Les persécutions, qui n'étaient guère systématiques, n'ont pas toujours été le fait de l'État romain. Jusqu'en 250, elles ne furent que ponctuelles et locales, provoquées le plus souvent par une opinion publique hostile à une minorité religieuse refusant ses valeurs et son mode de vie : des chrétiens sont agressés lors de troubles populaires ou dénoncés aux autorités qui les condamnent sur le simple aveu de leur christianisme, religion non autorisée.
Le succès du christianisme le fait bientôt apparaître comme un danger politique, une menace pour l'unité de l'empire. Aussi, après 250, plusieurs empereurs tentent de stopper son expansion en portant des édits dont l'application fait de nombreuses victimes, en particulier lors de la grand persécution de Dioclétien. Lorsque Constantin donne la liberté d'exister au christianisme, au IVe siècle, les persécutions ne cessent pas tout à fait : les dissidents, les "hérétiques" font l'objet des rigueurs du bras séculier.
Cette histoire des persécutions est celle des martyrs, des chrétiens qui ont témoigné de leur foi, souvent jusqu'à la mort ; elle est aussi celle de chrétiens moins héroïques, qui n'ont eu ni le même courage ni la même conviction. Elle s'appuie sur de nombreux textes de l'époque, largement cités.