Certains avancent que l’écrivain Ambrose Bierce, auteur du Dictionnaire du diable, est mort fusillé au Mexique en 1915; d’autres, qu’il aurait plutôt poursuivi son chemin jusqu’aux tréfonds du Brésil. C’est là que la journaliste Alexandra Pearson, cent ans plus tard, cherche sa trace. Un manuscrit inédit confirmerait cette hypothèse, et Alex devra pénétrer le monde interlope d’Uruguaiana pour mettre la main dessus. Mission impossible sans le concours de son père, Andrew Pearson, gentleman élusif de l’import-export à qui elle s’est pourtant juré de ne jamais rien demander.
Car l’univers magique et glauque, chatoyant et ténébreux qui est le sien peut vous avaler. Littéralement.
Quand ses recherches la mènent à des fabulations délétères, à des pièges, quand elle craint que la paranoïa se substitue au réel, Alexandra choisit de se sauver. Un autre récit s’impose, celui d’une jeune femme qu’elle a accompagnée dans une odyssée américaine il y a très longtemps et qu’elle a abandonnée à son sort dans une forêt du Nord. C’est l’histoire de cette femme-là que la journaliste veut raconter. Mais l’étau se resserre, il est peut-être déjà trop tard.
Avec ce roman d’aventures, hommage à l’œuvre d’Ernesto Sábato, l’auteur poursuit son exploration de l’Amérique et s’interroge sur la responsabilité de ceux qui racontent les histoires des autres.
3,5. Étrange livre dur à commenter ! Pour les deux premières parties, je m’enlignais sérieusement vers un 5 étoiles. Mon expérience s’est un peu gâchée à peu près au milieu du récit, lorsque l’histoire switch pour inclure un manuscrit (découvert par la personnage principale, intrigue vraiment intéressante en soi) dans son intégralité, pour plus de 100 pages. Le style d’écriture change, le rythme aussi, et j’ai malheureusement décroché. Autrement, j’ai beaucoup aimé le setting, les histoires qui s’imbriquent les unes dans les autres, le style enquête journalistique et les multiples mystères qui m’ont fascinée (difficile de départager le réel du fictif..!). Bref j’ai bien aimé malgré tout, même si la fin m’a laissée un peu perplexe avec sa funky twist sur la pandémie de COVID !
J'ai de la difficulté à trouver les mots pour commenter...C'est spécial, unique et assez envoûtant! J'avais hâte de poursuivre la lecture de ce roman sans trop comprendre où cela m'amenait. La fin m'a laissée perplexe. Surprenante lecture!
Très brièvement, c'est le récit d'une jeune journaliste qui part à la recherche d'un manuscrit perdu qu'on aurait retrouvé au fin fond du Brésil. À cette première trame, s'ajoute le récit de la disparition d'une amie partie à la recherche du site de l'écrasement d'un avion.
Pour un roman québécois, c'est très cosmopolite, on passe du Brésil au Yukon en passant par le Tennessee. Le ton est toujours très juste et on arrive à croire à tous ces cadres. Les habitants et les décors me semblaient toujours très véridiques. On mêle à ces récits l'histoire d'Helen Klaben et le manifeste anthropophage d'Oswald de Andrade.
Le récit est raconté de façon très intimiste, on a surtout droit aux réflexions du personnage principal qui narre directement la très grande majorité du roman. Celle-ci semble en quelque sorte raconter son histoire à une amie disparue.
Une grande partie du roman se veut la reproduction du manuscrit disparu. L'histoire d'une secte internationale de cannibales qu'aurait découverte l'écrivain américain Ambrose Bierce. C'est vraiment une cassure complète. Comme si on coupait le premier récit pour y inclure une nouvelle d'horreur. C'est un peu déstabilisant, mais c'est aussi très intéressant.
La paranoïa du manuscrit se fond dans la trame principale et, dans les mots de l'auteur, la COVID du début des années 2020 se transforme en rage cannibale que tente de fuir la protagoniste.
Côté langage, c'est un récit très bien écrit, au mot toujours juste. Pas une très grande poésie, mais toujours facile à lire.
Daniel Grenier nous propose une œuvre aux multiples facettes comme suite à son deuxième roman, Françoise en dernier. Cette fois l’histoire est racontée du point de vue non de Françoise mais de l’amie qui l’a trahie, qui est en quelque sorte à la recherche de personnages mystérieusement disparus. C’est aussi une visite guidée des obsessions littéraires de l’auteur, et une réinvention du livre Héros et Tombes d’Ernesto Sábato, (qui semble être un des héros littéraires de Grenier). De plus, il s’agit d’une invitation à discuter de l’appropriation culturelle. Mais avant tout, on nous propose ici une aventure à grand déploiement qui nous fait voyager entre l’Amérique du Nord et du Sud. Un roman maîtrisé, avec une prose élégante et évocatrice. Un véritable tour de force.
Un livre à la fois incroyable, incroyablement écrit, mystérieux, envoûtant, et en même incroyablement difficile à lire. J'ai l'impression qu'il faut en quelque sorte mériter d'en savoir plus en s'enfonçant dans l'histoire comme dans la forêt qui est l'un des motifs récurrent du récit. C'est le 3eme ouvrage que je lis de Daniel Grenier, et je suis toujours aussi conquise.