Pendant que l’on contraint les migrants à errer dans des camps ou à sombrer dans la mer, des traders de bitcoin et des pirates libertariens perfectionnent l’art de la fuite et se réfugient sur leurs mégayachts, leurs îles artificielles, voire dans des fusées à l’allure phallique. Tandis que la terre brûle, Elon Musk envoie une voiture flotter dans l’espace et rêve de coloniser Mars. Alors que le prix des aliments de base ne cesse de grimper, l’industrie agroalimentaire gonfle ses profits et, à la télé, on célèbre des chefs qui transforment la cuisine paysanne en haute gastronomie.
Bernés par les prestidigitations des ultrariches, nous les regardons, stupéfaits, dilapider les ressources de la planète. Dans son roman Chien blanc, Romain Gary appelle «société de provocation» cet ordre social où l’exhibitionnisme de la richesse érige en vertu la démesure et le luxe ostentatoire tout en privant une part de plus en plus large de la population des moyens de satisfaire ses besoins réels.
Ce pamphlet cinglant énumère et analyse les mille façons qu’ont les ultrariches de nous nuire, et invite à rompre avec cette société de provocation.
Dahlia Namian est sociologue et professeure à l’École de service social de l’Université d’Ottawa. Elle s’intéresse aux pratiques en contexte de vulnérabilité, d’exclusion et de marginalité avancée. Elle mène présentement des recherches sur l’approche « Logement d’abord » au Canada.
La lecture de cet essai est tombée particulièrement à point, tandis que des milliardaires à la recherche de sensations fortes ont implosé dans un sous-marin au fond de l’océan il y a à peine quelques semaines.
Le travail de recherche derrière cet essai de Dahlia Namian est colossal. Chaque chapitre est percutant et documente de façon étoffée cette « société de provocation » caractérisée par les dérives du capitalisme et le comportement des ultrariches qui en découle. Du cartel du pain de Loblaws aux îles artificielles climatisées dans les pays du Golfe, en passant par la gentrification et les rénovictions dans les quartiers montréalais, ce livre décrit les nombreuses façons dont les ultrariches exhibent leur richesse pendant que le reste de la population peine à subvenir à ses besoins et que la planète brûle.
Il s’agit d'une lecture dense comprenant beaucoup de contexte historique et géopolitique, ainsi qu'un angle d'analyse intersectionnel que j'ai beaucoup apprécié. Je l'ai lu sur plusieurs semaines parce que c'est j'étais constamment fâchée. #EatTheRich
Une lecture qui donne envie de mettre le feu à notre système économique, mais qui est infiniment pertinente pour lancer une réflexion personnelle sur nos sociétés et ce que nous souhaitons en faire.
Super essai, qui réussi très bien son objectif de provoquer la colère et l’indignation. Seul bémol, j’aurais préféré des chapitres plus courts mais centrés plus précisément sur un concept. L’autrice passe parfois d’un concept à un autre très rapidement dans un même chapitre, ce qui m’a déstabilisée à quelques reprises. Les liens n’étaient pas toujours clairs.
3,5 - C’est bien écrit et il y a plein d’exemples hyper fâchants qui montrent bien la démesure du 1% et combien les écarts se creusent. Cela dit, j’aurais aimé une analyse un peu plus poussée et davantage ancrée dans la philosophie. La section sur la notion de responsabilité était pertinente et j’en aurais pris davantage.
5: Exceptionnel, change une vie 4: Très bon, se démarque parmi la compétition 3: Bon, demeure une expérience intéressante 2: Faible, mieux vaut éviter 1: Horrible, à éviter à tout prix
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À la conclusion de cet essai, je demeure fortement déçu.
Autant je suis d'accord avec les conclusions de Namian, notamment que nos élites actuelles nous mènent vers un naufrage social, politique et écologique, autant je trouve que sa démonstration est faible.
En premier lieu, La société de provocation - Essai sur l'obscénité des riches est un texte inégal. Si certains chapitres ont leur moment fort (par exemple, "Lean Machine" et "les Ostrogths en vacances"), d'autres sont carrément une perte de temps (ex: "la Guerre des petits pains", "Paradis City", "Amazonie", etc.) Ainsi, sa critique de la société émirate (dans Paradis City) constitue une longue litanie de statistiques, de faits et de "portes défoncées" qui sont, pour un lecteur moyennement renseigné sur la situation, des choses connues. Sans être un expert des Émirats arabes unis, je sais que le pouvoir est répressif et que les pétro-états polluent.
Faut-il que je me tappe un pavé de cynisme à n'en plus finir pour m'en convaincre? J'en doute.
En second lieu, pour une professeure universitaire, son essai manque totalement de structure. Aucun modèle théorique, aucun nouveau concept autre qu'une forme de "Rorschach intellectuel" où, si l'on dit "riche", le lecteur se doit de grogner et si l'on dit "droite politique", alors il doit japper. On se balade de chapitre en chapitre, sans trop réellement savoir quelle est la direction éventuelle de son texte, ni quelle est l'utilité de faire du "name dropping" à outrance. On ne sait jamais sur quel sujet le prochain chapitre portera et honnêtement, on finit par s'en foutre.
Ainsi, ce manque de profondeur mène à économie terrible de réflexion. Au lieu d'avoir un réel débat discursif sur la situation actuelle et des pistes de réflexion et/ou solutions, on doit se farcir un "mukbang idéologique" digne d'un cours donné par une association étudiante de l'UQÀM.
Et j'évite de mentionner le ton moralisateur et paternaliste de l'auteur qui, en 232 pages, ne revient jamais sur ses a priori idéologiques, moraux ou ontologiques.
Pour ma part, ce qui sauve ce livre demeure, sans conteste, la qualité des références bibliographiques qui mènent à des lectures assurément plus intéressantes.
Une belle claque dans la gueule. L’autrice met bien en lumière, le contraste brutale entre la réalité du peuple et le délire des ultra riches. Si vous voulez garder espoir dans l’humanité, tenez vous loin de ce livre.
La manière dont se livre est écrit devrait être étudié à l'école. Individuellement, chaque chapitre coule si bien qu'il nous fait passer à travers tous les extrêmes d'un même thème, en jouant souvent avec le sens des mots, sans même que l'on s'en rende compte! Un essai d'une grande qualité qui s'approche malheureusement un peu trop du roman d'horreur.
Terminer cette lecture au lendemain d’une élection des plus inquiétantes, ça donne envie de s’lever et pitcher quelques chaises au passage. Un ouvrage nécessaire, qui m’a appris ben des affaires (merci google d’avoir accompagné ma lecture). Qui m’a confirmé le « why » fondamental derrière ma job, mais aussi à quel point eeeeeeeeh que c’est pas gagné d’avance. Mixed feeling entre 1. Je me roule en boule forever et 2. GO TOUT L’MONDE EN POLITIQUE ON A UN MONDE A REMETTRE SUR PIED!
Comme un autre utilisateur l’a dit : ça met en beau tabarnaque. L’essayiste met en lumière la puissance et la vulgarité des ultra-riches (les milliardaires, la Nano-société que la populace ne côtoie jamais). Ça réaligne le tir en ce qui concerne le militantisme, à mon avis. Ça remet les pendules à l’heure sur l’ennemi à abattre. Ça ramène les classes sociales et ça installe une base commune de révolte, et c’est probablement ce qui manque dans la gauche actuellement, selon moi.
J’en ressors les flammèches qui me sortent des oreilles, le cœur pompé. C’est débile à quel point on se tapoche entre nous à savoir qui est le coupable, alors que des intérêts TELLEMENT PLUS GIGANTESQUES que nos petites existences créent les règles du jeu. Tsé, même les États ont de la misère à légiférer comme du monde les ultra-riches, c’est tout dire…
Déjà avec le titre, on sait que l'autrice s'adresse à un auditoire de convaincus. Donc, pas de surprises sur le fond, même si j'ai été agréablement surprise par certains angles que l'autrice a choisi pour créer son effet, mettre en lumière l'absurde de l'état actuel des disparités de richesse dans notre monde.
Mon élément préfèré de cet essai est le style d'écriture de son autrice qui était si fluide que j'ai pu traverser le tout en deux-trois séances. D'ailleurs, j'ai beaucoup apprécié qu'une chercheure dans mon domaine, le Travail Social, mobilise autant la théorie marxiste et des concepts sociologiques. Cela prouve que c'est possible!
J’ai adoré! Merci Dahlia de mettre au jour les obscénités de ce système qui ne profite à personne et qui dilapide, en effet, les ressources de la terre
L’autrice, sociologue et professeur à l’Université d’Ottawa, propose un essai tout à fait pertinent en cette ère où le pouvoir des oligarques et de la plutocratie ne cesse de s’étendre. En effet, les inégalités entre ceux qui n’ont rien à manger et les ultrariches sont de plus en plus gênantes. Elle lance un dur appel à la réalité en exposant comment ceux-là même qui dilapident sans vergogne les ressources de la planète agissent avec une indécence égoïste et asociale. « La société de provocation glorifie, en d’autres termes, les prouesses et le mode de vie obscènes des riches, tout en s’aveuglant au dénuement et au ressentiment qu’elles provoquent. » p. 15. Juste pour avoir une idée de la fortune des ultrafiches, elle écrit que « … pour espérer atteindre la fortune de Musk, évaluée à plus de 200 milliards de dollars, un employé moyen devra travailler quelque 3,1 millions d’années. » p. 24
À l’aide de multiples références, elle rappelle notamment que les milliardaires de ce monde, dont ceux de la Silicone Valley qui mangent dans la main du Président Trump, utilisent des subterfuges pour endormir le peuple « Dans une Amérique vendue à l’illusion méritocratique, on cherche souvent à camoufler l’indécence de ces écarts de richesse en ayant recours à diverses stratégies. Les multiples fondations privées portant le nom des milliardaires qui les ont créées en sont un exemple. » p. 52
Citations « Depuis les années 1990, les gouvernements néolibéraux, aux États-Unis comme ailleurs, ont réduit en poussière les institutions et les réglementations susceptibles de contrôler l’expansion économique et l’influence politique des milliardaires. » p. 12
« Le rêve américain et la croyance en la méritocratie sont les prix de consolation des classes moyennes et des moins nantis. Notre passivité est formatée par leurs demi-vérités, notre crainte par l’échec des utopies passées. Aujourd’hui, le problème n’est pas tant qu’on gomme les contradictions de la richesse, mais qu’on puisse exhiber celle-ci de façon aussi crue et grotesque, sans rencontrer de résistance digne de ce nom. » » p. 17-18
« En Amérique, la consommation de la malbouffe atteint des proportions sans précédent, augmentant au fur et à mesure que les inégalités de revenus se creusent. Sans surprise, les moins nantis subissent les effets les plus nocifs de la malbouffe, accumulant les maladies chroniques et mourant avant l’âge. Ces faits sociologiques bien connus et solidement documentés n’empêchent pas de nombreux experts de laisser entendre, comble de l’injure, que la mauvaise santé des pauvres n’est qu’une question de «choix alimentaire».
J'ai bien aimé l'utilisation du sarcasme de l'auteure. Tout en restant factuelle, elle réussit à provoquer, et c'est très agréable. Du moins, du mieux que cela peut l'être lorsqu'on parle d'économie, d'environnement et des ultra riches en haut du podium.
J'ai apprécié cet essai, mais je trouve qu'il manque de profondeur. J'aurais aimé voir un développement plus poussé des idées, ainsi que des comparaisons plus structurées. L'analyse reste en surface, ce qui limite l'impact de l'argumentation.
Nécessaire mais pas facile. Lire sur les extravagances des personnes ultra-riches qui vivent comme s’ils étaient les derniers humains, sans considération pour la collectivité, l’environnement. À éviter par temps morose…
"Alors que les revenus stagnent et que le coût de la vie augmente pour le commun des mortels, "la vie des gens riches et célèbres nous est de plus en plus offerte en modèle et en spectacle.""
Bonne lecture très informative qui passe bien l'idée principale du roman. Chaque chapitre est bien structuré.
Par contre, je pensais être encore plus en colère contre les riches après l'avoir lu. Mais je lisais quelques pages seulement à la fois donc j'étais peut-être pas autant concentré/absorbé dans ma lecture.