Un homme et une femme qui ne se connaissent pas, un tête-à-tête de deux heures dans le TEE Paris-Bruxelles, des vies qui chancellent... Sait-on qui on est ? Peut-on quitter sa vie, sa femme, son jardin, pour une inconnue qui fait rêver ? Peut-on abandonner sur un coup de tête la quiétude trompeuse des renoncements qui ne disent pas leur nom ? Où est le courage ? Où est la lâcheté ? C'est à ces questions dont les réponses, quelles qu'elles soient, bouleverseront sa vie, que l'héroïne du nouveau roman de Jacqueline Harpman va tenter de répondre. Cornélie rentre chez elle, à Bruxelles, après l'enterrement de son ex-mari. Elle n'éprouve pas de chagrin : ils n'ont pas été heureux et leur divorce est déjà lointain. Au wagon-restaurant, on installe en face d'elle un homme distingué, " épouse au foyer, ulcère à l'estomac ", pense-t-elle distraitement, toute à ses souvenirs. La conversation s'engage, d'abord réservée, puis très vite, follement vite, ils découvrent qu'ils sont faits l'un pour l'autre. Pendant deux heures, ils se racontent, ils se dénudent, ils oublient la pudeur et la réserve. Ils sont entre deux villes, ils voyagent sans bagages et ils ont oublié qu'on arrive toujours. Vont-ils oser ? Cornélie est-elle lâche ou raisonnable ? Et si le temps tue la passion, faut-il tuer ses passions ?
Jacqueline Harpman was born in Etterbeek, Belgium, in 1929. Being half Jewish, the family moved to Casablanca when the Nazis invaded, and returned home after the war. After studying French literature she started training to be a doctor, but could not complete her medical studies when she contracted tuberculosis. She turned to writing in 1954 and her first work was published in 1958. In 1980 she qualified as a psychoanalyst. She had given up writing after her fourth book was published, and resumed her career as a novelist only some twenty years later. She wrote twelve novels and won several literary prizes, most recently the Médicis for the present novel. She was married to an architect and had two children.
Una mujer y un hombre se conocen en un tren que va de París a Bruselas, donde la protagonista ha asistido al funeral de su exmarido, y si ella resiste a la atracción inmediata no es por apego a su ex, del que lleva años separada, sino por algo tal vez más simple o más complejo. Qué es ese algo que la lleva tanto a dejarse ir como a resistir es el asunto de la novela.
El punto de vista, tratándose de una obra de Harpman, es asumidamente femenino. Es la protagonista quien da cuenta del encuentro y en paralelo indaga en su intimidad para sacar a luz tanto los impulsos que la llevan a los brazos del desconocido que tiene en frente como los que la frenan, en un notable ejercicio de lucidez.
De qué poca cosa depende un encuentro, afirma él, y pasa a contarle a la mujer que antes de que el camarero la instalara a ella en la mesa que él ya ocupaba, había sentado a un desconocido que decidió cambiarse enseguida de lugar porque reconoció a un grupo de amigos un par de mesas más allá. «Bendigo a esa gente, dice, y si conociera su dirección les mandaría flores todos los años en esta fecha para celebrar el aniversario de esta locura».
Sous le charme, ella duda sin embargo. ¿Por fidelidad a la que ha sido hasta entonces, por miedo? La novela es de 1998. Tal vez cargue con un remanente de la ideología del 68, la que sitúa el encuentro amoroso como un posible punto de ruptura con la normalidad más o menos anestesiante en que pueden encontrarse sumidas las personas o, para decirlo con un término que la novelista no utiliza, con la alienación a la que se habían dejado arrastrar. El amor que puede romper cadenas, la fuerza inefable del O que sera, que sera....
Mon deuxième Jacqueline Harpman lu et je comprends désormais que c'est son style même qui se veut profond, lent et réfléchi.
Si on veut du dynamisme et de l’action, ce n’est pas avec ses récits, et encore moi celui ci, qu'on en aura mais si ce que vous cherchez c’est de l'introspection, des retours dans le passé et de la découverte de soi, alors L'orage rompu répondra à vos attentes. Harpman ce n’est pas juste l’arrivée, c'est le voyage et les réflexions.
J'adore son style d’écriture et je pense que je pourrais lire sa liste de courses. C’est lyrique, poétique, mélancolique... bref, les -iques. Toutefois, ce style peut aussi bien rendre la lecture belle qu'il peut la rendre laborieuse. Dans ce livre, on se perd un peu dans les meandres de l’esprit de Cornélie, j’y étais bien par moments mais par d’autres j’aurais aimé en sortir et voir si le train approchait Bruxelles.
J'ai beaucoup apprécié le retour dans le passé, le TEE Paris-Bruxelles avec son wagon bar où il est normal de manger des plats de chefs et de boire du bon vin (et pas les sandwiches à 10 euros), les références d'antan et les coutumes de nos aînés... ce livre c’était comme écouter ma grand mère me conter son passé.
La vie de lectrice est pleine de rencontres imprévues et improbables. Aujourd'hui j'ai croisé la plume de Jacqueline Harpman et ce fut une très belle rencontre. Cornélie aussi fait une très belle rencontre. En ce jour de novembre elle rentre sur Bruxelles. Elle revient de l'enterrement de son ex-mari. Au wagon-restaurant il ne reste qu'une seule place .. En face d'elle un homme en complet gris 3 pièces attaché-case. L'improbable surgira t'il? Rien d'original à priori, un homme, une femme, un train, une complicité qui s'établit. Mais voilà le talent de Jacqueline Harpman est là et le charme opère.Le propos léger et pétillant se fait précis et percutant et fait mouche. Une très belle réussite