Au pied de la vieille ville de Tanger se trouve la place du Marché, le Grand Socco. C'est là, où grouille une foule pittoresque, que vient Bachir, le petit bossu à la voix d'or. Quel âge a Bachir ? On ne peut le dire. Douze ans, quatorze ans, peut-être. Mais il parle. II raconte des histoires belles et singulières comme Les Mille et Une Nuits. Allah l'a doué d'une parole enchantée. Lady Cynthia, Lord Percival, le bon Abd-el-Meguid Chakraf – qui veut le bonheur de tout le monde –, M. Evans, le Prophète des Bêtes Blessées, la pauvre Léa, l'extravagante Mme Elaine, et le marchand d'or et bien d'autres encore défilent tout au long des discours de Bachir qui raconte leurs aventures étonnantes avec une verve et une poésie tout orientales. Mais le personnage favori de Bachir, c'est un petit âne blanc si mystérieux, si touchant que l'on se demande si par hasard ce gentil animal n'aurait pas une âme. Lorsque, sous les yeux émerveillés de Nahas l'usurier, de Sayed le lecteur public, de Zelma la Bédouine et de tous les autres qui l'écoutent inlassablement, Bachir grimpera sur ce petit âne blanc pour aller visiter le monde, personne ne doutera plus de la véracité de ses histoires.
Joseph Kessel was a French journalist and novelist. He was born in Villa Clara, Entre Ríos, Argentina, because of the constant journeys of his father, a Lithuanian doctor of Jewish origin. Kessel lived the first years of his childhood in Orenburg, Russia, before the family moved to France. He studied in Nice and Paris, and took part in the First World War as an aviator.
Kessel wrote several novels and books that were later represented in the cinema, notably Belle de Jour (by Luis Buñuel in 1967). He was also a member of the Académie française from 1962 to 1979. In 1943 he and his nephew Maurice Druon translated Anna Marly's song Chant des Partisans into French from its original Russian. The song became one of the anthems of the Free French Forces.
Joseph Kessel died in Avernes, Val-d'Oise. He is buried in the Cimetière de Montparnasse in Paris.
Bachir un jeune mendiant bossu raconte des histoires à un public de rue. Un peu comme dans les mille et une nuit il raconte chaque jour une nouvelle histoire qu’il a vécu à Tanger à l’époque de l’après guerre vers 1950, ville alors internationale ouverte à tous et à tout les traffics. Très beau texte. Très émouvant comme souvent avec Kessel quand il parle des hommes et de leur destinée.