2.5/5
Franchement, je sais pas trop quoi en penser.
Déjà, je vais commencer en parlant du vocabulaire. Le vocabulaire est colonial, raciste et, en général misogyne.
Soit, on me dit que l'œuvre se veut une critique au colonialisme et au racisme, je le vois. Et je trouve que c'est pas si mal exécuté dans le récit. Si ce vocabulaire n'avait été présent que dans les dialogues ou pensées des personnages, je n'aurai rien dit. Mais les descriptions et la narration [à la 3e personne mais centrée sur Purcell] en sont truffées. Les femmes sont objectifiées tout du long. Et même si on suit Purcell dans la narration (on est pas dans sa tête mais on suit ses 5 sens), j'ai trouvé ces descriptions des tahitiennes [voire des tahitiens] souvent difficiles à lire, et je ne sais pas si l'usage du vocabulaire utilisé dans la narration était justifié.
Pour ce qui est des Tahitiens en général, je ne sais d'ailleurs pas si leur représentation était correcte, ne connaissant pas particulièrement grand chose à leur sujet.
Cependant, j'ai eu l'impression que plus le récit avançait, moins ce vocabulaire était présent. Je ne sais pas si j'ai abandonné ma vigilance en cours de route ou si, effectivement, la narration se faisait plus douce avec les femmes à mesure que le nombre de -machos- d'hommes sur l'île diminuait. La dynamique s'inverse plus ou moins vers la fin, lorsque les femmes ont largement la majorité numérique. Cependant elles restent, d'une certaine manière, au "service" d'un homme tout du long. Les hommes de l'île sont paternalistes (Purcell compris) et le narrateur infantilise beaucoup les femmes [tahitiennes], qui sont à mon avis pour la plupart très jeunes mais que les britanniques prennent pour femme et exigent d'elles d'en être.
En tout les cas, les femmes étaient malgré tout les personnages les plus intéressants et, à mes yeux, les plus importants du roman. Elles sont intelligentes. Et surtout elles ne sont pas passives. Elles ne se plient pas nécessairement aux volontés des hommes, n'hésitent pas à s'organiser entre elles vers un but commun et sont alertes.
Purcell, lui, est exaspérant. "Humaniste" mais faut pas trop lui en demander. Il ne prend jamais fermement position. Il n'est pas d'accord pour exclure les Tahitiens des votes/partage des femmes/partage des terres, etc, mais ne fait pas beaucoup plus que dire "je ne suis pas d'accord". Pire, il considère que la violence des opprimés envers leurs oppresseurs, même si il l'admet légitime, ne devrait pas s'exprimer. C'est navrant. Et comme les Tahitiens le lui reprochent : il est lâche. Choisir de ne pas se positionner pendant cette guerre c'est un luxe qu'il s'est octroyé tout seul.
Je dois cependant admettre que les personnages, surtout les hommes, (et les femmes aussi mais dans une moindre mesure) sont solides. Ils ont leur individualité et c'est ce qui fait tout l'intérêt du roman.
Malgré tout, ce livre est bien écrit. J'ai trouvé que le rythme est bon et que c'était fluide. Pour être honnête, bien que les chapitres soient longs et qu'il y ai quelques longueurs je l'ai trouvé captivant.
Ce qui m'étonne avec ce livre, c'est que je ne l'aime pas particulièrement, mais en même temps j'ai aimé le lire.