༄˖°.ೃ࿔*:・ 4 ☆
🌷 « Un loup disait qu'on l'avait volé.
Un renard, son voisin, d'assez mauvaise vie,
Pour ce prétendu vol par lui fut appelé.
Devant le singe il fut plaidé,
Non point par avocat, mais par chaque partie,
Thémis n'avait point travaillé
De mémoire de singe à fait plus embrouillé.
Le magistrat suait en son lit de justice.
Après qu'on eut bien contesté,
Répliqué, crié, tempêté,
Le juge, instruit de leur malice,
Leur dit: «Je vous connais de longtemps, mes amis,
Et tous deux vous paierez l'amende;
Car toi, loup, tu te plains, quoiqu'on ne t'ait rien pris
Et toi, renard, as pris ce que l'on te demande.»
Le juge prétendait qu'à tort et à travers
On ne saurait manquer, condamnant un pervers. »
Le Loup Plaidant Contre le Renard Par-Devant le Singe
🌷 « Mortellement atteint d'une flèche empennée,
Un oiseau déplorait sa triste destinée,
Et disait, en souffrant un surcroît de douleur:
«Faut-il contribuer à son propre malheur!
Cruels humains! Vous tirez de nos ailes
De quoi faire voler ces machines mortelles.
Mais ne vous moquez point, engeance sans pitié:
Souvent il vous arrive un sort comme le nôtre.
Des enfants de Japet toujours une moitié
Fournira des armes à l'autre. »
L’Oiseau Blessé d’Une Flèche