Fraîchement terminé au moment d'écrire ces lignes. Je ne pensais jamais embarquer autant dans une saga d'un genre qui n'est absolument pas le mien à la base.
L'histoire de Marie-Louise se poursuit et elle obtient son premier contrat qui l'amènera à remplacer une enseignante en congé de maladie durant la première moitié de l'année scolaire dans un groupe à "défis" pour ne pas dire difficile. Là où le premier tome se concentrait beaucoup sur le développement de la relation entre Mathieu et Marie-Louise, ici, bien qu'il soit encore présent, il prend beaucoup moins de place que le développement professionnel de Marie-Louise.
Celle-ci traversera toute une gamme d'émotions très communes comme le syndrome de l'imposteur, le sentiment d'incompétence, l'angoisse, provoquée par divers événements communs à l'enseignement comme les changements de planification à la dernière minute, les retards de correction, la première rencontre de parents, etc. Le tout alors que sa meilleure amie Roxanne vient cohabiter avec elle et Mathieu et que l'entente dans le condo n'est pas à son meilleur (et c'est un euphémisme).
Petite parenthèse à ce sujet : La 4e de couverture laisse sous-entendre à un grand dilemme et à un nouveau triangle émotionnel (juste pas amoureux) semblable à celui du 1er tome. Or, cela ne paraît pas tant que ça dans le livre et ma première crainte de voir du "réchauffé" sur cet aspect s'est vite dissipée à mesure que je progressais dans ma lecture.
De plus, au début, Marie-Louise va avoir quelques moments de maladresse, d'abord justifiés par elle-même en disant qu'elle est une personne maladroite. Cependant, dans le 1er tome, ses maladresses relevaient davantage du social que de la maladresse physique et j'ai eu une crainte de la voir tomber dans le cliché de la femme maladroite et qu'elle le reste... mais non! Ces quelques moments (2) sont attribuables à des facteurs extérieurs. Deuxième crainte dissipée!
La force narrative présente dans le premier roman est de retour ici, mais présentée avec des moyens différents. Par exemple, nous avons droit à un petit foreshadowing lorsque l'on entend parler du groupe de Marie-Louise. Mais je crois que le moment où cette force a été le plus été visible fut lors de la première rencontre avec Derek.
En effet, l'auteure a réussi à prendre le tourbillon de pensées, de réflexions et d'émotions d'une enseignante qui est ambivalente quant à la décision à prendre sur la gestion d'un élève turbulent en classe et à mettre des mots dessus. Ambivalence qui est très fréquente chez les jeunes enseignants qui ont souvent du mal à trouver leurs limites dans la gestion de classe. Le fait d'avoir des tas de pensées qui se bousculent en même temps dans ton esprit n'aide pas à prendre une décision rationnelle quand c'est MAINTENANT qu'il faut la prendre.
Je me suis également surpris à remarquer que Marie-Louise, qui se concentre surtout sur les parents négatifs dans le roman sans parler (ou très peu) des positifs (alors qu'ils sont majoritaires), est à l'image de beaucoup d'enseignants qui savent que la majorité des parents sont très corrects, mais qui n'arrivent pas à chasser de leur esprit les expériences négatives (aussi minoritaires soient-elles). Moi-même en tant que lecteur, je les aie oublié en même temps que Marie-Louise.
Dernière mention sur la narration : Deux scènes arrivent à se répondre entre elles en parlant du même enjeu et viennent expliquer l'épuisement professionnel fréquent dans les métiers traditionnellement féminins. Ces deux scènes étant celle où Anne-Marie parle d'à quel point son travail est difficile et qu'elle doit s'investir, car sinon personne ne le fait, et celle où Marie-Louise reçoit les réponses à ses messages à l'agenda. Je me suis juste dis dans ma tête : VOILÀ pourquoi des employées dans ces domaines se brûlent autant au travail.
En somme, une suite très réussie où on voit Marie-Louise grandir autant comme blonde que comme amie et comme enseignante. Le dernier tome de la trilogie me semble très prometteur et comme il se passe au secondaire et non au primaire, je me doute que je serai encore plus interpellé par les histoires s'y déroulant.
P.S. : LA TOURNÉE DU MALAISE !!! Je voulais me LIQUIFIER sur place à lire ça... je peux pas croire que ça se fasse pour de vrai dans des écoles. 10 ans de thérapie assuré si ça devait m'arriver (heureusement que je suis au secondaire, ça minimise les risques).