un personnage qui meurt au début du roman et des extraits d'entretiens avec les protagonistes du premier récit, cinq ans après. Au début, le procédé est assez déroutant, on se repère mal entre les nombreux personnages qui ne nous ont pas été vraiment présentés, mais au fur et à mesure qu'avance le roman, on retrouve le sens de l'histoire.
Même si cette ambiance de fêtes et de drogue permanentes m'est vraiment étrangère, la thématique de l'épidémie de SIDA et de la tragédie des vies détruites par la maladie est très touchante et émouvante. Je pense qu'il est important de continuer à mettre en récit cette période pour en affirmer la gravité.
Profile Image for In_Mart.
224 reviews1 follower
February 24, 2026
On suit pendant une semaine, au milieu des années 90, une bande de jeunes gays parisiens alors que l'un des leurs vient de mourir brutalement.

J'ai été pris de court par le style, au début du bouquin. On enchaîne les descriptions par le narrateur, qui est aussi l'auteur, Philippe, avec des monologues de la part des différents personnages, leur parole étant enregistrée et retranscrite quelques années après 1995. Se superposent ainsi deux récits, les mêmes évènements sont abordés de deux points de vues distincts. Ce n'est pas dérangeant en soi, au contraire ça donne un certain rythme. Ce qui m'a largué, c'est le flop de personnages qui s'enchaînent, dans la narration comme dans les monologues, et qui m'a vraiment perdu pendant peut-être bien le tiers voire la moitié du livre.

Puis une fois la surprise passée, je m'y suis fait, à cette bande de potes, j'ai pu situer qui était qui, et mieux m'immerger dans leur quotidien durant cette semaine tragique de 1995. On se situe en pleine épidémie de sida, juste avant qu'un traitement soit trouvé, et c'est donc encore un synonyme de mort certaine. Les jeunes qu'on suit en sont bien conscients. À peine adultes et déjà condamnés, ils décident de vivre à fond, sans peur du lendemain. C'est le monde de la fête, de l'extase. Des drogues, souvent puissantes. D'où l'overdose qui ouvre le roman. Un mort parmi tant d'autres. Les monologues venus d'une autre époque sont glaçants quand ils mettent en perspective certaines scènes et qu'ils annoncent que tel personnage ne survivra pas quelques mois de plus. On est confronté à la réalité brutale d'une époque désespérée et le roman réussit à nous plonger dedans. Plus que ses personnages, je retiendrais au moins ce témoignage d'un âge pas si lointain : des impressions fugaces de vies qui ne demandaient qu'à vivre mais qu'on a arraché.

Les dernières pages, où le narrateur/auteur se balade dans le Marais de nos jours et constate à la fois le changement des lieux et de la population, sont tellement mélancoliques. Elles justifient et résument à elles seules toute l’œuvre. Qu'est-ce qu'on fait de ceux qu'on a dû laisser en arrière ? On leur redonne la parole, encore et encore.
Profile Image for grostulate.
56 reviews
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July 24, 2023
A little nostalgia trip for me, missing Paris and the crazy fags that inhabit it.
Displaying 1 - 6 of 6 reviews