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Le fait que "Pour la patrie" est un manifeste hystérique ultramontaine en faveur de la création d'une république de la Nouvelle-France empêche bien des lecteurs de voir que ce roman est sur et avant tout hautement blasphématoire. Tardivel prétend dans ce roman que le bon Dieu est un partisan de la cause indépendiste ce qu'il ne l'est pas. Comme catholique pratiquant je trouve que Tardivel présente des interventions divines dans l'intrigue d'une façon complètement inacceptable. Prenons une exemple. Dans un passage, St. Joseph par l'entremise d'une statue offre au protagoniste Lamirande, un député séparatiste de sauver la vie de sa femme qui est don son agonie mais en échange la patrie ne deviendra pas une nation indépendante. La femme intervient en faveur de la cause nationale et meurt en sérénité. (p. 169-173) Le problème est que Tardivel en tant que Catholique aurait du savoir que c'est le Diable et non Dieu qui offre de tels marchés. Prenons un deuxième exemple. Vers la fin du roman, une jeune fille, l'enfant unique de Lamirande, revient brièvement de la mort devant un député mécréant anglophone . Elle explique que Jésus l'avait renvoyé afin de démontrer qu'il existe et ainsi de convaincre le député anglais d'appuyer la cause de la patrie des canadiens-francais. Les yeux ouverts, le canadien-anglais se convertit à la religion catholique et la cause indépendiste. (pp. 308-314) Ici il y a deux problèmes. Primo, comme j'ai déjà remarqué, Dieu n'est pas un séparatiste. Secundo, Dieu ne fait jamais des miracles absurdes. Bien que je trouve "Pour la patrie" absolument abjecte, je reconnais que Tardivel avait raison de se lever contre le Dominion du Canada qui était certes dans une période très noire de son histoire en 1895 l'année où le roman est sortie. La province du Manitoba venait tout juste de prendre des mesures pour supprimer les écoles françaises sur son territoire, un geste que les provinces de la Saskatchewan et de l'Albert allaient répéter une dizaine d'années plus tard. Malgré les garantis pour l'éducation francais dans Acte de l'Amérique du Nord britannique, le gouvernement fédérale va refuser dans les trois cas d'intervenir en faveur des minorités francophones. En plus, le gouvernement fédérale va décider d'impliquer le Canda dans les aventures coloniales de la Grande Bretagne. Notamment, en 1900 le gouvernement fédérale va décider d'envoyer des troupes canadiennes en Afrique du Sud pour aider les Britannique dans la guerre des Boers. Non-seulement au Québec, mais partout au Canada à l'époque les droits des catholiques étaient n'étaient pas respectés. En Ontario les catholiques étaient exclus des emplois dans les gouvernements municipaux et provinciaux ainsi que dans les forces policières. Je suis bien d'accord que les politiciens négligeaient leurs devoirs de protéger les droits des francophones et des catholiques au Canada. Cela ne justifie pas quand même "Pour la patrie" qui est absolument immonde.
Je ne me rappelle pas c'est quand la dernière fois que j'ai eu autant de plaisir à cringer devant un roman. Premier roman séparatiste québécois et premier roman d'anticipation québécois, Pour la patrie a été écrit en 1895 par un conservateur catholique qui défend la thèse que seul le souverainisme de la province du Québec peut sauver le catholicisme et les francophones du Canada. Tardivel nous annonce dans la préface qu'il n'y a rien de plus abject que le roman mais qu'on peut se servir pour la bonne cause, contrairement à d'autres instruments du malin qu'il ne faut mentionner que pour dénoncer comme l'école laïque. Le premier chapitre commence en 1945 avec une messe noire lors de laquelle un Démon exige de son serviteur d'aller au Québec abattre la croix qui se tient encore debout.
Enfin bref, les satanistes (qui sont aussi des francs-massons) font une conspiration pour que le Canada soit annexé par les États-Unis. Face à eux, le seul espoir réside en un docteur charitable et bon et son ami journaliste tout aussi droit mais un peu tapon pour que le docteur puisse lui expliquer à lui et au lecteur les subtilités de la moralité et du ciel.
Il y a quelques longueurs mais il y a aussi des moments très divertissants. Et si vous décidez de le lire, allez voir les critiques sur Goodreads après, il y a des textes aussi bons que le roman. J'aime beaucoup celui qui trouve que Tardivel est blasphématoire par sa représentation des miracles et parce que "Dieu n'est pas un séparatiste."
J'en reviens juste pas que ce livre à été écrit au 19e siècle. Une conspiration sataniste pour renverser la chambre des communes dans une prise de décision sur l'indépendance du Québec? Wow.
Intrigue politique mais aussi très religieuse à propos du combat pour l'avenir de la race canadienne-française. Écriture du genre description narrative qui fait que même les séquences d'action, si on peut décrire ça comme ça, ne sont pas très excitantes. Bien content d'avoir lu ce classique québécois, même si je dois avouer que je n'ai pas trouvé ça facile de passer au travers.
Jules-Paul Tardivel est décidément maître dans l'art d'écrire un roman pour faire passer ses idéaux et attaquer ses ennemis. Le résultat final est pour le moins différent des autres romans. Ça vaut la lecture juste pour pouvoir multiplier les "WTF" tout au long du roman.
En 1945, au lendemain de l'effondrement de la puissance impériale britannique, le député séparatiste Lamirande déjoue sous l'inspiration de Saint-Joseph les complots sataniques du clan fédérateur et obtient avec la grâce de Dieu l'indépendance de la Nouvelle-France du Canada. Oui, c'est le ton de cette oeuvre surprenante publiée en 1895. Un grand délire catholique nationaliste sur fond de futurisme. Parmi les espions maçonniques, les prêtres et les bonnes soeurs bienveillantes, Tardivel dépeint non pas un mais bien deux miracles pendant que filent les trains électriques et que bourdonnent les téléfax. Un roman d'inspiration ultramontaine qui s'avère somme toute très lisible et divertissant. Certains éléments anticipés surprennent par leur justesse ce qui ajoute beaucoup au plaisir qu'on peut retirer d'un tel roman. Celui-ci me rappelle d'ailleurs le roman de science fiction soviétique "Aelita" par Alexei Tolstoi où un ingénieur de Pétrograd invente un vaisseau spatial et va déclancher la révolution du prolétariat sur la planète Mars.