"Contre la barbe" : cette barbe, c'est celle de Julien, surnommé "l'Apostat" par ses détracteurs, dont les habitants d'Antioche se moquaient dans des chansons pour épuiser sa patience. Empereur du quatrième siècle, neveu de Constantin, il dévora les œuvres des philosophes dans sa jeunesse, pillant en cachette les bibliothèques. Arrivé au sommet de l'empire, il tenta de contrecarrer l'inexorable succès de la religion chrétienne qui l'exaspérait, regrettant le culte ancestral des dieux païens. Dans ce texte, il égrène une série d'antiphrases dans lesquelles il simule une autocritique qui vise en fait à fustiger les erreurs de ses contemporains, qu'il ne comprend pas. Cette ironie, loin d'être légère, et au contraire pleine d'amertume et de ressentiment, et on est embarrassé de voir ce souverain en proie à l'incompréhension et au mépris réciproque avec son peuple. Le texte fourmille de référence à la culture classique, et ne manque pas de sel.