Clérambault (1872-1934) reçoit des femmes dont la sexualité est en relation avec les tissus les plus divers et leur maniement. Ces femmes lui sont généralement amenées par la police car elles ont été surprises dans un grand magasin à voler de la soie et à se masturber sans avoir eu la force de résister avant même d’être rentrées chez elles. Clérambault va les écouter avec passion car lui-même est un amoureux du tissu et des drapés.
Je suis fort peu habituée à ce type de lecture et ce qui m'a d'abord intéressée ce sont les fragments de vies de femmes au début du XXe siècle. Ensuite, j'ai fini par être convaincue que la passion érotique des étoffes, qui ne semble toucher que des femmes, était très différente du fétichisme, qui lui touche les hommes, et il m'a semblé que l'auteur ne portait pas de jugement de valeur. Lui-même était très attiré par les étoffes, il en parle en connaisseur qui se rassure quant à sa normalité. Il a publié des études sur les drapés arabes, antiques et un article sur le tissage comme mode de travail pour les malades mentaux.