Retrouver le souffle romanesque de Michael Delisle, et son univers si particulier, est un pur délice. Un univers très masculin, trouble, où l'âge commence à se faire sentir, et avec lui la morosité et l'apathie.
J'ai trouvé de grands parallèles avec «J'étais juste à côté» de Patrick Nicol, une autre oeuvre récente dans laquelle l'antihéros est un professeur de cégep désabusé, qui questionne son métier - et, à plus grande échelle, son utilité sur terre.
Le sujet pourrait sembler rébarbatif à certains, mais cette atmosphère de lucidité désenchantée me réjouit au plus haut point. Je ne sais pas pourquoi je dévore avec autant d'avidité les oeuvres d'hommes blancs vieillissants qui semblent faire un bilan détaché et toujours un peu pessimiste de leur existence; il y aurait matière à en discuter en psychanalyse, probablement.
Toujours est-il que «Cabale» est une oeuvre forte, que j'ai encore une fois lu trop vite, et dont j'aurai beaucoup de mal à faire le deuil.