Les Commentaires royaux sur le Pérou des Incas , publiés il y a près de quatre siècles, sont l'œuvre d'un métis fils d'un capitaine espagnol et de la nièce de l'Inca Huayna Capac. Élevé au Cuzco dans la langue quechua, il reçoit cependant une éducation de jeune Espagnol. À la mort de son père, il quitte le Pérou pour se fixer en Andalousie auprès de son oncle. C'est là qu'il parfait ses études classiques et entreprend son œuvre d'historien. Utilisant témoignages, documents et souvenirs, il compose à l'intention du Vieux Monde ses inégalables Commentaires . L'intérêt de l'ouvrage ne réside pas tant dans la chronologie des grands événements du Pérou que dans la description minutieuse, ethnologique avant la lettre, de tous les aspects de la société inca. Lois, modes de cultures, rites sacrés, travaux de femmes, procédés de construction mais aussi flore, faune, vêtements, alimentation, tout est restitué avec finesse. Parce qu'il a capté, comme aucun autre Européen n'a su le faire, le véritable esprit de la civilisation inca et la beauté de ses paysages, Garcilaso de la Vega peut à juste titre être considéré comme l'Hérodote des Incas.
Inca Garcilaso de la Vega (12 April 1539 - 23 April 1616), born Gómez Suárez de Figueroa, was a historian and writer from the Spanish Viceroyalty of Peru. The son of a Spanish conquistador and an Incan noblewoman, he is recognized primarily for his contributions to Incan history, culture, and society. Although not all scholars agree, many consider Garcilaso's accounts the most complete and accurate available. Because there was also a Spanish author named Garcilaso de la Vega, he is more commonly known as El Inca Garcilaso de la Vega, or simply El Inca Garcilaso.
Suite de la description de l’ancien empire inca récemment défait par les conquistadors espagnols, par l’inca Garcilaso, qui écrivit ces commentaires au 17ème siècle. Comme les Francs lorsqu’ils conquirent la Gaule, les espagnols se lièrent les élites locales, et Garcilaso reçut ainsi une parfaite instruction classique. Pour le lecteur, une intention domine chez l’auteur, c’est de donner la meilleure image des incas – sa propre famille – possible, et de se démarquer de tout ce qui pouvait inspirer du mépris ou réprobation aux européen, comme les sacrifices humains. Ainsi, la sagesse et la modération des Incas ne cesse d’être louée, parfois jusqu’à l’absurde, comme lors des nombreuses campagnes militaires de conquêtes qu’ils entreprirent pour apporter la civilisation à leurs voisins : ces derniers, qui peinaient parfois à comprendre pourquoi ils devaient recevoir d’autres lois que celles qu’avaient laissé leurs pères, étaient amenés à résipiscence par les armes, mais l’auteur nous assure que l’Inca n’étouffait pas sa longanimité sans répandre un fleuve de larmes. L’administration d’un si grand empire force l’administration, surtout sans le secours d’une invention aussi utile que l’écriture. Mais une tyrannie qui concentre tous les pouvoirs en un seule homme est fragile lorsque la succession de ce dernier doit être décidée, en particulier lorsque les prétendants sont multipliés, du fait d’une nombreuse progéniture, et les drames qui peuvent arriver rappellent ceux qui secouaient l’empire perse, ou encore le califat de Bagdad. C’est ainsi que la succession de Viracocha par Patchacutec est marquée par une grave révolte, attisée par l’inimité qui éloignaient le père du fils.