Au mois d’Octobre, j’ai eu l’opportunité de découvrir deux romans, « Ne Renonce Pas » et « Mon Immortel » traitant d’un thème commun : le harcèlement (focalisé sur le harcèlement scolaire). C’est probablement grâce à ces deux romans (auto-édités, par ailleurs) que j’ai reçu un message de la maison d’éditions JC Lattès (une maison d’édition que j’affectionne beaucoup) me proposant de parler de leur prochaine parution : « Frôler les murs ». Le roman est écrit par la chanteuse de pop-urbaine « Tessae » et il ne s’agit ni plus, ni moins que d’une autobiographie. Elle y traite majoritairement de la phobie scolaire, ainsi que de harcèlement et de la santé mentale. Qui plus est, la postface est rédigée par la docteure Laelia Benoit, une pédopsychiatre. J’avais vraiment très envie de découvrir ce roman qui traite de sujets qui me tiennent à cœur et qui résonnent énormément en moi.
La première chose que j’ai à souligner, c’est ce qui se trouve à la toute fin du roman. Après la postface, il y a une partie « ressource », dans laquelle se trouve les numéros d’écoute pour les victimes de harcèlement scolaire ou de cyber-harcèlement (le harcèlement en ligne). Il y a également un lien vers la liste des MDA (Maison des Adolescents) qui prennent en charge les jeunes dans des situations de harcèlement pour les aider à aller mieux, ainsi que tout un tas d’informations sur le harcèlement et comment se renseigner. Il y a même une page sur les différentes types de psychothérapie pour la phobie scolaire, qui est très intéressante et informative. Le roman est allé jusqu’au bout de sa thématique et je tenais à le souligner, j’ai vraiment trouvé ça bien.
« Je me demande comment les gens font pour avoir autant d’amis. Pour y consacrer autant de temps et d’énergie ».
Pour parler du roman, maintenant. Je ne sais pas vraiment comment en parler, en fait. C’est un roman qui se vit. C’est une histoire vécue, donc les mots sont vrais, les mots sont parfois très durs, mais toujours plein de sincérité et d’une authenticité que j’apprécie. Il n’y a rien de romancé, juste les faits, les mots durs des élèves, les mots blessants des adultes et les phases d’incompréhensions de Tessa. C’est la première fois que je lutte autant contre les larmes en lisant un roman (le métro n’est pas vraiment l’endroit idéal pour se laisser pleurer) et surtout, c’est la première fois que j’arrive à mettre des mots sur ce que j’ai moi-même ressenti pendant toute ma période « lycée ». Il y a énormément de passages dans le roman où, en les lisant, je me suis reconnue.
« En fait, je ne sais pas si j’ai déjà eu de vrais amis. Je dirais plutôt que j’ai des potes, des personnes avec qui je traine, parce que je n’ai pas envie de me retrouver seule. Mais non, je ne crois pas qu’il y ait des personnes en qui j’ai totalement confiance. A chaque fois que j’ai fait confiance, j’ai été déçue. »
L’histoire de Tessa est belle. C’est une jeune fille qui a énormément souffert, autant à cause d’autres jeunes qu’à cause de la nonchalance de certains adultes. Ce roman est une sorte de cri du cœur, sans pour autant être un moyen de se venger. Il n’y a aucune haine, aucune colère contre ceux qui ont pu lui faire du mal ou qui ont négligé sa douleur. Il n’y a que les faits et beaucoup de tristesse. C’est peut-être ce qui en fait un roman aussi touchant ? Et au-delà de ce qui touche au harcèlement ou à la santé mentale, il y a aussi des passages avec la famille de Tessa. Sa mère, qui la soutient depuis le début. Ses sœurs, avec lesquelles elle a un lien qui se renforce de jour en jour, malgré tout ce qui a pu leur arriver. Et il y a la musique.
« Comment en est-on arrivé à l’idée que l’élève parfait est celui qui n’a pas de corps, pas de besoin, pas de sensibilité, pas de fragilités ? »
Dans le roman, la musique, c’est ce qui a sauvé Tessa. Et dans la vraie vie aussi, forcément. C’est en composant ses chansons, en partageant ses covers que Tessa se sentait mieux, se sentait plus forte, se sentait plus Tessa, tout simplement. Et pour ceux qui ne chantent pas et qui liront ce roman, la musique c’est peut-être aussi ce qui nous a sauvé. Trouver cette mélodie, ce groupe, cette chanson, ces paroles qui semblent décrire parfaitement notre situation et qu’on écoute en boucle. Ce roman m’a permis non seulement de découvrir un roman touchant et une histoire forte, mais également une artiste avec des chansons très belles. Si vous ne connaissiez pas encore Tessae, c’est le moment de découvrir sa musique !
Finalement, ce roman met des mots là où beaucoup n’y parviennent pas. Il dit tout haut ce que beaucoup ressentent tout bas. Ce roman est une sorte de thérapie à lui tout-seul. A travers le parcours de Tessa, on apprend à accepter nos blessures, notre fragilité, notre angoisse et nos peurs, pour mieux aller de l’avant. Je ne peux que remercier JC Lattès, pour l’envoi de ce roman. Merci à La Grenade, d’avoir choisi de publier ce texte. Mais surtout, merci à Tessae d’avoir décidé de partager ton expérience et tes émotions dans cette histoire.