"Le mot chat ne miaule pas, le mot n'est pas la chose et La carte n'est pas le territoire". Si ces formules, généralement connues, résument la pensée d'Alfred Korzybski, le père de la Sémantique Générale, le présent ouvrage va bien au-delà : il nous fait découvrir les arcanes de la Sémantique Générale et nous invite à revisiter nos prémisses, nos croyances, à mieux gérer nos priorités, à développer notre créativité et à améliorer nos communications relationnelles. A sa lecture, nous comprenons pourquoi Paul Watzlawick a pu déclarer : "Sans Korzybski et sa prémisse "Une carte n'est pas le territoire", l'école de Polo Alto n'aurait pas existé." et comment son étude a pu séduire des personnes aussi différentes que Gaston Bachelard, Van Vogt, Boris Vian, Henri Laborit, Gregory Bateson, Eric Berne, Umberto Eco et bien d'autres. C'est pourquoi, aujourd'hui encore, la Sémantique Générale peut enrichir notre réflexion et nos actions dans des domaines aussi divers que la science, la psychothérapie, le coaching, le développement personnel, la PNL,… En revisitant les bases de la Sémantique Générale, nous prenons conscience de l'influence du langage sur la manière dont nous percevons le monde, construisons nos représentations, entrons en relation avec notre environnement et sur l'influence de tout acte de communication sur notre vie professionnelle ou privée. Toute personne, quelle que soit sa culture, peut lire avec profit cet ouvrage où chaque concept, chaque terme est expliqué et illustré d'exemples concrets interpellant son vécu quotidien et lui permettant de changer son mode de relation avec son environnement, donc d'élargir son champ de conscience.
Je me suis dirigée vers cette lecture après avoir abandonné Le Monde des Non A, roman de science fiction censé me familiariser à la logique non aristotélicienne et à la sémantique générale. La grosse surprise de cette lecture, ça a été de me rendre compte que plus qu'une théorie scientifique qui pose de nouvelles bases pour comprendre le monde, la sémantique générale était une attention sceptique portée aux limites du langages, qui tend à appauvrir et enfermer notre réalité. Peut-être pas besoin d'appeler ça sémantique générale, car la relation entre langage et réalité est une question fondamentale en philosophie du langage. C'était une lecture instructive pour poser son attention sur la manière dont les mots structurent nos représentations, nous enferment et généralisent trop souvent. Le terme "logique non aristotélicienne" m'a induite en erreur, je m'attendais à quelque chose de révolutionnaire (non euclidien, quantique, 6ème dimension, ouais j'étais partie dans cette direction), alors que ça repart simplement des fondements de la logique aristotélicienne (prémisse principale, prémisse secondaire et compagnie) pour remettre en perspective notre usage immodéré des étiquettes, des raccourcis, des simplifications et généralisation (un exemple parlant étant l'utilisation du voir être comme prédicat, où "je suis déprimée" devient aussi réflexe à dire que "je suis myope"). Au final sous ses abords un peu "obvious" et parfois lorgnant vers le développement personnel, cet essai m'a permis de comprendre à quel point notre pensée verbale pouvait impacter notre réalité. j'ai toujours eu l'impression d'avoir une pensée en nuage, sans mots qui se formaient dans ma tête. Mais je verbalise à l'excès des états passagers, il faut que j'y prête plus attention. Ne plus confondre les mots simplificateurs avec la complexité du réel, j'essaierai de m'en souvenir.