Les équipes pédagogiques dont il est question dans ce livre étaient persuadées qu'il fallait transformer radicalement le système scolaire pour contrevenir à la reproduction sociale et il·elle·s l'ont fait ! Véritable terreau d'inventions éducatives, relationnelles, institutionnelles, ces expériences ont beaucoup à nous apprendre aujourd'hui. Notamment au regard des pratiques artistiques coopératives et de co-création qui partagent avec elles un désir et des manières de faire, comme celui de la transformation sociale, la co-gestion, l'émergence de commun et la création collective. Le livre se construit dans un va-et-vient entre des témoignages et entretiens menés auprès des acteurs et actrices de cette histoire et des éléments de contextualisation et d'analyse ouvrant sur les pratiques artistiques de co-création. Figurent dans l'ouvrage un entretien avec Jean Foucambert, une discussion avec Rolande et Raymond Millot (école Vitruve, Paris et à la Villeneuve de Grenoble) et un texte inédit d'André Virengue, directeur pendant 20 ans de l'école Jacques-Prévert à Villeneuve d'Ascq. Une place importante est donnée à l'iconographie, partie prenante de la recherche. Elle permet notamment de découvrir des réalisations d'élèves ainsi que l'édition de journaux scolaires ou autres imprimés.
Un ouvrage intéressant autour d’une autre façon de faire école, comme l’annonce le titre.
C’est d’abord l’esthétique de l’ouvrage qui m’a intéressé, mais les réflexions proposées sont tout à fait importantes. On se retrouve à remettre en questions l’éducation et le système scolaire actuel à travers des alternatives qui ont déjà été expérimentées. Marie Preston présente ses recherches entrelacés à des archives des journaux dans lesquels les élèves de ces écoles alternatives ont pu s’exprimer. Ces deux éléments s’assemblent bien et permettent un rythme de lecture satisfaisant et des moments de pauses entre chaque parties qui poussent notre réflexion. Les derniers chapitres sur la co-création (et co-éducation) en lien avec les arts-plastiques a été, pour moi, la plus pertinente. Ces chapitres nous permettent de mieux comprendre la position de l’autrice dans son ouvrage, mais aussi de recontextualiser le concept de co-creation en lien avec l’éducation.
C’est un ouvrage qui peut sûrement plaire aux acteurs de l’éducation qui cherchent une autre façon de procédés, mais aussi, un exemple concret que le changement est possible car il a déjà existé au paravant.