Imaginons une société soumise à la peur — ici, celle née d’un chômage de masse, mais, sans doute, d’autres peurs peuvent aboutir au même résultat. Une société où la question de la sécurité en vient à saturer l’espace social. Or, étant toujours sujette à des failles, la sécurité est à renforcer, encore et toujours. Marc et Cécile reçoivent une lettre les informant qu’une annexe du commissariat va s’installer dans leur sous-sol. Marc est pleutre, c’est Cécile qui se rebelle contre le grignotage de leur vie privée, refuse le rôle d’épouse soumise aux décisions de son mari (qui sont des non-décisions, puisqu’il accepte tout) et s’interroge, à mesure que le fossé se creuse entre eux, sur ce qui les lie.
Pourquoi donc s’opposer au renforcement de l’arsenal protecteur ? Sauf, bien sûr, à avoir soi-même quelque chose à se reprocher... On devient vite suspect aux yeux des tenants de l’ordre mais, chose plus intéressante, y compris à ses propres yeux. C’est cette expérience que Cécile raconte, entre rébellion et acceptation. À mesure que la pression s’accentue autour d’elle (à cause de son mari, de son chef de bureau, des policiers), à chaque fois qu’elle refuse de se soumettre à une nouvelle mesure prise par Massard, c’est qu’elle a déjà intégré la précédente.
Fabien Maréchal, fils de la peintre contemporaine Fabienne Quinsac, est journaliste et écrivain. Il habite à Gagny (Seine-Saint-Denis, France).
Diplômé du Centre de formation des journalistes (Paris), il a ensuite été professeur à l'université de Phnom Penh (Cambodge), a travaillé en presse régionale (L'Alsace, Le Pays Briard), puis en presse magazine (Télé2Semaines), avant de rejoindre l'édition française de National Geographic pendant quinze ans. Il a également collaboré à plusieurs sites Internet comme chroniqueur (société, environnement, littérature, musique).
Outre ses livres personnels, il a publié nouvelles et poèmes dans plus de trente ouvrages collectifs et revues. Il anime également des ateliers d'écriture auprès d'adolescents et d'adultes.
Ses écrits, teintés d'humour et de surréalisme, laissent une grande part à l'imaginaire. Ils mettent en scène des personnages ordinaires qui se débattent face à l'absurdité du monde et tentent de conserver leur équilibre sans se compromettre.