Tananarive, c’est l’histoire d’Amédée, un notaire à la retraite perclus de rhumatismes qui prend plaisir, les soirs, à écouter son meilleur ami, lui raconter sa jeunesse trépidante passée aux quatre coins de la Terre. Pour lui qui se trouve coincé dans un quotidien qui ne le fait pas rêver, les histoires de Joseph sont une échappatoire dont il raffole.
Et puis, un jour, Joseph meurt. Pour Amédée, cela signe le début d’une quête initiatique. Avec le souvenir de Joseph, il décide de partir dans un vieux tacot, avec quelques exemplaires des aventures de Pinpin, la BD préférée de Joseph, à la recherche d’un héritier de Joseph.
Les choses qu’il va vivre détonnent dans tout ce qu’il a toujours connu. Il fait la rencontre de personnages cocasses, certains drôles, d’autres attachants et finalement, il va apprendre beaucoup de choses. Non seulement sur son meilleur ami, mais également sur lui-même. Il va dépasser ses limites et sortir de la carapace dans laquelle il étouffe.
Quand on lit le parcours d’Amédée, on sourit beaucoup. On est attendri. On partage sa peine et en même temps, son espoir de trouver quelque chose qui va redonner du sens à sa vie. On ressent sa solitude et son désarroi face à la vie qu’il doit continuer à vivre, sans celui qui le fait sourire et rêver. On comprend qu’en fait, Amédée, c’est le petit enfant qu’on a tous été un jour. C’est le symbole de l’innocence qu’on a eue et qui s’est perdue face à la vie. Amédée symbolise la soif d’aventures à la Indiana Jones qu’on a tous ressentie quand nous étions jeunes et fougueux.
C’est aussi le symbole de la conciliation avec la réalité. Des concessions qu’on fait tous les jours et qu’on continuera certainement à faire.
Enfin, la fin de Tananarive m’a émue. Elle termine la quête d’Amédée en lui offrant une conclusion inattendue mais mignonne. Elle met en place un nouveau cycle pour lui. Une page qui se tourne mais une autre qui s’ouvre car finalement, la vie, c’est ça; des fins et des débuts.
Au final, j’ai pris plaisir à suivre ses pérégrinations. J’ai ressenti une empathie pour Amédée et son fantôme d’ami et j’aurais voulu encore les suivre longtemps car la fin de ce tome est finalement un peu trop ouverte à mon goût. Au fil de ses 120 pages, Tananarive sonne comme une fable et une belle ode à l’amitié et aux rêves. J’aime!