Sur les rives du continent clair-obscur, dans une ville ocre aux matins bleus, une grande maison jaune. Le ressac de la mer, les rumeurs de la rue adjacente et les chants d’oiseaux pourraient en faire un paradis. C’est d’ailleurs ainsi que la voyait Sali, veuve de l’ancien propriétaire, qui vit là depuis sept ans, lorsque ses multiples fugues hors du continent ne la font pas dériver ailleurs. Amère désillusion cependant : alors qu’elle imaginait y trouver un enracinement possible, un lieu, enfin, d’appartenance, la femme vieillissante est progressivement rejetée par sa belle-famille. Dans cette maison où elle pensait se reconstruire, son être entier commence à s’émietter. Prisonnière d’un espace immense, d’une rue qui semble l’observer, d’un flot d’images télévisées et de pensées qui l’assaillent, Sali suffoque et ne sait plus que faire. Partir ? Mourir ? Se résigner ? Non, il ne faudrait jamais se résigner dans un monde où, malgré le règne des apparences, la folie du sang et la médiocrité si bien partagée, des hommes et des femmes tentent, à leur manière, de survivre. Récit aux allures de monologue intérieur, Cacophonie plonge le lecteur au coeur de la détresse et des pensées d’une femme en butte à la solitude mais aussi aux prisons qu’elle se construit. Y reviennent, lancinantes, la douleur de l’abandon maternel et la difficulté de la quête de soi. Un texte âpre mais lucide et nécessaire sur le monde contemporain, l’Afrique et la construction de soi. Un texte dont les pages vibrent de la violence du cri longtemps contenu mais qui, cependant, n’abandonne pas l’espoir qu’a chacun de trouver, un jour, sa place dans le monde, le « canari où se reposer »
Ken Bugul (born 1947 in Ndoucoumane) is the pen name of a Senegalese Francophone novelist, whose real name is Mariètou Mbaye Biléoma. The name derives from the Wolof language, in which it means "one who is unwanted."
Bugul was raised in a polygamous environment. Her father was an 85-year-old marabout. After completing her elementary education in her native village, she studied at the Malick Sy Secondary School in Thiès. After a year in Dakar, she obtained a scholarship which allowed her to continue study in Belgium. In 1980 she returned to her home, where she became the 28th wife in the harem of the village marabout. After his death, she returned to the big city. From 1986 to 1993, she worked for the NGO IPPF (International Planned Parenthood Foundation) in Nairobi, Kenya; Brazzaville, Congo; and Lomé, Togo. She subsequently married a doctor from Benin and gave birth to a daughter. Today she lives and works as a dealer of arts and crafts in Porto-Novo, Benin.
Bugul's literary reputation has varied from place to place. She was awarded the Grand prix littéraire d'Afrique noire for her novel Riwan ou le Chemin de Sable in 2000, but is better known among American readers for her novel The Abandoned Baobab, which is her only book to date to have been translated into English. This autobiographical work deals with and critiques African colonialism. As of late, her status among American feminists has diminished somewhat, as many have critiqued her for marrying a holy man who already had over 20 wives. This is perhaps undeserved, and is a good example of ideologies clashing, as the criticism is the result of American feminists attempting to hold Bugul up to the standards of American feminism, which is worlds away from her Senegalese experience.