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Manuscrit zéro

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Depuis 1995, les livres de Yôko Ogawa sont traduits en français. Nouvelles, romans courts, ou plus longs ces dernières années, nous ont peu à peu révélé les questionnements de la romancière japonaise et la singularité de son imaginaire comme autant de transpositions du réel. Aujourd'hui, telle une pause formelle et dans une langue beaucoup plus immédiate, Manuscrit zéro s'impose au coeur de son oeuvre. Alors que la romancière travaille à un nouveau projet, elle note au jour le jour ce qui compose son quotidien fictionnel. A moins qu'il ne s'agisse de l'inverse : notant chaque jour la multitude d'histoires qui peuplent son imaginaire, Yôko Ogawa tente de trouver dans cette forêt d'images la tonalité de son nouveau roman ; elle tisse et conjugue les influences et les figures qui soudain l'interpellent, qu'elles soient issues de l'instant ou des tourbillons de sa mémoire, de rencontres bien réelles ou d'émotions enfouies. Selon ce motif se glissent entre ces pages le murmure d'un torrent dans une forêt profonde où prolifèrent des mousses délicates et délicieuses, une maison d'enfance impossible à décrire, une fête d'école où il s'agit de se faire passer pour une mère d'élève. Un concours de pleurs d'enfants et l'étrange destinée d'un touriste en retard. Des histoires courtes qui s'enchaînent comme autant de composantes de l'oeuvre de Yôko Ogawa, des histoires qui forment une mosaïque temporelle au sein de laquelle les individus, les lieux ou les situations vont chavirer, chanceler, pour rejoindre sous sa plume le monde si singulier de ses personnages.

236 pages, Paperback

First published August 5, 2010

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About the author

Yōko Ogawa

141 books5,611 followers
Yōko Ogawa (小川 洋子) was born in Okayama, Okayama Prefecture, graduated from Waseda University, and lives in Ashiya. Since 1988, she has published more than twenty works of fiction and nonfiction. Her novel The Professor and his Beloved Equation has been made into a movie. In 2006 she co-authored „An Introduction to the World's Most Elegant Mathematics“ with Masahiko Fujiwara, a mathematician, as a dialogue on the extraordinary beauty of numbers.

A film in French, "L'Annulaire“ (The Ringfinger), directed by Diane Bertrand, starring Olga Kurylenko and Marc Barbé, was released in France in June 2005 and subsequently made the rounds of the international film festivals; the film, some of which is filmed in the Hamburg docks, is based in part on Ogawa's "Kusuriyubi no hyōhon“ (薬指の標本), translated into French as "L'Annulaire“ (by Rose-Marie Makino-Fayolle who has translated numerous works by Ogawa, as well as works by Akira Yoshimura and by Ranpo Edogawa, into French).

Kenzaburō Ōe has said, 'Yōko Ogawa is able to give expression to the most subtle workings of human psychology in prose that is gentle yet penetrating.' The subtlety in part lies in the fact that Ogawa's characters often seem not to know why they are doing what they are doing. She works by accumulation of detail, a technique that is perhaps more successful in her shorter works; the slow pace of development in the longer works requires something of a deus ex machina to end them. The reader is presented with an acute description of what the protagonists, mostly but not always female, observe and feel and their somewhat alienated self-observations, some of which is a reflection of Japanese society and especially women's roles within in it. The tone of her works varies, across the works and sometimes within the longer works, from the surreal, through the grotesque and the--sometimes grotesquely--humorous, to the psychologically ambiguous and even disturbing.

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Displaying 1 - 5 of 5 reviews
Profile Image for Kevin.
319 reviews42 followers
May 26, 2018
Un vrai-faux journal dont la frontière entre le réel et l’imaginaire est floue – et c’est ça qui en fait toute la force. Yôko Ogawa nous mène par le bout du nez dans l’endroit où, semble-t-il, elle trouve l’inspiration pour ses écrits. Et c’est grandiose.
Avis complet : https://comaujapon.wordpress.com/2018...
Profile Image for Nanou.
245 reviews5 followers
February 11, 2013
Ce livre de Yôko Ogawa ressemble au premier abord à un journal de bord que tiendrait la narratrice, racontant le quotidien banal d’un auteur en mal d’inspiration. Et puis, soudain, ça dérape, il se passe des choses un peu extravagantes, on s’éloigne de la réalité, l’imaginaire de Yôko Ogawa se déploie, installant des ambiances bizarres et décalées.

Un des thèmes importants dans ce livre, c'est la solitude, la vraie, celle que l’on ressent au milieu des autres. A plusieurs reprises, la narratrice se mêle volontairement à un groupe de personnes avec lesquelles elle ne partage rien, par exemple lorsqu’elle essaye de se faire passer pour une mère lors d’une fête scolaire. Elle voudrait tant trouver un rôle, avoir une position reconnue dans la société mais sa supercherie reste vaine.
D’autres fois, le récit s’envole vers des expériences poétiques, à la limite du surnaturel, comme lorsque la narratrice, qui a reçu la visite de l’assistant social qui la suit régulièrement, se compare à une petite crevette installée dans une éponge, une incursion magique dans un monde animal magique, et pourtant bien réel.
A lire pour découvrir d’autres facettes de Yôko Ogawa, à condition de la connaître déjà à travers son œuvre romanesque. Un livre dont j’ai du mal à parler tant il est riche et surprenant, profond et décalé.
Profile Image for Nathalie.
176 reviews11 followers
September 16, 2011
Légère déception que ce dernier recueil de nouvelles de Yoko Ogawa. Bien que l'approche soit intéressante--Ogawa racontet-elle le quotidien d'une auteure japonaise fictive ou ces récits sont-ils autobiographiques?--on n'y retrouve pas la prose poétique qui caractérise Ogawa. La plupart des nouvelles nous laissent sur notre faim, et j'ai eu de la difficulté à me motiver à terminer Manuscrit zéro.

Certaines nouvelles sont tout de même touchantes, et le personnage principal est parfois très émouvant avec son immense solitude, ses rêves de maternité irréalisés, sa relation avec sa mère malade. Mais Manuscrit zéro n'est pas à la hauteur des écrits de Ogawa.
Profile Image for Charlie.
66 reviews1 follower
April 21, 2026
Ce journal un peu particulier brouille les limites avec la fiction, et Yoko Ogawa, encore une fois, réussit à nous emporter dans sa plume si particulière, clinique et précise, sur la thématique même de l'acte d'écrire un roman.

La narratrice, puisqu'on ne peut savoir avec exactitude si elle est aussi l'autrice du Manuscrit Zéro que l'on tient entre nos mains, propose des réflexions non pas journalière, mais des moments de réflexions sur l'avancée de son manuscrit. Elle nous narre les événements quotidiens qui pourraient lui inspirer une intrigue, ou ses pensées et sur quoi elle a médité. Parmi toutes ses expériences, elle se tente, se cherche et essaie de trouver une substance à tous ce qu'elle fait, pourtant, elle continue à ne pas savoir et à faire face au syndrome de la page blanche que tout écrivain devra outre-passer un jour.

D'expérience personnelle, et pour ambitionner publier un roman un jour, j'ai eu l'impression de connecter avec la narratrice notamment sur la question de l'identité : écrire un roman est une expérience en soi pendant laquelle nous nous découvrons des forces, des passions ou des connaissances à approfondir que nous ignorons avant de passer à l'acte de la recherche de thèmes ou de sujets qui seront au cœur des romans que nous produisons. Ainsi, sans nous connaître parfaitement, par sérendipité ou par nos choix guidés par le cœur ou l'esprit, nous avançons sur un chemin qui nous apporte toujours des leçons qui nous seront propres et qui nous font mûrir.

Je terminerai cette critique sur un point un peu plus personnel : la narratrice évoque avoir fait un voyage sur Aix-Marseille, et je me trouvais exactement en ces lieux pour lire Manuscrit Zéro. Cela relève de l'anecdote, mais me fait sourire, puisque les récits de Yoko Ogawa, à l'exception du Musée du Silence (à ma connaissance) possèdent tous une sorte d'aura maritime, sinon d'un espace liminal nous conduisant dans l'épurement du vide et du silence que la mer représente souvent.

Manuscrit Zéro représente l'œuvre la plus expérimentale de toutes celles que j'ai pu lire de la plume de Yoko Ogawa, à mon plus grand plaisir et confirme encore que cette autrice est un véritable alien littéraire dont on apprécie pouvoir être suffisamment contemporain pour en apprécier la substance.
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