Réécriture sombre et fantastique du Petit Chaperon rouge Accroché au versant du mont Gris et cerné par Bois Sombre se trouve Malombre, hameau battu par les vents et la complainte des loups. C'est là que survit Rouge, rejetée à cause d'une particularité physique. Rares sont ceux qui, comme le père François, éprouvent de la compassion à son égard. Car on raconte qu'il ne faut en aucun cas toucher la jeune fille sous peine de finir comme elle : marqué par le Mal. Lorsque survient son premier sang, les villageois sont soulagés de la voir partir, conformément au pacte maudit qui pèse sur eux. Comme tant d'autres jeunes filles de Malombre avant elle, celle que tous surnomment la Cramoisie doit s'engager dans les bois afin d'y rejoindre l'inquiétante Grand-Mère. Est-ce son salut ou bien un sort pire que la mort qui attend Rouge ? Nul ne s'en préoccupe et nul ne le sait, car aucune bannie n'est jamais revenue...
Ma chronique complète : https://ombrebones.wordpress.com/2020... Pascaline Nolot signe ici la réécriture d’un conte sombre et dérangeant qui met en avant des thématiques tristement actuelles telles que le harcèlement, le culte des apparences mais aussi la femme en tant qu’être-objet. L’autrice se réapproprie des archétypes connus en y apportant une véritable originalité. Si on peut déplorer quelques longueurs sur les parties du roman consacrées au passé de l’héroïne, cela n’empêche pas de dévorer ce page-turner en quelques heures à peine. Un texte tout à fait recommandable qui n’épargnera pas les sentiments du lecteur.
Une terrible et sublime histoire qui mêle espoir et horreur, émancipation et malédiction, amour et détestation; le tout agrémenté d'une plume remarquable.
L'histoire de Rouge est celle de l'horreur que peuvent provoquer les hommes dans le seul but de satisfaire leur propres désirs. Ici, Pascaline Nolot, décrit crûment la douleur perpétuelle où s'enfonce toujours plus profondément l'héroïne (et le lectorat). Alors que l'on pense reprendre souffle, on tombe nez à nez avec une ignominie à peine imaginable.
Mais, voir Rouge comme un roman d'horreur est extrement réducteur. C'est avant tout une leçon de vie, un constat sur des événements encore bien trop courants et actuels. Avec Rouge nous apprenons à être bon, à s'aimer soi et son prochain (même si cela ne veut pas dire que l'on ne peut pas détester les gens), à être tolérant envers et contre tout/tous.
Rouge c'est également la découverte d'une plume douce, sophistiquée et élégante, ce qui tranche encore davantage avec la cruauté constante de l'ouvrage.
Enfin, (c'est un point qui me tient à cœur) l'histoire prend son temps à se mettre en place, ce qui permet de développer efficacement la psychologie et les relations des différents personnages (histoire de bien adhérer aux personnages et de croire ce qu'ils nous racontent).
Rouge s’inspire du Petit chaperon rouge, reprenant les balises et aussi les thématiques sous-jacentes du conte mais en nous proposant une histoire tout à fait originale empreinte d’une ambiance bien sombre. Les allergiques aux réécritures de conte seront donc rassurés, si on retire quelques détails, Rouge est une histoire tout à fait détachée de l’oeuvre de base hormis sur les sujets qui sont abordés et que le livre explore de manière plus directe que le conte. Ce roman, destiné aux plus de 15 ans est assez violent, avec une jeune héroïne bouc-émissaire d’un village entier pour sa différence physique. Forte dénonciation [...]
Plutôt sympa cette réécriture du petit chaperon rouge en version dark/horreur. Il faut bien avoir les TW en tête et il faut parfois s’accrocher parce que c’est assez violent (notamment sur le sujet du harcèlement). L’autrice a une très jolie plume, bien que le style soit parfois légèrement pompeux et qu’il y ait eu quelques longueurs dans l’histoire.
En quelques mots, je dirais que Rouge est une lecture qui sort de l’ordinaire et qui mérite d'être connue, une réécriture de conte très joliment adaptée pour répondre aux préoccupations contemporaines. https://www.sariahlit.com/2020/07/rou...
3,75 ⭐️ J’ai vraiment beaucoup aimé suivre Rouge! J’ai adoré son évolution, la fin ma vraiment surprise et comment toutes les révélations s’emboîtent c’était dingue! Parfois j’ai trouvé ça un peu longuet mais à part ça j’ai vraiment surkiffé ma lecture 🥰
Une réécriture du chaperon rouge très poignante et crue (sans mauvais jeu de mot) j'ai apprécié l'intrigue, un chouilla moins convaincue par la plume qui explique l'étoile en moins, mais dans tous les cas une excellente lecture et je suis ravie d'avoir enfin lu "Rouge" qui me donnait envie depuis des années !
3.5 Be warned of the TW before reading I overall liked it ! There were some pacing issues for me but it wasnt a total deal breaker The epilogue made me want for a second book ahah
Le style peut paraître un peu "lourd" (multiplication de synonymes pour décrire les personnages notamment). J'ai toutefois beaucoup aimé le récit, j'ai dévoré ce roman quasiment d'une traite.
J'ai bien aimé ce petit roman même si j'ai été légèrement déçue.
Tout d'abord, j'ai bien aimé le fait que ce soit une réécriture du petit Chaperon rouge en un peu plus sombre. Il y avait des thèmes intéressants et importants comme le féminisme, le fait que l'on est constamment jugé(e) pour son physique, etc...
Au niveau des personnages, j'ai bien aimé la protagoniste. Malgré toutes les discriminations que lui fait subir son village, elle n'est pas devenue méchante. Mais mon personnage préféré reste quand même le loup gris qui l'accompagne durant tout son périple.
La plume de l'autrice est travaillée, mais elle m'a laissée un peu de marbre. J'ai vraiment apprécié qu'il y ait plein de synonymes utilisés, donc il n'y avait pas de répétitions et c'était agréable. Mais sinon, je ne l'ai pas trouvée très fluide et il y avait des termes compliqués un peu pour rien.
Une autre chose que j'aime bien retrouver de temps en temps dans mes lectures, c'est le point de vue omniscient. Combiné aux switchs entre les chapitres au présent et au passés, c'était vraiment sympa.
En parlant des chapitres, ceux-là ne sont ni trop longs ni trop courts, c'était le parfait entre deux.
De plus, j'ai beaucoup aimé les plot twists. Je ne m'y attendais pas, surtout le dernier à la toute fin du livre.
Cependant, malgré tous ces points positifs, j'ai été légèrement déçue de ma lecture. J'y ai trouvé quelques longueurs. Sur la quatrième de couverture, c'est écrit qu'il s'agit d'un livre profondément féministe. Alors oui, c'est un roman féministe, mais je m'attendais à ce que ce soit plus approfondi. Et un dernier point qui m'a déçue, est que je m'attendais à une histoire beaucoup plus sombre. Il est vendu un peu comme un roman d'horreur ou presque, mais je ne l'ai pas trop retrouvée.
En conclusion, une bonne lecture mais qui m'a laissé un peu sur ma faim.
Encore et toujours et suite à l’alléchant et pertinent avis de Tachan, j’ai décidé de me procurer Rouge de Pascaline Nolot et de partir à la rencontre de la plume de la romancière en espérant être bousculé et dérangé à mon tour par cette dernière et nul doute que mes espoirs ont été comblés.
Effectivement et en quelques pages à peine, Rouge est parvenu à me toucher, me torturer mais aussi me déranger et me renverser avec intelligence et grande réussite. L’auteure s’inspire des contes d’antan de Charles Perrault pour dévoiler un récit pertinent et percutant que j’ai adoré dévorer et ce, à en être pantelant. L’intrigue, aux prémices déjà plus que prometteuses, prend tout son sens et sa profondeur et s’intensifie au fil des chapitres. L’histoire derrière les origines de Rouge et sa condition m’ont fortement ébranlé tant Pascaline Nolot prend d’énormes risques et bien des chemins ambitieux m’ayant plus d’une fois complément surpris et charmé. De surprise en surprise, l’horreur fait place à la violence puis à la beauté pour retomber dans la cruauté et ce savoureux mélange d’émotions m’a plus que charmé et remué. Ces sentiments ont été appuyés par les quelques lieux visités aussi sombres que charmants et dont les quelques descriptions de l’auteure lui permettent de donner une véritable âme.
Mieux encore et avec rapidité, je me suis complément attaché à Rouge, victime de son physique singulier et atypique ainsi que des présages et autres traditions païennes de l’époque quant à sa condition. Cette dernière se verra d’ailleurs rejetée par sa tribu dont seul le touchant et surprenant, prouvant une fois de plus l’audace de l’auteure, Liénor se veut son allier. Pour autant et du fait de sa place en qualité de femme, cette dernière suivra le courroux d’une société patriarcale des plus violente et révoltante. À travers ce pertinent portrait, que l’auteure façonne à l’aide d’une double temporalité des plus judicieuse, cette dernière dénonce les déboires des hommes de l’époque envers la gente féminine ainsi que ceux concernant l’église et son pouvoir au sein de nos anciennes populations. En ces sens et avec dureté et finesse à la fois, la romancière offre un singulier mélange des genres, oscillant entre fantastique et historique, qui finit par s’assembler à merveille. D’autant plus que Pascaline Nolot ne tombe dans l’excès et la surenchère et dévoile une finalité m’ayant semblé des plus moderne et offre une conclusion à son apogée.
Aussi sinistre que cruel mais aussi merveilleux que malaisant, j’ai adoré être bousculé par l’intelligent récit proposé par Pascaline Nolot. Je me suis laissé porté par sa singulière plume, aux ambitions grandissantes et surprenantes, dévoilant un touchant et atypique portrait que se dévoile celui de Rouge, victime abusée mais étendard de liberté.
Cette lecture a été réalisée à l’occasion du Pumpkin Autumn Challenge – 2023 : Menu Automne frissonnant – Catégorie Viens flotter avec nous.
Ici nous faisons la connaissance de Rouge, une fillette d'une dizaine d'année que la vie et le Seigneur n'ont pas gâtée. En effet en plus d'avoir un physique qui lui vaut le surnom de la Rougeaude, le récit de sa naissance ne l'aide pas. Sa mère a été accusée d'avoir forniqué avec le Diable en personne car elle n'arrivait pas à avoir d'enfant avec son mari. Mais la folie ayant eu raison d'elle, c'est en se tordant dans tout les sens et sous les prières du Père François qu'elle accoucha et mourru en couche. Mais encore une fois, le Destin se jouant de Rouge, le village doit faire face à une sorte de malédiction. Toute fille saignant pour la 1ère fois doit être envoyée à la Grand-Mère, la sorcière, dans les bois. Quand vient le tour de Rouge, celle-ci n'a d'autre choix que de partir et d'abandonner son seul et unique ami Liénor. Qui sait ce qu'elle va rencontrer dans ces bois...
Cette réécriture du Chaperon Rouge m'a fais froid dans le dos. Mais dans le bon sens bien sûr. Ici âme sensibles s'abstenir. On y parle de possession, d'exorcisme, de viol, d'harcèlement moral et physique, de vanité, de vengeance mais aussi d'amour et de liberté sexuelle. Ce livre malgré ses aspects sanglants est une vraie pépite et nous pose des questions existentielles de la vie d'antan. Ici il est question de secrets profondément enfouis, de vérités qu'il est difficile à admettre. J'ai beaucoup aimé le personnage de Rouge qui malgré le déchaînement de son village sur sa personne, n'arrive pas à les haïr et parviens même à les aider quand ils en ont besoin. Cette fillette est pleine de ressources et j'ai été plus qu'émue de voir son parcours chaotique. Mais aussi, j'ai été surprise de sa décision finale qui est je pense la meilleure à faire, que ce soit pour sa vengeance et pour son renoncement. Quand à Liénor, j'ai beaucoup aimé ce garçon attachant qui malgré sa lâcheté compréhensible s'avère être un personnage aimant surtout quand on a la révélation finale que j'attendais depuis un moment, car j'avais des soupçons quand à ses origines. Le découpage du roman a été parfaitement orchestré, on y alterne les passages au présent avec Rouge et au passé avec l'histoire de sa mère. En tout cas, la morale de cette histoire est très contemporaine malheureusement car le regard et le jugement des gens est toujours omniprésent. Les mentalités n'arrivent pas à changer malgré les années qui passent.
En bref, un conte sanglant moralisateur qui ne laissera personne indifférent et qui est parfait pour l'automne et son Pumpkin Automne Challenge.
Dernière lecture pour le PLIB2021 avec Rouge de Pascaline Nolot publié chez Gulfstream Éditeur. Une très belle réécriture libre du Petit chaperon rouge que j’ai dévoré !
Dans cette revisite du conte du petit chaperon rouge, on y retrouve les bases : la jeune fille, la grand-mère, les loups, le chasseur… pour au final avoir une toute autre histoire avec des personnages bien différents de ceux que l’on connaissait, bien plus sombre, plus perturbante et très surprenante.
Nous suivons l’histoire de Rouge, une jeune fille de 13 ans qui est née avec une tache rouge et une déformation au visage et qui dès sa naissance a été rejetée et maltraitée par quasiment tous les habitants du village. Car cette tache ne peut-être que la marque du Diable, n’est-ce pas ? La mère de Rouge, qui est morte en couche, a dû forniquer avec le Diable, c’est la seule explication. (d’après les habitants^^)
Dans ce village médiéval très superstitieux, une malédiction plane sur ces habitants depuis des années et en contrepartie ils doivent envoyer des jeunes filles, dès l’apparition de leur première règle, voir la sorcière, appelée Grand-mère qui vit au milieu de la forêt. Alors quand c’est au tour de Rouge, les habitants espèrent que cette malédiction prendra fin avec cette engeance du Diable.
Avant d’avoir ouvert le livre j’étais assez dubitative, les réécritures de conte, ce n’est pas ma tasse de thé. Mais là, dès les premières pages, je me suis laissée happée par l’histoire, l’univers est très sombre, malsain, voir violent mais la plume de l’auteure permet d’atteindre un bon équilibre avec de la tendresse et de l’amitié, ce qui fait que le livre se lit tout seul.
Ce roman aborde de nombreux thèmes, souvent pas très joyeux, tels que la violence, la maltraitance, la pédophilie, le viol ainsi que la superstition, les croyances, le fanatisme religieux, la place des femmes, l’éducation... Et il nous questionne également sur la laideur, qu’est ce qui importe au final : La laideur extérieur ou la laideur des actes d’une personne ?
L’intrigue est très bien menée et des surprises nous attendent au fil de pages et nous réserve des rebondissements jusqu’à la fin. Les personnages sont très intéressants et nous réserve pas mal de surprises.
Au final, je dois avouer que j’ai dévoré ce livre, il se lit tout seul malgré la dureté du récit. Cette réécriture est sombre et complexe, j’ai adoré lire jusqu’où Pascaline Nolot allait me conduire dans ce récit. Une lecture que je vous conseille !
Les babines se teintèrent d’écarlate tandis que les crocs lacéraient la viande.
PASCALINE NOLOT Même si j’avais vu passer quelques bons avis sur Bookstagram, je ne m’étais pas vraiment intéressée à ce roman, ayant le sentiment qu’il n’était pas pour moi. Et comme il fait partie des finalistes du PLIB, j’ai du me résoudre à le lire, et ma lecture ne m’a pas enchantée.
Tout d’abord, je dois saluer l’univers présenté. Il est vraiment complexe et complet. Les paysages sont caractéristiques des contes de fées, mais leur descriptions est peut-être un peu trop longue à mon gout. Les descriptions prennent énormément de place dans ce roman, et sont le moteur de l’histoire, ce qui a tendance à ralentir la lecture (j’ai eu vraiment du mal à m’immerger dans le roman)
En parlant de l’histoire, j’ai été assez déçue et dérangée. Elle est marquée par des horreurs qui certes font ressortir le coté pathétique du personnage principal, c’est indéniable, ainsi que les horreurs commises par les hommes, mais elle reste vraiment violente et très explicite. De plus, j’ai eu du mal avec l’intrigue, je ne savais pas où l’auteure voulait nous emmener et j’ai vraiment eu l’impression qu’elle y allait sans moi. De plus, les actions sont vraiment espacées, ce qui rend le rendu final vraiment, vraiment trop long à mon gout.
Concernant les personnages, j’ai aussi eu du mal avec eux. Même si j’ai ressenti de la compassion pour notre héroïne dans un premier temps, la deuxième partie du roman l’a beaucoup éloignée de mon avis premier. Malgré cela, j’ai trouvé que son caractère, bien qu’un peu effacé dans un premier temps, est vraiment bien travaillé, au contraire des autres personnages que j’ai trouvé plus superficiels. Les relations qui les lient entre eux, bien que très très limitées par l’histoire, sont tout de même assez riches dans leur épaisseur.
Pour finir, j’ai trouvé la plume de l’auteure trop lourde à mon goût. Certains passages, notamment ceux en vers, mais pas seulement ceux-là, ralentissent de beaucoup l’histoire et son déroulement. En revanche, l’atmosphère créée est très qualitative, rendant le tout très réaliste, bien qu’assez lourde. De plus, les messages passés sont fait vraiment évidents : l’acceptation de l’autre, les dissidences des hommes et bien d’autres !
Bref, une lecture qui ne m’a pas vraiment plue malgré l’importance des sujets qui sont abordés.
(Retrouver tous mes avis lectures sur mon instagram @ocean.ofbooks)
"Dès qu'ils t'ont regardée, les gens ont eu peur de ta différence. [...] Auncune de vous deux ne correspondait aux critères de cette chose contraignante que l'on nomme normalité..."
Est-ce vraiment la vérité ? Et si le conte du petit Chaperon Rouge n'était qu'un mensonge? Un mensonge enrobée de sucre afin de rendre son goût plus.. plaisant. Eh bien sachez, Madames, Mesdemoiselles, Messieurs, que la vérité bien souvent à un goût amer et non sucré. Rouge, fillette cramoisie, en a conservé le souvenir jusqu'au fond de son âme. Je vais la laisser vous conter son histoire, mais soyez avertis, cette histoire n'est pas faites pour les enfants. Rouge : "Je m'appelle Rouge, oui un prénom évident pour certains, horriblement cruel pour d'autres. Je suis l'enfant d'une femme que l'on disait aliéné, je ne l'ai pas connue, pas directement mais dans mon cœur elle est à jamais Lisiane. On me dit fille du démon, car mon visage n'est pas comme le vôtre. Je ne suis pas belle, un regard noisette, des boucles brunes et une tache cramoisie qui dévore la moitié de mon visage. Non je ne suis pas belle, mais suis-je abjecte pour autant? Fille d'un démon? Pardon, loin de moi l'idée de me rire de vous, si je souris...et bien disons que c'est de l'idée que les humains se font d'un démon. Est-il beau ou laid? Mon histoire est longue et emplie de malheur mais je préfère commencer par le jour de mes premiers sangs, la nuit où des loups sont venus me chercher afin de ma conduire à la sorcière de Bois-Sombre, celle que l'on nomme : Grand-Mère.
Rouge, un roman qui effectivement mérite son nom. C'est sombre, remplis de violence et de jeux d'apparence. On y apprend que la cruauté revêt un masque de beauté pour mieux nous tromper et qu'il faut du courage pour trouver sa liberté. Attention chers lecteurs car des sujets sensibles sont abordés comme le viol, l'inceste et la discrimination. Mais je vous invite à plonger dans cette réécriture du Chaperon Rouge de Pascaline, qui par sa plume bien sombre nous offre une histoire et une leçon.
J'ai lu ce roman dans le cadre du PLIB 2021 et je suis ravie de cette découverte.
Honnêtement, on ne m'aurait pas prévenu au préalable que c'était une réécriture de plusieurs contes, j'aurais pu passer à côté de pas mal de références. On retrouve les codes traditionnels du conte ainsi que de nombreux éléments habituels de ce genre : les loups, le chasseur, la grand-mère, ... Toutefois, Pascaline Nolot a réussi à en faire une histoire totalement inédite.
Dans ce récit, on suit le point de vue de Rouge mais certains chapitres nous ramènent en arrière en suivant notamment l'histoire de la mère de la jeune fille. L'autrice nous offre un récit sombre, violent, malaisant. Le tout est marqué par un obscurantisme religieux. Le fanatisme, les croyances et les superstitions génèrent une absence d'humanité. D'autres thèmes sont également abordés comme celui de la place de la femme dans la société. Dans cet univers, les petites filles n'ont pas le droit d'accéder à l'éducation car elles risqueraient de vouloir plus de pouvoir de décision (réservé aux hommes). Cette question reste omniprésente dans le récit et est d'ailleurs représentée par la malédiction qui ne touche que les filles. Pascaline Nolot traite également de l'importance de l'apparence et du regard des autres. Notre apparence est-elle révélatrice de ce que l'on est au plus profond de nous ? L'autrice nous appelle à défier la différence et à passer au-delà des apparences.
J'ai littéralement dévoré ce roman. Certaines scènes sont très dures et ne m'ont pas laissé indemne (âmes sensibles s'abstenir). On se retrouve révolté, choqué, désabusé par ce que l'autrice nous raconte. Cette lecture a été un véritable maelström d'émotions. De cette lecture, j'en retiens un beau message d'ouverture : aux autres, aux changements et à nous-mêmes.
On est sur une histoire de vengeance, avec un personnage rejeté de par sa différence et son héritage, et ce dans un village à la population très croyante.
On suit le parcours de Rouge, et je n'ai pas trop accroché au personnage. Je compatis avec ce qu'elle vit, mais elle est tellement dans la vengeance qu'elle en oublie certaines choses. Néanmoins, cela est en accord avec son vécu, et certainement avec ce qu'a voulu faire l'autrice pour son roman.
On voit dans le livre comment des personnes peuvent en manipuler d'autres pour leur propres intérêts par le biais de la religion, que la différence, quand on ne cherche pas à la comprendre, fait peur aux gens, pour des raisons absolument pas valables, juste parce qu'il y a de l'ignorance. C'est un thème intéressant, et le roman le montre bien dans ses pages.
Le livre aborde des thèmes durs, qui ancre le roman dans une ambiance sombre, à l'image de la couverture. Cette ambiance se porte durant la majorité voire l'entièreté du roman, avec un certain nombres de personnages pas très sympathiques. Il peut donc heurter la sensibilité de certains personnes, du fait des trigger warnings du roman.
Ça se lit plutôt bien malgré la violence qui pourrait ne pas convenir à tout le monde, et l'histoire fonctionne bien.
Je ne suis en revanche pas convaincue par l'épilogue que je trouve maladroit et pas nécessaire à l'histoire, puisque rien ne le laisser supposer avant. Une révélation qui vient tellement de nulle part que je ne l'ai pas comprise, ni son intérêt. L'idée était bonne, ce n'est pas là le problème, mais amenée maladroitement et à la dernière minute pour moi.
En conclusion, une lecture qui s'est bien passée et qui est dans l'ensemble bien construite et menée en dehors de cet épilogue, mais qui ne m'a pas entièrement convaincue.
L’autrice nous plonge dans une réécriture du conte Le Petit Chaperon rouge, beaucoup de codes de ce conte sont présent dans ce livre.
Les codes du conte sont bien présent mais l’autrice a créé une histoire beaucoup plus sombre je trouve que le conte original. Je trouve que c’est plutôt à lire pour Haloween qu’au printemps.
Rouge est une jeune fille rejetée de tous pour deux raisons, elle est née avec une malformation sur le visage, et le village pense qu’elle est la fille du démon car sa mère a complètement changé de comportement au moment de sa grossesse. Je dois dire que même si le sort de Rouge est compliqué, j’ai eu du mal à m’attacher à celle ci surtout avec son comportement dans la deuxième partie du roman.
Au niveau des personnages secondaires, il y en a peu, le père François qui a la confiance de tous les habitants du hameau et l’écoute sans douter de sa parole. La Grand-Mère est un personnage complexe que j’ai du mal à juger. Liénor, le meilleur ami de Rouge, est un garçon qui fait fit de ce qu’on raconte sur Rouge, il voit au delà de la malformation de son visage.
Pour moi le roman se déroule en deux parties distinctes avant et après la rencontre avec la grand-mère. J’ai beaucoup aimé la première partie, la découverte de l’univers, le périple compliquée de Rouge pour aller voir la grand-mère. Après sa rencontre avec la grand-mère, j’ai nettement moins apprécié ma lecture. Je n’ai pas compris le comportement de Rouge et les actions qu’elle entreprend. Cela m’a semblé brouillon et m’a fait perdre le fil de l’histoire.
En bref, une réécriture très sombre d’un conte avec un personnage principal que j’ai eu du mal à comprendre et une construction du récit qui m’a laissé perplexe.
Dès les premières pages, l’autrice nous plonge dans une ambiance sombre qui nous fait comprendre que cette lecture ne va pas être des plus joyeuses. Effectivement, à travers cette réécriture du petit chaperon rouge, on aborde des sujets assez difficiles, notamment le harcèlement, la maltraitance, et les violences sexuelles. Mieux vaut donc être averti. ⠀ Si certaines scènes peuvent être assez difficiles, la plume de l’autrice permet de mettre un peu de poésie dans ce monde de brutes. Les tournures de phrases sont élégantes, le vocabulaire un peu vieillot pour renforcer ce côté conte, et les émotions toujours très présentes. ⠀ Malgré tout, tout n’est pas parfait pour autant. Il faut dire que j’avais beaucoup d’attentes suite à tous les avis dithyrambiques que j’ai pu lire. Alors entendons nous, je vais chipoter là puisque la lecture a été vraiment excellente, mais deux ou trois petites choses m’ont un peu embêté. ⠀ Déjà, il y a une scène de violence qui m’a paru un peu gratuite : oui, elle sert probablement à faire un parallèle entre Rouge et sa mère, mais au-delà de ça, je n’ai pas trouvé que cette scène était utile dans le sens où ça n’a pas tellement d’impact sur la suite du roman. J’ai aussi été un peu déçu de la découverte des origines de la mystérieuse Grand-Mère que j’ai trouvée un peu facile. D’ailleurs, j’ai souvent trouvé la personnalité et les réactions de cette Grand-Mère pas très cohérentes avec son histoire. ⠀ Hormis ces quelques points, j’ai vraiment adoré cette lecture. On aborde des sujets importants, tout en suivant des personnages bien nuancés dans une ambiance très immersive. ⠀ Ah et j’avais deviné la révélation de l’épilogue arrivé à la moitié du roman donc je suis pas peu fier (même si en soi ce n’est pas un point capital dans l’histoire ^^).
Un hameau, une malédiction, une héroïne violentée en raison des circonstances de sa naissance et d'une tâche écarlate lui mangeant une moitié de visage, une Grand-Mère qui exige son tribu, un chasseur danger pour l’innocence, un loup qui renverse les codes, du sang...
Voici une réécriture intelligente, sombre, complexe et originale d’un célèbre conte, qui offre une multitude de réflexions autour de thèmes variés comme la cruauté humaine, le danger et le piège des apparences et des faux-semblants, les mensonges, la trahison, la superstition et les croyances qui emprisonnent, le viol, l’acceptation de soi…
Mais là où l’autrice brille, c’est par la construction de son héroïne et la manière dont elle arrive à nous faire vivre de l’intérieur son évolution et les différents stades émotionnels qu’elle traverse, et ceci, sans jamais tomber dans le pathos.
Forçant notre respect et notre admiration par sa résilience, son humanité et son courage, Rouge n’a pas besoin de lumière dans sa vie, même si elle ne ferme pas sa porte aux sentiments ; elle est sa propre lumière. Et c’est peut-être ce message-là qui me permet de classer Rouge parmi les contes qui apportent un réel message d’espoir sur la force de l’esprit, et la possibilité de trouver sa propre liberté même dans l’adversité.
Une lecture super plaisante, simple et solide du début à la fin. J'ai aimé le parcours de Rouge, la façon dont son regard change sur le monde au fur et à mesure que son regard change sur elle-même. Globalement les personnages principaux m'ont intéressé, même si les Malombreux sont un peu (beaucoup) binaire : Logique pour les besoins de l'histoire mais du coup, dans le genre groseilles, ils se posent là! Et une groseille, c'est marrant, mais c'est épuisant... Alors multiplié par toute une bourgade... L'écriture est, elle aussi, simple et solide. J'ai trouvé que c'était super bien écrit, et pour le coup hyper adapté aux adolescents et jeunes adultes: Phrases construites au cordeau, vocabulaire très riche, rendu d'atmosphère, ponctuation : C'était top, voir même propre. Seul bémol (et c'est surement personnel) j'ai trouvé l'utilisation des synonymes très scolaire: Il pleuvait littéralement des qualificatifs pour Rouge (en vrac, la bannie, l'empourprée, la rougeaude, la vermeille, l'orpheline, la jeune fille, la cramoisie) : cet acharnement à ne jamais qualifié deux fois la même personne de la même façon, nous a été inculqué à l'école mais paradoxalement, ici, je trouve que ça donnait un effet à la fois de répétition et de dépersonnalisation qui m'a dérangé. Reste que, très certainement, je me redirigerais vers un livre de Pascaline Nolot les yeux fermés.
Marquée par une tâche de naissance cramoisie qui lui dévore tout un côté de la face, Rouge, jeune fille à l’aube de sa puberté, est la cible de la haine des villageois de Malombre qui associent la folie de sa mère et sa naissance à la malédiction qui les accable. En effet, depuis ce jour, chaque jeune fille ayant son premier sang prend le chemin de la forêt escortée par des loups pour se rendre chez la terrible Grand-mère... d’où elles ne reviennent pas. Et voilà qu’un jour, le tour de Rouge est venu... Une réécriture du Petit Chaperon Rouge sombre et sans concession, mais hélas... je n’ai pas accrochée à cette lecture, où je me suis beaucoup ennuyée. Le style est artificiellement ampoulé et les personnages assez caricaturaux, mais le plus gênant à mon sens est la fragilité des ressorts dramaturgiques et de la construction des enjeux narratifs. Passé la moitié du roman, quand l’intégralité des obstacles rencontrés par la protagoniste principale ont été résolus par d’autres qu’elle venus opportunément lui sauver la mise, ça devient quelque peu gênant.
J'avais envie de découvrir ce livre à l'automne, saison propice aux mystères mais je n'ai finalement pas pu attendre aussi longtemps et j'ai décidé qu'il pouvait parfaitement accompagner mes soirées d'hiver...
En quelques mots, j'ai adoré cette lecture ! Envoûtant et frissonnant, ce conte est un vrai régal ! La plume fluide et précise de Pascaline Nolot nous transporte dans un monde sans âge nous rappelant les récits du passé. J'ai beaucoup aimé les clins d'œil au petit chaperon rouge (Grand-mère, les loups, le panier et le prénom de l'héroïne bien entendu ! )
Et l'héroïne, parlons-en ! Attendrissante, révoltée et surtout incroyablement humaine !
Je n'ai pas lâché cet ouvrage tant j'étais imprégné dans l'histoire !
Intéressant sur plein d'aspects : la noirceur de l'ambiance, les thématiques abordées (attention TW ), le côté très présent de la religion dans un parfait miroir du médiéval européen et c'est vraiment fascinant
Mais... beaucoup de points négatifs aussi, en premier lieu le côté martelé à outrance des messages, un vrai manque de subtilité (peut être nécessaire vu le côté YA, mais je doute que ce soit nécessaire même pour des ados, à ce point) Je suis aussi un peu perplexe sur la réécriture de conte qui semble vraiment inutile pour le coup
Une très bonne surprise, proche du coup de coeur ! Un vrai conte d'autrefois avec pourtant des thèmes d'actualité, le tout particulièrement bien écrit : Pascaline Nolot a une plume très lyrique et s'en sert fort bien pour décrire l'horreur. J'ai trouvé cette histoire relativement sombre et violente, peut-être trop pour de la littérature jeunesse ! Mais ce n'est pas ce qui m'a dérangée bien au contraire.
Mon premier coup de cœur de 2020 : une héroïne victime des superstitions qui va se battre pour connaitre la vérité sur son passé et pour survivre, des clins d’œil tout en noirceur au conte du Petit Chaperon Rouge, des thèmes et réflexions importants chargés d’émotions fortes, portés par la plume très juste de Pascaline. Un récit qui secoue sa protagoniste, mais aussi le lecteur. Je recommande grandement !