Médiocre : de qualité moyenne, qui tient le milieu entre le grand et le petit. La normalité, version péjorative, avec un arrière-goût de nullité. Chez Guillaume Meurice, la médiocrité, ça remonte à loin. Dès l'école, il considère 10/20 comme la note parfaite, le "juste ce qu'il faut" qui a la poésie et la fragilité d'une barre effleurée par un sauteur en hauteur. Depuis, il s'est rendu compte qu'il n'y a rien de plus émancipateur que la médiocrité : elle permet de faire ce qui vous plaît, pour le simple plaisir de le faire, pour la beauté du geste. Elle est un refus de la hiérarchie et un pied-de-nez à la quête de la performance.
Ça me soûle de lui mettre la note qu'y a sur la couverture, ça donne l'impression que j'avais tout prévu depuis le début. Mais non, je pensais qu'on allait plutôt atterrir autour de quatre étoiles donc j'ai été assez déçu.
J'aime beaucoup Guillaume Meurice à la radio, je suis souvent d'accord avec lui, parfois pas du tout mais c'est toujours drôle, plein de bonne humeur et avec une légèreté contagieuse. Et Petit éloge de la médiocrité est souvent drôle et toujours pareil, je suis en accord avec un certain nombre de points et en désaccord (parfois total) avec beaucoup d’autres… mais le truc, c’est que je suis en désaccord avec la thèse centrale du livre, comme quoi on serait tous médiocres et ça irait beaucoup mieux si on l’acceptait.
Je pense que j’aurais été plus réceptif si l’essai avait une structure. On passe vraiment d’une idée à l’autre, sans transition, sans introduction, sans conclusion, d’un chapitre à l’autre mais même au sein d’un chapitre parfois. Ce manque d’ossature nuit à l’argumentation, d’après moi.
Ce qui m’a beaucoup plus gêné, c’est que souvent, les avis exposés (que je les partage ou non) sont soutenus à grand renfort de sarcasme et de mauvaise foi. Par exemple le chapitre sur les coachs en développement personnel alors qu’on a exactement la même opinion à leur sujet.
Et j’ajouterais que je lui découvre une vision du monde étonnamment déprimante et qui me semble en totale contradiction avec ce qu’il porte. Il conspue le bonheur, l’espoir, glorifie la flemme, défend qu’il faut arrêter de penser qu’il existe des êtres exceptionnels… alors que toutes les semaines, dans La dernière, il invite des personnes hyper inspirantes, exceptionnelles, très travailleuses, très engagées et pleines d’espoir. Ou qui donne envie d’espérer en tout cas.
Ça, ça ressemble plus à ma vision des choses : on a tous et toutes le potentiel de ne pas être médiocres, des occasions de briller, de se révéler, on est tous et toutes des étoiles. Elles peuvent être éteintes, elles peuvent être discrètes, masquées, ou éclatantes mais tout le monde a ce potentiel. Donc voyez, on se retrouve avec Meurice sur l’absurdité et les dangers de l’individualisme et sur la force du collectif mais ça ne sera pas articulé pareil.
Ce qu’on ne peut pas lui enlever, c’est que le livre donne matière à réfléchir, je regrette juste que sa contribution soit aussi superficielle. Mais d’un autre côté, il est cohérent, c’est un livre qui pratique ce qu’il prêche : on a le droit d’être médiocre et c’est pas grave.
Je voulais mettre 2,5 étoiles pour respecter l'esprit du livre, mais c'est pas possible sur goodreads. Je pense que ça en dit beaucoup sur notre #société
Abandonné aux deux tiers parce que ça fait très "I am 14 and this is really deep". ce sont des bouts de réflexions amenées de manière rigolotes mais qui restent trop superficielles. ça marche bien pour des sketch mais pas trop dans ce format
Petit essai de Meurice à un moment où ça ne lui fait pas de mal de booster un peu ses ventes. Très facile d'accès et simple à lire, avec des moments de rire IRL, on aime !
Parce que j’aime bien le camarade Guillaume. J’ai trouvé que c’était un peu trop facile. Étant moi-même fervente défenseuse de la médiocrité, du passable, du bof, j’ai trouvé le manifeste un peu convenu.
On se marre tout de même, à mettre urgemment entre les mains des performants, des qui se dépassent, des qui ont du mérite … ça peut leur faire du bien.
J'ai trouvé certains passages très intéressants, mais globalement, je n'ai pas été transcendée par cette lecture. Pourtant, j'apprécie énormément le travail de Guillaume Meurice. Le tout m'a paru un peu brouillon.
Okay bah j'ai pas vraiment compris le but je crois x) Guillaume Meurice, que j'aime d'amour au demeurant, raconte des trucs. Essentiellement il râle. Il prescrit une approche. C'est pas... c'est pas exactement drôle. Ni révélateur. C'est un peu bof quoi, ce qui est assez meta, j'en conviens. Voila voila.
« C’est la clairvoyance sur notre médiocrité qui nous fera peut-être cesser de vouloir tout dominer. C’est cette capacité à nous savoir faillibles qui nous permettra peut-être d’imaginer des structures ne nuisant pas aux autres espèces ni à la nôtre, d’arrêter de violenter ce qui ne nous ressemble pas. » *****
Cette phrase pourrait résumer le propos de ce « Petit éloge de la médiocrité ». Cet éloge qui peut sembler a priori étrange commence par un mail reçu par Guillaume Meurice, mail émanant d’un certain Philippe et le traitant ni plus ni moins de nul et de… médiocre. Face à cet inconnu qui a « souhaité ardemment et avec urgence me signifier que j’étais médiocre », Guillaume Meurice s’incline : « Philippe a tapé dans le mille. <…> Je suis médiocre. ». Le ton est donné. Loin de l’être, ce livre court aborde des sujets sérieux, écologiques et sociétaux notamment, et questionne quelques grands principes de notre société (course effrénée au profit, compétition permanente, verticalité toxique, omniprésence de la validation sociale, glorification du travail des masses au profit de quelques-uns).
Cela pourrait sembler rébarbatif mais détrompez-vous… Car Guillaume Meurice a le sens de la formule et je me suis surprise à (sou)rire plus d’une fois alors que les sujets en eux-mêmes sont loin d’être drôles. Quelques exemples parmi d’autres…
« On est tous les Ch’tis à Mykonos de quelqu’un » « C’est en pensant soigner l’angine de poitrine que l’on a inventé le Viagra. Petit raté pour l’homme mais grand bond pour les sexagénaires. » (à propos d’Henry Ford, un des plus fervents antisémites de son époque) « à croire qu’il faille séparer l’homme du joint de culasse » « Si le ridicule tuait, TikTok serait un grand funérarium. »
« Petit éloge de la médiocrité » remet les choses en perspective et nous rappelle que contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, l’échec n’est pas grave. Il nous fait également prendre conscience du joug que la société (et nous-mêmes) fait peser sur nos épaules : il n’est pas nécessaire d’être meilleur que les autres et cette compétition permanente et cet utilitarisme exacerbé ne font que nous détruire.
Je termine par cette jolie transformation d’une célèbre phrase de Jean-Paul Sartre… « L’enfer, c’est soi-même lorsqu’on se laisse pourrir la santé mentale par ce qu’on imagine que les autres pensent de soi. »
Un livre qui a le mérite d’être à la fois intelligent, irrévérencieux, interpellant et drôle et que je vous conseille ;)
La thèse de Guillaume Meurice se résume à ça : comparés aux autres animaux, dans la lignée des Dieux grecs et romains et parce qu'il n'existe pas de mérite, nous sommes tous fondamentalement médiocres et nous devrions en être fiers.
Les hiérarchies, tout comme vouloir sortir de sa médiocrité, donnent prime à une compétition toxique. Prenons notre temps, ennuyons-nous, "dépoussons" nos limites, arrêtons de nous importer avec le regard des autres. Restons médiocres, apprécions la vie telle qu'elle est. Après tout, nous finirons tous oubliés d'ici à quelques dizaines d'années, enterrés comme ceux qui sont venus avant nous.
Le lien entre le propos et la médiocrité est parfois ténu, mais peu importe. Le livre est plein de traits d'humour comme Guillaume Meurice sait les faire. Une lecture facile et agréable - Guillaume est-il si médiocre qu'il veut le croire ? ;-)
Vingt brillantes chroniques sur la médiocrité… Ou plutôt, si j’ose, un regard dans le miroir de la médiocrité. Pourquoi médiocre (qui voulait initialement dire moyen) est il devenu « mauvais » ? Pourquoi devrions-nous nous croire supérieurs à cette moyenne ? Quel est ce culte de la performance que notre société nous impose, nous fait miroiter ? Faut-il être « mieux » pour être heureux ?
Et qui nous y pousse ? L’économie, Instagram, notre miroir, une « naturelle » ambition, Dieu, nos chef-fe-s, le sport, les coachs, nos complexes, le capitalisme (oui, c’est bien du Guillaume Meurisse)…
Le médiocre passé à la moulinette, c’est hilarant, questionnant et brillant (oui, zut, c’est mieux que médiocre. Déso, Guillaume, c’est loupé!)
Un molt bon llibre, escrit amb continguts sòlids, amb base filosòfica i que et fa pensar. Potser només li podem criticar que fa servir un sentit de l'humor molt habitual a frança, regirant arguments i sient més que irònic, sarcàstic, però com que ho fa de forma tant constant en tot el llibre, arriba a fer-se repetitiu. Has d'espigolar, entre broma i sarcasme, els continguts "seriosos" de l'obra. Però a mida que els vas trobant, en treus un profit considerable.
Guillaume Meurice nous prouve par l’exemple qu’il est un expert en médiocrité. Si vous appréciez les raccourcis, les réflexions à l’emporte pièce et les caricatures grossières vous serez servis.
Il est tellement imprégné d’idéologie gauchiste et donneur de leçon qu’il ne nous reste qu’une envie en tant que lecteur : terminer la pénible lecture de son œuvre pour lire ceux qui ne se complaisent pas dans la médiocrité justement.
Très drôle, tout en finesse et criant de vérité. Des métaphores qui feraient des belles punchlines politiques. En partant de l’anecdote du mail d’un auditeur adressé à Guillaume Meurice et qui le qualifie de « médiocre », celui-ci lui cloue le bec sur deux-cents pages faisant l’éloge de ladite médiocrité. Bref, lisez Meurice sans modération !
Superbe petit essai à la fois humoristique, philosophique et de développement personnel. L'auteur y combat tous ces maux de notre société ultra capitaliste qui pousse à. l'excellence pour mieux nous asservir. Acceptons d'être médiocres pour refuser d'être rentables à tout prix, acceptons d'être inutiles pour redevenir humains.
Je me suis battu•e avec moi-même pour le terminer, voir si ça allait quelque part… pour moi-même, la réponse est non. On n’est même pas sûr du médiocre, on est sur du vide qui sert à peine à prêcher des convaincus… Et pourtant, j’aime ses chroniques. Mais je ressors de ce bouquin avec un respect amoindri de sa personne.
Un début en fanfare, drôle et percutant, mais une fin un peu longue, répétitive. Et comme une injonction contradictoire : libérez-vous mais c'est la société qui est responsable. Ma note est donc moyenne, l'auteur devrait être ravi !
Court, efficace, sans prétention (et heureusement!). On passe un bon moment, on se marre bien et on relativise pas mal. Point bonus parce que j’aime le sarcasme de Guillaume Meurice