Comment dire - je suis bien embêtée. J'adore Pauline Harmange - sa plume d'abord, moderne et poétique, sa newsletter "Un invincible dimanche", ses stories insta de néo-maman sur Instagram, ses recommandations littéraires, bref, c'est une humaine hautement recommandable à mon avis.
Je n'ai pas trop accroché avec son premier roman "Aux endroits brisés", que je trouvais un peu mièvre. J'avais vraiment envie d'aimer ce second roman, qu'ell a fini en plein post-partum (HOW?), et qui se veut être une sorte de conte philosophique/initiatique sur l'entrée dans l'âge adulte et la maternité.
Eh bien je suis passée à côté. J'ai pas réussi à faire le lien entre les chapitres "souvenirs d'enfance", mini-récits personnels (qui m'ont par ailleurs beaucoup plu) et l'histoire, je n'ai pas trouvé le fil rouge, et comme la jeune fille du récit, je me suis perdue dans la forêt.
Je ne regrette pas du tout cette lecture pour autant, rien que pour le chapitre "la cuisine", et puis y'a de grands moments "harmangiens" et une écriture sincère qui m'emballe.
"En ce crépuscule liminal, je me défais de ma peau d'autre, si confortable de celle d'un grand renard imaginé qui me protège. Il me dit que j'ai raison de croire en l'expérience qui s'accumule comme les siècles derrière ses paupières, ce renard-là n'est pas tant fourbe qu'il est sage puisqu'il a vu dans le coeur des hommes. Il me dit qu'il est des violences qui ne s'effacent pas, que nous sommes des roseaux qui ployons mais ne cédons pas, il me dit que toute emprise a une fin et qu'on peut un beau matin se trouver libre du poids qui hier encore nous entravait. Il me dit que bien sûr ce serait mieux de n'avoir pas à s'endurcir, à se caparaçonner, mais que nos armures ne sont pas des plaques de métal ciselé ferrées sur nos corps trop tendres, ce sont nos propres peaux tannées, ce sont des cors et des cals formés à nos surfaces à force de se râper."
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