Lors de l’habituelle promenade dominicale, une jeune fille fausse compagnie à ses parents et ses soeurs pour s’enfoncer dans la forêt.
Happée par la pénombre, incapable de retrouver son chemin, la voici seule. Des souvenirs ressurgissent, aussi angoissants que la peur de se perdre. Jusqu’au moment où la jeune fille rencontre un renard avec lequel elle tente de communiquer.
C’est un rituel de passage que raconte Pauline Harmange dans ce conte moderne, saisissant magnifiquement la fin de l’enfance et le début de l’âge adulte. La maturité ne viendra pas ici du monde humain, mais d’une rencontre avec un animal aussi intelligent qu’énigmatique.
Pauline Harmange is an author and a feminist, writer of "I Hate Men", the feminist outburst published in 20 languages. She strongly believes that fiction has a crucial role to play in shaping representations.
Un récit entre chien et loup (hé oui, on y parle justement d'un renard) où une jeune héroïne se trouve justement dans cet entre-deux, entre l'enfance et l'âge adulte, mais aussi réellement dans cet espace-temps entre le jour et la nuit, où elle se laisse guider par un renard aussi bienveillant qu'énigmatique...
J'ai beaucoup aimé ce court roman auquel j'ai aimé revenir me lover durant mes trajets de RER, il y a de la douceur des souvenirs d'enfance, des relations entre sœurs, mais aussi des questions de nature et de sa relation aux hommes, il y a ce renard, animal mystérieux... bref, cette énumération fragmentée ne fait pas honneur à ce récit initiatique qui m'a emportée et que je vous conseille, évidemment.
Comment dire - je suis bien embêtée. J'adore Pauline Harmange - sa plume d'abord, moderne et poétique, sa newsletter "Un invincible dimanche", ses stories insta de néo-maman sur Instagram, ses recommandations littéraires, bref, c'est une humaine hautement recommandable à mon avis.
Je n'ai pas trop accroché avec son premier roman "Aux endroits brisés", que je trouvais un peu mièvre. J'avais vraiment envie d'aimer ce second roman, qu'ell a fini en plein post-partum (HOW?), et qui se veut être une sorte de conte philosophique/initiatique sur l'entrée dans l'âge adulte et la maternité.
Eh bien je suis passée à côté. J'ai pas réussi à faire le lien entre les chapitres "souvenirs d'enfance", mini-récits personnels (qui m'ont par ailleurs beaucoup plu) et l'histoire, je n'ai pas trouvé le fil rouge, et comme la jeune fille du récit, je me suis perdue dans la forêt.
Je ne regrette pas du tout cette lecture pour autant, rien que pour le chapitre "la cuisine", et puis y'a de grands moments "harmangiens" et une écriture sincère qui m'emballe.
"En ce crépuscule liminal, je me défais de ma peau d'autre, si confortable de celle d'un grand renard imaginé qui me protège. Il me dit que j'ai raison de croire en l'expérience qui s'accumule comme les siècles derrière ses paupières, ce renard-là n'est pas tant fourbe qu'il est sage puisqu'il a vu dans le coeur des hommes. Il me dit qu'il est des violences qui ne s'effacent pas, que nous sommes des roseaux qui ployons mais ne cédons pas, il me dit que toute emprise a une fin et qu'on peut un beau matin se trouver libre du poids qui hier encore nous entravait. Il me dit que bien sûr ce serait mieux de n'avoir pas à s'endurcir, à se caparaçonner, mais que nos armures ne sont pas des plaques de métal ciselé ferrées sur nos corps trop tendres, ce sont nos propres peaux tannées, ce sont des cors et des cals formés à nos surfaces à force de se râper."
Comme toujours avec Pauline Harmange, ces récits me touchent au coeur. Son style si lyrique et en même temps si vrai. Sa capacité à analyser et à retranscrire le réel. Ce court roman ne fait pas exception et j'ai évidemment tout aimé. Rite initiatique, nous nous perdons avec la narratrice dans cette forêt mais aussi dans ses souvenirs. C'était beau et puissant.
Une très belle histoire, contée dans une écriture poétique qui nous emporte et nous porte. Elle est quelque part un conte contemporain, à mi-chemin entre le roman d'apprentissage et la fiction d'introspection. On y devine les chemins empruntés dans des milliers de forêts par des milliers de petits chaperons rouges. Sauf qu'ici, les loups sont à l'extérieur et dans la frondaison des arbres se blottit l'âme des jeunes femmes, filles presque adultes, dans un écrin d'intimité que le renard vient sublimer. Au rythme des pages, on y retourne avec soulagement et désir, on s'y éloigne du monde, cruel et déroutant, avec la satisfaction d'un soulagement bien accompagné. C'est le récit d'une construction, d'un passage, d'une exploration intérieure qui nous ramène sans heurts, différente, à la lisière.
Belle manière de finir l’année avec ce petit livre qui se dévore et qui aborde des thématiques que j’aime beaucoup : le passage à l’âge adulte et la retrospection.
Et sur la forme, impressionnée par la puissance du roman malgré sa taille : il ne touche que des bribes de souvenirs ou de moment du présent et pourtant on y est.
un peu trop court à mon goût, mais qu'est-ce que j'ADORE l'écriture de Pauline Harmange, chaque phrase m'a touchée et méritait d'être surlignée !! hâte de continuer à la lire ❤️🔥🦊
Un doux conte initiatique tissé de poésie, une introspection féministe qui parlera à beaucoup de personnes afab ayant traversé l'adolescence avec plus ou moins de heurts.
Je me suis laissée tenter par ce beau renard en couverture et par l'appel de la forêt. J'étais très enthousiaste à l'idée de découvrir ce court récit introspectif et intimiste.
Les souvenirs de la jeune fille et les passages dans la forêt se succèdent. L'atmosphère est un peu angoissante, on ressent le malaise de la jeune fille. Au delà de la rencontre avec le renard, c'est un roman qui parle des peurs : la peur de se perdre, la peur de l'abandon, la peur de la solitude et de la différence. Peut-être aussi, la peur du changement, de grandir, avec le délicat passage de l‘enfance à l'âge adulte.
On découvre une narratrice hypersensible et anxieuse, à travers les souvenirs évoqués. Cette rencontre avec l'animal lui permet de prendre conscience de bien des choses et notamment des relations qu'elle entretient avec sa famille. C'est assez juste, touchant et le renard y est bien décrit. C'est une sorte de messager.
Une belle écriture, quelques références mythologiques et littéraires, j'ai apprécié le chemin mené par la narratrice, son auto-émancipation et l‘impact positif de cette rencontre. Les animaux nous apprennent tant de choses sur nous même, si on y prête attention.
J'ai lu le récit deux fois, pour bien m'en imprégner, j'en ressentais le besoin, la première lecture ayant été trop rapide à mon goût. C'est un conte à savourer, dans le calme, en prenant son temps.
J'ai lu Le renard comme un flux vivant de souvenirs et de moments présents. On y trouve tout le fil de l'identité, de ce qui fait soi, comme lorsqu'on se demande qui on est, quelles expériences nous ont façonné·es, et que tout se kaléidoscope jusqu'à dessiner les contours flous de la personne que nous étions et que nous sommes. C'est à la fois un bel hommage au temps qui passe et une porte ouverte sur les interrogations qui s'imposent à nous quand on grandit, comme un voyage initiatique que l'on avait pas vu venir, qui nous emmène quoiqu'il arrive.
J'ai aimé la frontière floue entre le réel et l'onirique, les souvenirs et les passages en forêt qui s'entremêlent jusqu'à devenir quasi-indissociables, jusqu'à ce que la narratrice ait vécu une vie entière en-dehors comme en-dedans d'elle-même.
Pauline Harmange nous dit qu'on ne se perd pas dans l'inconnu mais qu'au contraire, on ne peut que s'y découvrir et ça, ça m'a séduite.
Après un essai cash, frontal et très premier degré, je suis retombé sur Pauline Harmange qui vient de publier (en mars) un conte d’une grande tendresse à l’écriture très poétique.
Une jeune fille se perd dans la forêt et y croise un renard.
Un conte aux multiples ramifications (dont je n’ai pas forcément compris toutes les significations) qui parle du passage à l’âge adulte, celui où parfois l’on se perd, où l’on peut se sentir abandonné, trahi, perdu ou même coupable de ses propres errances (voir même celles des autres)
« Il me dit qu’il est des violences qui ne s’effacent pas, que nous sommes des roseaux qui ployons mais ne cédons pas, il me dit que toute emprise a une fin et qu’on peut un beau matin se trouver libre du poids qui hier encore nous entravait. »
Des phrases qu’on prend plaisir à relire pour mieux s’en imprégner, un livre qu’on savoure comme un morceau de chocolat qu’on laisse fondre pour l’apprécier plus longtemps. 💙
La plume de Pauline Harmange, élégante, surprenante, au service d’une histoire aussi onirique qu’envoûtante. J’ai adoré ce renard et cette jeune fille.