Riku et son fils Issei entretiennent des liens très forts. Un jour, ils débarquent sur l'île lointaine de Haruta, dans l'archipel d'Okinawa. Le petit Issei commence à fréquenter l'école locale et à faire plein de rencontres enrichissantes...
Shin Takahashi ( 高橋しん, originally 高橋真 Takahashi Shin?, born September 8, 1967) is a Japanese manga artist best known for writing Saikano (She, the Ultimate Weapon) and Iihito. He was born in Shibetsu, Hokkaidō on September 8, 1967. He has been using computer graphics in his works since the time when few manga artists were able to use them.
Beau petit récit insulaire où il ne se passe pas grand chose. Un père et son fils débarquent à Okinawa. Le père y ouvre un salon de coiffure. Le fils, quasi muet, s’intégrera à l’école. Le père vient tout juste de se retrouver avec la charge de son fils. Nous avons très peu de détails sur le pourquoi du comment de l’histoire avec la mère, ni pourquoi le père a décidé subitement de quitter la ville pour ouvrir un salon dans une municipalité presque coupée du reste du monde. Le récit prend son temps, il nous demande de nous adapter au rythme de l’ile… C’est si doux et magnifique, j’ai hâte de lire la suite!
J'ai trouvé ce Josei sur la pile des nouveautés en section BD et quand j'ai vu ce jeune Papa coiffeur tenant la mains de son fils, j'ai craqué pour ce manga.
Riku Haruta et sont fils Issei s'établissent de manière un peu précipité sur l'île qui porte leur nom, Haruta, dans la préfecture d'Okinawa. Île magnifique et relativement petite, on n'y trouve pas les commodités usuelles que dans les îles principales et y tenir un commerce n'est pas chose aisée. C'est pourtant le paris que fera Riku, coiffeur-visagiste, sur une île où les gens se coupent généralement les cheveux eux-même. Son objectif réel est cependant d'offrir un mode de vie moins stressant à son garçon, qui semble avoir une forme de mutisme sélectif et de l'anxiété. Néanmoins, Riku ne sembla pas étranger à l'anxiété, lui non plus.
C'est un manga tranquille, ne vous attendez pas à de grandes péripéties. Il s'agit du processus d'adaptation d'un papa monoparental, qui a hérité de son garçon quelques temps après sa naissance- années ou mois, ce n'est pas préçisé. Sa conjointe se disait incapable d'être parent et a décidé de quitter le pays pour son travail. Riku se retrouve donc parent sans avoir connu la grossesse et les premiers temps de vie de Issei. Il a donc beaucoup de pression sur les épaules et il semble s'en mettre beaucoup lui même. Néanmoins, il a aussi une affection bien réelle pour son fils, peut-être même une tendance à être papa-poule. Il s'en fait beaucoup pour des choses relativement anodines. Je sens donc une tendance anxieuse quelque peu fusionnelle avec Issei. En même temps, Riku provient de Tokyo, il a donc un rythme de vie qui contraste avec celui des insulaires, beaucoup plus posés, et qui explique sans doute un peu sa propension à vouloir tout régler rapidement.
Riku est un parent qui doute de ses compétences parentales, est particulièrement inquiet que son fils s'inquiète, mais empêcher de vivre le sentiment inquiétude ne fera pas disparaitre l'anxiété. Il faut apprendre à le gérer. En ce sens, je le trouve très protecteur, peut-être même trop. Comment Issei fera-t-il des apprentissages sans la latitude requise pour le faire? Toutefois, on le verra plus vers la fin, les autres adultes lui font une remarque similaire. Issei a plus de ressources que Riku le croit, il faut donc qu'il apprenne à faire confiance à son fils, tout en se faisant confiance lui-même. Également, je remarque que Riku a tendance à infantiliser son fils, notamment avec ce qualificatif de 'si petit", qui revient souvent. Un enfant de neuf ans, même de taille petite, n'est plus un jeune enfant, il me semble donc que Riku voit son fils plus fragile et vulnérable qu'il ne l'est en réalité.
Enfin, c'est très amusant de voir ce coiffeur avec une coupe tout en mèches rebelles, façon "Édouard aux mains d'argent". Ça lui va très bien, mais je vois que ça perturbe grandement les autres personnages. Je me fais la réflexion que les japonais n'ont généralement pas la même liberté capillaire que les occidentaux, parce que les colorations et les styles volontairement "rebiqués" semble toujours sous-tendre soit des rebelles, soit des artistes, soit des marginaux, dans les mangas réalistes.
Issei, pour sa part, ne parle pratiquement pas, mais il peut parler. C'est ce qui me fait croire qu'il a ce qu'on appelle un mutisme sélectif, associé à l'anxiété ou à la phobie sociale. Ce n'est pas un état volontaire, c'est un trouble. C'est toute-de-même un personnage attachant. Il semble rempli de bonne volonté, a un attachement sincère pour son papa maladroit et cultive beaucoup d'intérêt pour son environnement. Il a neuf ans et comme le souligne les adultes autours de lui, changer de milieu, c'est beaucoup de changement pour en enfant.
Mention rapide que je trouve importante: On aborde encore trop rarement le fait que certaines femmes ne sont pas faites pour être mères, pour toutes sortes de raisons toutes recevables. Je ne dis pas que d'abandonner son fils est un acte justifiable, mais la question se pose: Met-on trop de pression sur les femmes pour être des mères, sans même tenir compte de leurs désirs et de leur personnalité? Un peu de la même manière qu'on banalise le rôle du père, trop souvent considéré secondaire, voir facultatif? Ici, nous avons une maman qui a clairement un enjeu sur cette question et un papa qui au contraire, montre une identification sincère au rôle de papa, même si elle est encore teintée de manque de confiance et de maladresse.
On n'a pas toujours l'impression que le rôle du papa a le même degré d'importance que celui de la mère dans nos sociétés occidentales, et je me demande s'il en est de même au Japon. Ici, c'est l'occasion de donner la tribune à un type de papa que je vois très peu, non seulement en raison de son métier, mais aussi de son profil psychologique. Riku est peut-être un peu maniaque et anxieux, reste que c'est un père tendre, affectueux et réellement mobilisé pour son fils. Des qualités indéniables. Il a aussi cette façon de tirer l'extraordinaire de situations atypiques, comme ce signe militaire au "sergent" ( une grosse araignée décrite comme "un trésor qui mange les cafards" par la Mme Satoshi, chargée de les accompagner dans leur intégration). Ce salut militaire sera mainte fois repris dans leur quotidien d'ailleurs. Il y a aussi cette pièce au toit percé qui a un trou aussi dans le tatami, dont le centre est couvert d'herbes. On se croirait dans un jardin intérieur. Riku pourrait faire comme les parents standards et réparer la pièce, mais Issei adore cet endroit. Riku décide alors de laisser la pièce en l'état.
Avec douceur et avec pertinence, l'auteur articule donc quelque chose de léger et profond, questionnant le rapport d'un père avec son fils, sur certaines différences ou nuances entre milieu urbain et milieu campagnard, surfant aussi sur le thème de l'adaptation, de l'auto-pression parentale et de la quête d'équilibre psychique.
Au-delà de la relation père-fils, le thème central, il y aussi le thème de l'interaction entre les insulaires et les urbains. Non seulement ne tiennent-ils pas le même rythme de vie, les insulaires n'ont pas toujours un contact facile avec les nouveaux arrivants, dont certains ne parviennent pas à s'adapter, malgré l'accueil chaleureux des habitants. Un bon comme le film "La grande séduction", la manga relate la difficulté des urbains à vouloir vivre dans des lieux où les commodités sont différentes. On en revient donc à l'adaptation. le soucis que ce thème sous-tend pour les insulaires est leur capacité à garder un nombre stable d'habitants dans leur île. C'est un sujet qu'on voit aussi dans les villages de campagne, cette question.
Côté graphique, c'est joli et doux. La nature est magnifique, avec ses fleurs, d'arbres majestueux, ses étendues herbeuses et ses plages tranquilles. Un coin de paradis, quoi. Les personnages ont beaux également, sans clichés de manga que je n'apprécie plus de tout comme ces affreuses gouttes d'eau derrière la tête pour marquer le découragement ou l'exaspération, ou encore ses veines saillantes en forme d'étoile pour l'émotion colérique.
Ça fait du bien à l'occasion de sortir des livres addictifs pour leur action à fond de train, pour essayer quelque chose de plus posé, mais aussi plus profond. Au final Riku voulait régler pleins de choses en même temps, mais il aura fait des choses assez différentes et pas dans les délais qu'il se prescrivait. Mais c'est un peu ça aussi le changement de mode de vie: Il faut aussi se laisser surprendre et véritablement reconsidérer certaines choses, dont leur priorité. Je me demande comment il s'en sortiront ces deux personnages, ce qui me fait dire que je vais suivre le manga dorénavant.
Une sympathique trouvaille qui sort du carcan traditionnel des mangas, je trouve. Ou alors je ne connais peut-être pas bien les Josei, c'est aussi possible.
Pour un lectorat adulte ( ou les lectorat ado et jeune adulte qui s'y intéresseront.
Catégorie: Manga Josei japonais, littérature adulte Note: 7/10
J'ai vraiment adoré ce manga. J'ai trouvé qu'il changeait fort des mangas qu'on retrouve habituellement. Çe que j'ai le plus apprécié est la relation père fils autour duquel l'histoire va évoluer. A certain moment, j'ai pu même ressentir les couleurs à travers le papier noir et blanc. C'est donc un manga que je recommande fort, et ce, à tout type d'âge.
Le sourire et le bonheur à l’état pur, voilà ce qui définit le mieux cette série et les sensations qu’elle me procure !
Sur le papier, elle n’a l’air de rien. On ne fait que suivre le quotidien d’un père et son fils qui se connaissent mal et qui ont emménagé sur une île pour nouer des liens et s’ouvrir. Mais dans la forme, c’est splendide. L’écriture toute en émotion de Shin Takahashi serre le coeur du lecteur, aussi bien dans ses mots, ses situations que ses dessins et on ressort le coeur rempli de papillons.
Cette douce lecture s’accompagne à chaque tome de jolis moments de vie. Cette fois, c’est un festival organisé par la ville qui est au coeur des préoccupations. Ainsi suit-on le père et le fils se préparer à celui-ci, le second entre répétition de musique et de danse, tandis que le premier n’a que la danse, ce qui est amplement suffisant. On voit combien les choses ont changé depuis qu’ils sont arrivés, grâce à cet épisode. Ils sont pleinement intégré et participent volontiers aux festivités de chaque groupe. C’est émouvant et chaleureux de les voir ainsi. Chacun fait preuve d’une belle force de caractère savamment mise en scène par une autrice pleine de bienveillance, ainsi l’émotion nous frappe lors du jour J et c’est une merveille de petits moments savoureux.
Il faut dire que Shin Takahashi a fait un travail assez dingue pour développer ses personnages sur cette série. Avec une grande douceur et une belle force tranquille, il les a amené à créer une émouvante et solide relation père-fils, basée sur la confiance et la communication, malgré le fait qu’Issei soit un petit parleur. Riku, lui, apprend à gérer son stress au quotidien et m’émeut toujours autant par ses tâtonnements de père. Mais même sur l’île, il y a toujours des choses à faire, à apprendre et Issei en paye les frais au début de ce tome avec ses relations à l’école, où il a encore des progrès à faire pour équilibrer l’ensemble des amitiés qu’il a nouées sans susciter de jalousie nulle part et en offrant de la place pour tous. C’est dur d’être un petit garçon si mignon !
Entre séances de coiffure sous le vent de la mer, répétition de sanshin face à la mer, danse traditionnelle et festival rempli de petits jeux, l’ambiance va bon train sur l’île où nos père et fils ont débarqué. Lecture pleine de charme, elle diffuse émotion et bien être à chaque page, nous faisant succomber à ce père et ce fils en apprentissage de la vie. Shin Takahashi a décidément le chic pour les croquer !
Ce manga se veut hyper chill mais je l’ai trouvé tellement oppressant ! 😰 Le personnage du père déverse ses angoisses de manière continue, c’est insupportable. Alors que l’ambiance sur l’île a l’air si chouette… Graphiquement c’est très joli, un trait fin et soigné, et un tramage très lumineux qui retranscrit bien les journées ensoleillées.
Petit manga très doux et mignon dans lequel un papa coiffeur met tout en ordre pour que son fils (qui semble avoir un bloquage de la parole) se sente bien et en sécurité.