Chacun des personnages de ces nouvelles est irrémédiablement unique, irrémédiablement seul, un «monstre de solitude». Cette solitude est parfaitement symbolisée par une image qui couronne tout le recueil, celle de ces stragglers, ces soldats japonais qu’on a retrouvés dans les îles du Pacifique et qui ne savaient toujours pas que la Seconde Guerre mondiale était terminée vingt-cinq ans après l’armistice.Ces personnages sont donc condamnés à occuper tant bien que mal le centre du monde qu’ils ont construit autour d’eux, mais n’est-ce pas là le sort de chacun d’entre nous? «L’écriture acerbe de Ook Chung se nourrit de multiples influences sans pour autant s’égarer sur les chemins de l’hommage ou de l’hermétisme grandiloquent. Voilà peut-être ce qui le distingue de tant d’œuvres publiées au Québec et ailleurs depuis les vingt dernières années et qui, en outre, confirme son effroyable nécessité.»
Lu pour la première fois en 2004, en tant que membre du jury local du Prix littéraire des collégiens, au Cégep du Vieux-Montréal. Expérience de lecture marquante; des souvenirs m'ont accompagné tout au long de mes études de création littéraire, par la suite, jusqu'à ce que j'oublie pour plein de raisons différentes que ce recueil existe même; par hasard une envie folle de le relire il y a quelques semaines et j'ai décidé de succomber. 21 ans plus tard, les textes sont tout aussi riches, tout aussi stimulants intellectuellement, tout aussi agréable à lire. Contes butô est un livre qui "contient des multitudes".