L''hiver nous tue. Quand ce ne sont pas sinusites et pharyngites qui nous emportent, c''est la glace noire, le verglas ou l''infarctus qui suit une séance de pelletage intensif, ou encore la piste de descente quasi olympique du mont Sainte-Anne. Comment échapper à cette fatalité ?Et si, tout simplement, c''était notre conception de l''hiver qui était fautive ? En effet, nous nous obstinons à mener une vie productive en hiver alors que les éléments - c''est le moins qu''on puisse dire - sont contre nous.Pour retrouver le bon sens, il suffirait donc d''inverser la situation. Travaillons davantage l''été, et ainsi nous aurons tout l''hiver pour nous reposer, pour hiberner sous la couette, en remerciant le ciel de nous envoyer ce froid qui rend la maison si agréable. Faisons de l''hiver la saison morte, comme il se doit.Il fallait un anthropologue de talent pour nous faire enfin voir l''évidence. Dans ce brillant opuscule, Bernard Arcand propose une solution qui, moyennant le bon vouloir de nos gouvernements, pourrait mettre un terme à nos souffrances hivernales, en même temps qu''elle donnerait tout son sens à l''expression de « société distincte ». Cette solution aurait également le mérite de régler de nombreux problèmes de ladite société, qui vont de la réforme de la santé à celle de l''éducation.
L’essai se lit bien et la présentation idéologique est somme toute bien faite. Cependant, je crois que le Québec ne changera pas sa répartition des périodes de productivité et continuera de « se battre contre la nature ». Après tout, il faut toujours en faire plus pour en avoir plus, non ?
J’ai aimé l’idée. Les liens historiques avec les colons du XIXe siècle et leur mode de vie en symbiose avec les saisons, m’ont parlé. Comme quoi, il était possible d’être prospère tout en ayant une « saison morte ».
J’ai aimé l’idée d’accorder une saison morte pour prendre le temps. Faire face au temps. Accepter le temps.
Livre intéressant et léger, qui propose d’échanger les vacances estivales contre un congé hivernal de deux mois. Même si certaines propositions sont farfelues (l’auteur va jusqu’à proposer d’alléger les services d’incendies durant les mois d’hiver) ou datées (enregistrer des centaines d’heures de télévision pour les regarder l’hiver), d’autres sont plus qu’appropriées (fermer les écoles en janvier et février). L’interrogation la plus légitime de Bernard Arcand: pourquoi nous obstiner à déneiger des routes, à chauffer des écoles et à surcharger les lieux publics quand le bon sens nous dit de rester calmement chez soi ? Il fait remarquer que le coût environnemental et financier de ces aménagements est très élevé. Un livre qui mériterait à être mis au goût du jour sur fond de pandémie et changements climatiques.