Anna est encore une enfant quand son père meurt brutalement. Elle remplit son absence par quelques objets hétéroclites, par des histoires qu’on lui a racontées et par son puissant imaginaire. Jeune femme, elle comprend qu’elle connaît très peu celui qu’elle s’est inventé en héros. À partir d’un répertoire qui lui a appartenu, elle se lance sur ses traces, arpente les villes d’Italie, d’où il était originaire, et remonte pas à pas l’histoire de sa famille. On la suit dans ce voyage où elle découvre les mille vies de son père, dont certaines sont fabuleuses et d’autres d’une noirceur d’encre.
Même le bruit de la nuit a changé se lit comme une enquête sur un homme passionnément romanesque. Mais c’est aussi un livre sur l’enfance orpheline et la construction de soi avec le manque. L’écriture et le temps long pris pour déplier les pans visibles ou cachés d’une vie et d’une relation en font un roman magnifique sur l’amour d’une fille pour son père.
Ayant perdu mon père très jeune également, le synopsis me donnait beaucoup envie et je me disais que, peut-être, j’allais m’identifier à la narratrice. Nos deux vies ne sont pas similaires mais les pensées et les ressentis d’Anna sont finalement similaires à ce que j’ai pu ressentir pendant très longtemps. Perdre une figure parentale est tellement douloureux que ça laisse des traces dans notre vie. Le voyage que l’on suit tout au long du roman est intéressant sur tous les points. On se rend également compte que chaque personne vit son deuil comme iel le souhaite : certaines personnes s’isolent, certaines partent rechercher des informations sur la personne, certaines se distancent de tout cela.
Un livre a recommandé aux personnes devant faire le deuil de la mort d’un.e proche.
c'était une épopée familiale comme je les aime. la quête d'une histoire de famille comme on en rencontre des milliers mais qui pourtant font quelque chose au coeur et à l'âme. et puis l'Italie. et finalement mon rêve d'un jour aussi réussir à connaître l'histoire véritable de celles et ceux qui m'ont précédée dans ce pays, et ailleurs, là où jamais encore je n'ai mis les pieds. l'histoire est vraiment banale : le deuil d'un père et puis la reconquête des souvenirs, l'apprentissage d'un autre homme à la place de celui que la narratrice a perdu. mais chez moi ça fait mouche, chez moi ça touche pile au bon endroit.
Écriture alerte et agréable. Un rythme parfois un peu trop saccadé qui ne va pas assez en profondeur. On a un peu de mal à suivre la narratrice, Anna, de Palerme à Naples, Rome ou Bologne. Intéressante histoire de mémoire et de relation au père, absent. Faut il vraiment vouloir savoir ? Mais peut-on faire sans? Je recommande
Un magnifique livre sur le deuil et son pouvoir sur notre vie. Chaque personne fait son deuil à sa façon et chaque manière n’est pas meilleure que l’autre. Certains se portent mieux en l’évitant, d’autres en s’enfonçant au plus profond de celui-ci. Et c’est ce que fait la narratrice. Elle apprend à découvrir son père autrement que dans ses souvenirs, affronte les différentes facettes méconnues de celui-ci, qu’elles soient laides ou merveilleuses. L’image que l’on se fait d’une personne ne dépend pas que des témoignages d’autrui, mais également de notre ressenti : bien que nous n’ayons pas réponses à tout ni la science infuse, la totalité de nos souvenirs sur une personne, nous portons souvent la réponse en nous; il suffit de creuser et s’aventurer dans les eaux de l’histoire et des souvenirs. Car ce que nous sommes réellement, c’est l’image, l’empreinte que nous laisserons sur les autres et le monde. Faire le deuil est une étape cruciale dans une vie, qui peut la remettre totalement en question. Certains ne le feront jamais et c’est leur droit, d’autres ne le ferons jamais malgré leurs efforts, d’autres y arriveront sans efforts…. À chaque deuil, chaque personnalité sa façon d’avancer. Mais le faire est une sorte de quête de soi qui peut nous changer à jamais. Je pense m’être réconciliée avec le deuil, du moins je n’essaierai plus de l’éviter, promis.
Anna a besoin de connaître ce père mort beaucoup trop tôt, il est resté dans sa mémoire un idéal, son héros.
Quelques pistes en poche, elle se lance dans un périple qui l’entraîne en Italie, une Italie à la fois sombre et solaire, celle des brigades rouges, de la dolce vita, des plazzos romains et napolitains et des nuits déjantées.
Tous vont raconter un homme dont la part de lumière était au moins égale à la part d’ombre et les souvenirs mystifiés vont se déconstruire et céder la place à un dandy amoureux du beau et de la vie dans ce qu’elle a de plus inachevé.
Anna trébuche, tombe et grandit au fur et à mesure de l’acceptation, comme si une part des ses origines lui était rendue.
On suit Violette d’Urzo, enfantine et fragile au début du roman puis sa force s’intensifie dans ses mots, phrases, ironies, tendres et colériques.
J’ai beaucoup aimé ce premier roman très juste dans l’évocation des souvenirs et du lien indéniable entre le corps et l’âme quand l’alignement n’est pas encore au rendez-vous.
Abandonné à environ 50% du livre, j'ai du mal à accrocher à l'histoire et au côté bourgeois hyper privilégié, et le récit autour de la mort du père devient très répétitif.
A beautiful book, sincere and elegant. Limpid and with a good rhythm. The second party gets a little repetitive, nevertheless a sincerity which is so touching. And a real drama of life.