Dit boek, waar ik bij toeval op stuitte, voerde me terug naar mijn studie Franse taal- en letterkunde, maar ook naar de zomers die ik als kind in Frankrijk doorbracht. Net als 'The discovery of France' van Graham Robb is dit een boek dat ik nog vele malen zal herlezen, of in ieder geval bepaalde hoofdstukken eruit zoals 'Un voyage le long de la Vézère'. Verplichte kost voor al die Nederlanders die beweren dat Frankrijk mooi is, alleen jammer dat er Fransen wonen. Het zou beslist in het Nederlands vertaald mogen worden, alleen al daarom.
Dans "Le Dépaysement" Jean-Christophe Bailly se demande ce que c'est que la France, et se le demande sur le terrain, de voyages en promenades. Enseignant à l'Ecole Nationale Supérieure de la Nature et du Paysage, il sait lire les lieux, révéler leur histoire et leur esprit. Il est passionnant de le suivre sur le terrain, et troublant de constater — d'un point de vue tout à fait subjectif — la justesse de son projet. Le voilà qui mentionne nombre de lieux qui jouent un rôle important dans ma mémoire personnelle, à moi qui me sens si incurablement français, et qui consacre précisément un chapitre entier au bled picard d'où je tiens mon nom de famille. Comment n'être pas impressionné par l'acuité, la lucidité de son projet ? Il s'agit ici d'une France vue, vécue, non d'une vue de l'esprit, d'une essence plus ou moins platonicienne qui permettrait de trancher de ce qui est français et de ce qui ne l'est pas. Projet qui m'est fort sympathique. J'ai du mal par contre à adhérer à la conception quelque peu torturée de l'écriture qu'assume Jean-Christophe Bailly. Il dit son admiration pour Modiano, possesseur du chant de la langue, et se plait à mettre ses pas dans les pas de Stendhal, l'observateur cinglant. Mais ses propres phrases, fort longues et trouées de parenthèses, mettent volontiers en scène la recherche du mot juste, et il n'est pas rare que dans des pauses au demeurant succinctes, Bailly ne mette en scène l'état d'avancement de son projet. Il est poète pourtant, et homme de théâtre. Bon sang, écris, mon gars ! Il y a tant de notes justes sous ta plume. Laisse-les chanter.
Qu'est ce qui fait un pays? Qu'est ce qui nous relie à un territoire? Texte magnifique, personnel et universel sur le lien intime à son identité. En ces temps de repli sur soi et de triomphe de la xénophobie quel délice !