Depuis ses origines, le mouvement féministe a déployé une énergie phénoménale pour défendre les droits des femmes. Il s'inscrit dans les courants de pensée de son temps : libéral, socialiste et révolutionnaire ; différentialiste, marxiste ou matérialiste à l'heure des théories de la domination sociale ; lesbien, égalitariste, du care, écologique, transhumaniste, queer de nos jours, avec le triomphe des quêtes identitaires. Bien sûr, certains courants ont tenté de prendre le dessus. Les passes d'armes étaient parfois vives voire violentes, mais l'union l'emportait pour défendre les droits des femmes. Porte ouverte à d'autres manières de percevoir la vie collective et la place de chacun, le féminisme n'a pas fini d'écrire son histoire et, ainsi, d'apporter un autre regard sur notre commune humanité. C'est cette grande histoire, vivante et palpitante, que nous vous racontons dans ce livre.
Ce livre retrace l’histoire du féminisme, ou du moins retrace-t-il l’histoire du féminisme occidental. J’apprécie sa construction chronologique qui permet une bonne compréhension et surtout une bonne introduction pour ceux qui ne sont pas familiers au sujet. C’est notamment le cas pour certaines notions du féminisme qui peuvent être plus compliquées à comprendre ; par exemple le care ou le travail reproductif. cependant, le livre trahit une certaine direction idéologique alors qu’il prétend, dans une certaine neutralité historique, présenter l’histoire du féminisme en soi, l’entièreté du mouvement, la force de l’idée comme il est écrit sur la couverture. Or, on n’accorde pas la même importance à tous les sujets qu’à toute la philosophie féministe classique, blanche, bourgeoise, occidentale qui occupe une beaucoup plus grande place que ce qu’on mentionne dans les encadrés : l’intersectionnalité, les luttes abolitionnistes, les pensées des écrivaines qui ne viennent pas de l’Europe, etc. On se prend le coup classique de l’universalisation de l’expérience blanche dans le visage, alors que l’effort d’au moins mentionner les « autres » a été fait. Qu’est ce qui nous empêche d’aller plus loin dans la recherche? Je pourrais comprendre que le livre s’adresse à la francophonie, simplement suffirait-il de le mentionner. Je suis contente de voir que les Québécoises ont été reconnues dans ce texte mais qu’en est-il alors de toutes les féministes qui proviennent des autres pays francophone? N’y accorde-t-on pas la même importance? Cela prouve que le point n’est pas à la francophonie mais au nombrilisme français. Les mouvements sont mentionnés, mais ils ne semblent pas faire partie de la grande histoire du féminisme, il semblent seulement être là, à côté. Le choix des personnes qui ont été interviewées et la deuxième preuve de cette idéologie transmise. on ne choisit pas les autrices les plus radicales, on joue safe avec des féministes plus néolibérales, d’héritage différentialiste. Encore une fois en soi c’est OK, on aimerait juste avoir l’envers de la médaille aussi. Car oui, autrement, les textes sont clairs, concis et très bien vulgarisés. On mentionne une tonne d’autrices importantes et on donne même des recommandations de livres à lire. En soi, je crois que c’est à la fois un très bon livre d’introduction et un livre qu’il faut lire en sachant quelques petites choses déjà sur le féminisme (par exemple que ce livre est vraiment très français même s’il se prétend universel). malheureusement, j’ai aussi retrouvé plusieurs fautes de frappe/d’orthographe dans le livre. a-t-il été fait rapidement? Je le recommande tout de même mais avec un grain de sel (Comme vous l’aurez compris)