Dans cette anthologie très personnelle, Françoise Chandernagor nous convie à la lecture des textes de femmes poètes francophones de tous horizons, que l'histoire littéraire a injustement laissées dans l'ombre, et nous raconte leurs vies si souvent tumultueuses. De ces regards de femmes sur l'amour émerge peu à peu, au sein d'un patrimoine poétique jusqu'ici essentiellement masculin, un chant singulier. De la très sensuelle Béatriz de Die à la romantique Marceline Desbordes-Valmore, de la sulfureuse Renée Vivien à la pieuse Marie Noël, des « troubadouresses » aux « garçonnes », des plumes québécoises aux plumes libanaises, voici un panorama incomparable de l'amour à travers neuf siècles d'expression poétique. Membre de l'Académie Goncourt, Françoise Chandernagor est considérée comme l'une des plus grandes romancières françaises. Elle est notamment l'auteure de L'Allée du roi et de La Chambre .
Françoise Chandernagore is a recognized French writer, member of the Académie Goncourt since 1995. After graduating from the Institut d'Etudes Politiques de Paris and obtaining a master of public law she entered at the age of twenty-one years at the prestigeous École Nationale d'administration (ENA), from which she graduated two years later as a first of her year. She was the first woman to receive this rank. As a former student of the École Nationale d'Administration, she became a member of the State Council (Conseil d'Etat)in 1969.
Since 1981, when she published "L'Allée du Roi" which has earned international recognition immediately (imaginary memoirs of Madame de Maintenon, the second wife of Louis XIV), Françoise Chandernagore wrote nine novels and a theater play (played in Brussels from 1993 to 1994 and in Paris in 1994-1995). Several of her novels have been translated into fifteen languages, and two of them have been television adaptations.
In 2011, Françoise Chandernagore won the Grand Prix du Roman Palatine of Historical Novels for her novel "Children of Alexandria." Françoise Chandernagore is a member of the "Prix Jean Giono", the "Prix Chateaubriand", and the Académie Goncourt (since June 1995). She is Vice-President of the Association "Freedom for history."
Commander of the National Order of Merit in April 2007 she was promoted to Officer of the Legion of Honor.
Grand dieu, cette anthologie est une énorme déception sur tellement de niveau ! Je ne critique en rien les autrices compilées dans ce recueil, au contraire, j'ai découvert de magnifiques poèmes. Le gros problème c'est clairement Françoise Chandernagor, l'autrice qui l'a édité: ses propos (notamment dans les mini biographies de chaque poétesse) sont souvent limites, parfois presque sexiste selon moi.
Quelques points que je souhaite mentionner en particulier à propos de l’anthologie:
- Dès le début de l'avant-propos, on a droit à cette masterclass qui m'a donné envie de hurler : "Oh, ce n'est pas que je prétende qu'il existe, cachées dans les placards de l'Histoire, des poétesses de la dimension d'un Baudelaire, d'un Hugo, ou d'un Apollinaire... Non, je le reconnais, celles-là n'existent pas. Mais ce n'est pas une raison pour étouffer le chant, gracieux ou bouleversant, même s'il est parfois plus frêle , des femmes poètes de talent" (mes italiques, page 14). Sacré Françoise !
- A part Sappho, aucune autre poétesse non francophone n'est mentionnée. Pour une anthologie de la poésie féminine, c'est clairement passer à côté d'un énorme panel de très bonnes poétesses internationales (et notamment racisées). Une poignée d'exemples qui auraient pu y figurer : Maya Angelou, Christina Rossetti, Emily Dickinson, Marina Tsvetaïeva, Audre Lorde, Anne Carson, Li Qingzhao etc. A la décharge de Chandernagor, cette décision, aussi piètre soit-elle, a visiblement été prise par la maison d'édition (mentionné page 30).
- Pour une raison qui me dépasse, Chandernagor (ou sa maison d’édition) a décidé de tronquer presque TOUS les poèmes retranscrits dans le recueil. De façon aberrante parfois, comme quand certains sonnets ne sont pas présentés dans leur entièreté : POURQUOI ? Un sonnet comporte QUATORZE vers, quel est l’intérêt de supprimer deux ou trois vers en plein milieu à part pour dénaturer le texte ? Ceci est un RECUEIL de POEMES, le public visé est PROBABLEMENT les amateurs de poésie, peut-être que les mettre EN ENTIER aurait pu être judicieux ? Le travail d’édition a été fait avec la teub, putain !
- Chandernagor prend le temps de mentionner le physique de ces poétesses avec une précision qui me dépasse étant donné qu'on lit un recueil de poèmes, et pas les pages potins de People (j’ai repéré ça dans un moins 10 bio sur un total de 38).
- Dans leur biographie, les autrices sont constamment renvoyées à leur maris, leur père, leur cousin, l’ami du frère du voisin de leur oncle ou à un autre poète plus talentueux qu’elles, c’est très sympa à lire ! On retiendra notamment dans la bio d’Anne de la Vigne un paragraphe de 24 LIGNES (sur 51 lignes de bio) à propos d’un des potes de la poétesse qui était l’inventeur du bidet et sur qui elle a écrit un poème grivois. Ça aurait été dommage d’omettre ça !
- Et pour le plaisir, quelques extraits des textes de Chandernagor qui m’ont fait vomir dans ma bouche:
« Comme je me refuse à croire que tous les auteurs d’anthologie et de manuels scolaires soient misogynes, reste à élucider le pourquoi de cette sous-représentation féminine. Les femmes seraient-elles inaptes à l’expression poétique, mal à l’aise avec le vocabulaire, avec les images, avec la métrique ? » (page 14)
«(…) le vers libre, sans rime ni cadence, et surtout le poème en prose me posent problème : ce n’est pas parce qu’une prose est « poétique » qu’elle devient poème. (…) Même lorsqu’on refuse les règles de la poésie classique, il me semble que la poésie, à la différence de la prose, doit rester rythme et chanson. » (italique de Chandernagor, page 20)
« Ne figurent, dans cette anthologie, que des femmes poètes nées avant la Seconde Guerre Mondiale ; les pus jeunes ne devraient être jugées qu’une fois passé le temps nécessaire à la ‘décantation’ » (page 47)
« Rosemonde [Gérard], elle, à défaut de talent, fit une carrière. (…) De tout cette mousse, que reste-t-il aujourd’hui ? Un seul poème.» (page 147)
« [Un père] qui fut sans doute, comme elle le laissa plus tard entendre, son premier amant, amant de honte et d’effroi » (page 282, mes italiques, à propos du père de Barbara qui l’a violé durant sa jeunesse)
Bref, tl;dr : l’idée aurait pu être très cool, mais l’exécution est à crever et ne met pas vraiment à l’honneur toutes ces poétesses fascinantes. Honte à toi Françoise, la messe est dite ! Choquée, décue, outrée, mais je suis sûre qu’il existe d’autres anthologies dignes de ce nom qui n’attendent que d’être lues !
Les poétesses de ce recueil sont immensément talentueuses, et c'est toujours un plaisir de lire de la poésie féminine.
Le problème, c'est qu'il s'agit d'une anthologie vieille France. Passons sur le fait que F.C. refuse de parler de poétesse nées post-seconde guerre mondiale. Passons aussi sur son mépris à peine voilé du féminisme actuel. Passons, encore, sur son utilisation abusive des points de suspension. Mais arrêtons nous sur son regard tordu sur l'amour. Quand elle envisage l'amour filial et l'attente d'un enfant comme une sorte "d'amant", déjà, il y a un souci. Elle aurait pu nommer l'amour filial, en tant que tel, pourtant elle lui substitue un amour désirant, comme si un fœtus pouvait être comparé à un amoureux, et son existence utérine à un acte charnel. Qui annonce le pire: le choix de faire figurer une chanson de Barbara, où elle évoque la mort de son père incestueux, dont elle aurait aimé des excuses avant qu'il ne rende son dernier souffle. Père évoqué comme "son premier amant", alors qu'il a violé sa propre fille. Chanson, donc, qui n'a rien à faire dans ce recueil. Un viol n'est pas un acte d'"amant". Jamais.
Difficile de parler de ce livre sans le comparer à Je serai le feu, de Diglee: l'approche est similaire, la charte graphique est étonnamment proche, et puisque le livre de F.C. est une commande, ces hasards n'en sont peut-être pas. Là où Diglee excelle, c'est dans ses recherches, son travail éditorial, la beauté du livre-objet et sa place centrale en tant que lectrice profondément admiratrice. Elle sait parler des femmes et de leurs écrits avec une justesse et un amour qui rendent honneur aux poétesses qu'elle évoque. L'anthologie de F.C. en est une bien pâle copie, en partie parce qu'elle est hors de son temps, et surtout parce que la notion d'amour prônée par l'autrice reste biaisée par un regard patriarcal qu'elle semble fière de laisser persister. Notons aussi qu'elle n'a de cesse, tout au long du recueil, de comparer les poétesses à leurs confrères masculins. Comme si elles ne pouvaient pas exister en tant que telles, juste pour elles-mêmes.
En somme: si vous voulez un vrai recueil de poésie féminine, lisez Diglee.
Comme d'autres personnes ont pu le dire, beaucoup de choses laissent à désirer dans la manière dont ce livre a été édité, ce qui l'a rendu simplement décevant, mais j'aimerais surtout mettre le poing sur la source principale de ma frustration lors de cette lecture : dans une anthologie consacrée aux poétesses, j'ai l'impression de n'avoir seulement entendu parler d'hommes, comme si toute la vie de ces femmes ne tournaient qu'autour des hommes et qu'ils étaient l'unique objet de leur amour. Ça va même plus loin : après nous avoir fait lire des pages et des pages de poèmes ne parlant que d'hommes, Chandernagor écrit ensuite dans la biographie de certaines poétesses qu'elles avaient aussi, par exemple, écrit des poèmes engagés ou des poèmes sur l'amour maternel, sujets qui auraient très bien pu être traités sous le spectre de l'amour, notamment car elle met certains poèmes traitant de ces sujets vers la fin de l'anthologie, néanmoins ce n'est tout bonnement pas assez pour effacer le goût amer que laisse l'entièreté de cette lecture. Les poétesses mises en avant dans cette anthologie sont, autant dans le choix de leurs poèmes que dans leurs biographies, toujours rapportées aux hommes de leur vie.
C'est dommage, il y a de très bons poèmes dans cette sélection mais la façon dont le livre est foutu ne nous laisse pas les apprécier pleinement.
TL;DR: si tu t'attends à lire un truc féministe qui met vraiment en avant les poétesses, passe ta route parce que tu vas entendre parler d'hommes durant les trois quarts du livre.
une anthologie de la poésie féminine n'est pas de trop, lorsque, aujourd'hui, encore trop peu de poétesses sont noyées dans l'oubli, voire l'absence de considération.
uniquement composé d'écrivaines, cet ouvrage déterre la voix des femmes qui ont, elles aussi, façonné la poésie francophone.
toutefois, en lisant ce titre doré, "Une anthologie de la poésie féminine", j'ai hâtivement pensé qu'il s'agirait d'un recueil féministe, ayant pour vocation d'encourager, ou plutôt d'inciter la considération de ce panel non exhaustif de poétesses de la langue française ; en réalité, il n'en est pas réellement question.... quelle déception !
je ne vais pas citer tous les passages qui m'ont dérangée, au risque d'écrire une critique plus lourde que les propos de Françoise Chandernagor, mais je déplore une poignée de commentaires sexistes, véhiculant encore, au XXIe siècle, l'idée selon laquelle les hommes, eux, sauraient écrire, tandis que ce serait anecdotique du côté féminin. je trouve également dommage que la démarche de cette anthologie ne soit pas sincèrement motivée — on la ressent davantage pour une sorte d'obligation —, ce qui expliquerait sans doute l'abondance de formules que l'on aurait souhaité — ou que j'aurais souhaité — cassantes concernant l'imaginaire d'une littérature et, plus précisément, d'une poésie presque exclusivement masculine ; or, elles participent beaucoup trop encore, à mon goût, à l'ancrage de cette pensée erronée.
cette anthologie, bien que maigre, est nécessaire pour (re)découvrir la poésie féminine. en revanche, si les commentaires sont utiles pour en savoir davantage sur les autrices citées, je reste profondément déçue par l'attitude de Françoise Chandernagor, salissant l'HOMMage — à défaut d'un FEMMage — attribué à ces poetesses et qui, de sucroit, ne les sert absolument pas.
Une anthologie passionnante rendant hommage à la mémoire souvent oubliée de ces poétesses qui ont écrit sur l'amour, dans l'ombre de leurs confrères, reflet de leur place dans la société patriarcale à travers les siècles. L'avant propos et les notes biographiques rédigées par l'auteure et romancière Françoise Chandernagor sont remplies d'informations permettant de détailler et resituer la vie et l'œuvre de ces femmes inconnues ou méconnues. Et plus inédit, on y apprend que les hommes sont loin d'être les précurseurs du genre ; par exemple que le vers libre a été utilisé la première fois par Marie Krynsinksa en 1882, ou encore que ce n'est pas Lamartine qui a inventé le romantisme, mais Marceline Desbordes-Valmore dans ses Élégies et Romances en 1819.
"On se veut, On s'enlace, On se lasse, On s'en veut."
L'alphabet des aveux (extrait) - Louise de Vilmorin
Une belle découverte de poétesses de talent ! Coup de cœur pour Marguerite Brunat-Provins! Dommage que l'anthologiste ait fait des choix éditoriaux douteux, et soit egocentreé (3 pages pour expliquer pourquoi elle déteste Mallarmé... on s'en fou Catherine!!!)
Cette anthologie est un premier pas pour faire un grand tour (clairement pas exhaustif) des poétesses sur plusieurs siècles. je suis d'avis de dire que la poésie est une affaire de goût même si certains poèmes sont parfois excellent dans tous les aspects, la poésie qu'on aime et qui capture pleinement est celle qui nous fait ressentir quelque chose. J'ai aimé me plonger dans chaque poème, apprendre à connaître la vie, le destin de toutes ces poètes. Une anthologie est par sa définition : un tri, une compilation, et ce livre permet la découverte de différentes poésies et de poétesses bien trop oubliées de ce genre dans un condensé de quelques pages pour ne pas être trop imbuvable. Ça m'a donné envie d'en apprendre un peu plus sur beaucoup de poétesses. Enfin les femmes chantent !
Très contente d'avoir découvert de nouvelles plumes avec cette anthologie ! Je me serais passé des moments odieux dans la préface qui dénigrent l'art féminin à certains moments et où on trouve le mot "transsexualisme" utilisé à mauvais escient. Attention à ne pas confondre donner son avis personnel et dénigrer gratuitement sans que ça serve le propos. Les chiffres avancés dans le préface étaient très intéressants ! -1 également pour les commentaires sur le physique des femmes, inutiles à la découverte de leur art.
Je ne suis pas fan de poésie, mais j'ai bien aimé découvrir l'histoire de plusieurs poétesse francophone dans cette anthologie. Une façon pour moi de rattraper un peu mon inculture et le biais social qui nous pousse à ne lire que des hommes. J'ai pris quelques noms en note, j'ai de la lecture encore devant moi...
Ça c'était une belle initiative, de rassembler toute la poésie amoureuse des femmes. On peut remarquer que si les hommes se concentrent principalement sur l'aspect physique des femmes dans leurs poèmes, les femmes quant à elle, ont tendance à s'émouvoir de la tendresse ou de la bravoure de l'être aimé. Ça fait réfléchir.
J'ai découvert de nombreuses poétesses avec ce recueil, mais j'ai été assez agacé des nombreuses coupes arbitraires de Françoise Chandernagor dans les poèmes... Sans compter certains de ses commentaires assez consternants sur les femmes et le féminisme. Une autre utilisatrice recommande "Je serai le feu" de Diglee ; j'irai jeter un œil.
Si heureuse de découvrir des femmes inconnues, des plumes de talent, injustement oubliées. J'ai surtout apprécié que ce soit classé par ordre chronologique et que chaque recueil de poèmes soit accompagné d'une petite biographie de son autrice. De belles découvertes !
c'était assez cool! mon premier recueil de poésie :) il y a des poèmes qui m'ont marqués, et je pense que pour commencer c'est bien. malgré tout, je trouve qu'il manque un peu de diversité..
Je n’est pas tout à fait fini ce livre a vrai dire. J’ai vraiment trouvé ça intéressant et certains poèmes mon toucher et sûrement que je rate quelque chose de ne pas le terminer tout de suite mais je n’accroche pas. Comme j’ai dit, les poèmes sont tous autour de l’amour et du romantisme évidemment, ils sont tous variés et différents mais je pense que je ne suis pas dans le « mood » pour lire ce recueil, je n’arrive juste pas à me mettre dedans, je prendrais le temps de le relire une prochaine fois et mon avis sera différent je pense.
J'ai adoré découvrir toutes ces poétesses, leur sublime poésie et leur non-moins intéressante biographie !
J'enlève cependant 0,5 point à cause de certaines réflexions faites par Chandernagor, l'autrice du recueil, qu'elles soient sexistes, déplacées et la trop grande mise en avant des poètes malgré une anthologie consacrée à la poésie des femmes... dommage de perdre des points sur ça, ça aurait pu être évité
It was just overall not my type of poetry. The selection is really good though, and gives a very nice chronological overview of feminine poetry, the Two stars is just a matter of taste in poetry and very very subjective.