Avec cette chasse à l'homme à couper le souffle dans le Grand Nord canadien, Ian Manook signe un prodigieux roman noir sur fond blanc. Red Arctic, hiver 1931. Une meute d'une trentaine d'hommes armés, équipés de traîneaux, d'une centaine de chiens et d'un avion de reconnaissance pourchasse un homme. Un seul. Tout seul. C'est la plus grande traque jamais organisée dans le Grand Nord canadien. Pendant six semaines, à travers blizzards et tempêtes, ces hommes assoiffés de vengeance se lancent sur la piste d'un fugitif qui les fascine. Cette course-poursuite va mettre certains d'eux face à leur propre destin. Car tout prédateur devient un jour la proie de quelqu'un d'autre...
L'histoire incroyable mais 100% vraie de la traque du « trappeur fou de la Rat River » dans le grand nord Canadien, en 1932. Quand la furie des hommes défiait celle de la nature.
On connait bien désormais Ian Manook cet écrivain-voyageur, auteur de polars dits "ethniques", qui nous balade depuis une dizaine d'années vers diverses contrées exotiques, depuis la Mongolie de son Yeruldelgger jusqu'au plus récent Krummavisur islandais. Ian Manook c'est l'un des multiples visages de Patrick Manoukian, journaliste au look de Commandant Cousteau (il écrit également sous le pseudo de Roy Braverman pour des trucs plus américains). En 2023, il avait publié ce Ravage qui était un peu passé en dessous de nos radars mais c'est sa dernière traque dans la toundra, Débâcle, qui nous l'a fait ressortir de sous la neige.
Si ce Ravage est un peu méconnu, il faut le réhabiliter rapidement : c'est peut-être bien le meilleur Manook à ce jour, vraiment. Peut-être parce que l'auteur met en scène une histoire vraie : la traque en 1932 du trappeur fou de la Rat River par la Gendarmerie Royale Canadienne. Une immense chasse à l'homme qui mobilisa des dizaines de trappeurs et de policiers, des centaines de chiens, des dizaines de traîneaux et même un avion pendant presque deux mois de traque ! Tout ça pour un gars dont on ne connaîtra même pas le vrai nom. Jones peut-être. Il en faut moins pour éveiller notre insatiable curiosité !
Dès le prologue, nous voici partis à fond de traîneau pour Aklavik, au pied des Monts Richardson qui marquent la frontière entre les Territoires du Nord-Ouest (Canada) et l'Alaska. Bref, au bout du monde. Il ne faut que quelques pages à Manook pour nous emmitoufler dans nos fourrures et nous sangler sur le traîneau. C'est parti pour plusieurs semaines de traque, de neige, de raquettes, de blizzard et de chiens. De drame. « [...] Les chiens comprennent le drame qui se joue. L’urgence aussi. Malgré la nuit et le froid, ils redoublent d’efforts. La température est tombée sous les cinquante degrés. Le blizzard souffle d’interminables rafales chargées de poudrin. Des cristaux abrasifs comme de la poussière de verre. Le traîneau file dans la nuit blanche de cette tempête qui n’en finit plus. » Et ce ne sont là que les tout premiers mots du livre, les tout premiers instants d'une traque qui va durer sept semaines, une éternité pour ces hommes pris dans le froid, la neige, la glace et le blizzard.
Mais quels sont donc les crimes abominables commis par « le trappeur fou de Rat River », quelle horreur a-t-il commise pour que la GRC lance après lui « onze hommes et soixante-trois chiens au total » et après quelques tentatives infructueuses, bientôt « six équipages, douze hommes et quarante-deux chiens », mais ça ne suffit toujours pas et il faudra encore « dix-huit hommes et une soixantaine de chiens ». Et cela ne fait que commencer, il en faudra toujours plus. Et même un avion de reconnaissance pour en finir !
Et au fait, ce crime terrible donc ? Ah, tenez-vous bien : « Il n’avait rien fait, ce Jones. Tu n’es même pas certain qu’il n’avait pas de permis de trappe. »
Très vite on devine qu'au-delà du récit épique d'une course folle dans le grand nord (un registre où excelle cet auteur), on devine que Manook s'est emparé de cette histoire car c'est l'histoire d'une folie furieuse, celle d'hommes assoiffés de sang, de vengeance, aveuglés par le blizzard certes mais aussi et surtout par la colère, le comportement grégaire, l'appât du gain, « le courage des couards, l’hystérie de la horde ». C'est un lieu commun que de dire que l'homme est un loup pour l'homme, mais en voici la démonstration implacable. Et malheureusement authentique, il faut le rappeler. Et les loups, ça les trappeurs canadiens connaissent bien. [...] — Jones ne se rendra pas, Hattaway. D’un obscur trappeur qui ne demandait rien à personne, nous avons fait un assassin de gendarme. — La Gendarmerie royale n’a rien à se reprocher, s’indigne Hattaway. — Bien sûr que si, réplique Walker, résigné. On l’a poussé à commettre la faute qui justifie notre acharnement. »
Alors bien sûr, on sait dès le début que tout cela finira très mal. « [...] — Je suppose que vous êtes fiers d’avoir abattu un homme dans ces conditions. — Ce n’était pas un homme, ose Neville. — Et qui était-il, alors ? — C’était Jones, le trappeur fou de la Rat River. »
Certains furent même forcés d'admirer le courage tenace et la force prodigieuse de ce trappeur Jones qui, dans le froid, la peur, la neige, la faim, échappa pendant de longues semaines à des poursuivants nombreux et suréquipés ...
Comme toujours, on retrouve avec Manook, un amoureux des pépites de notre langue. J'en ai relevé au moins deux ici. D'abord ce curieux ravage du titre : un mot qui désigne les dégâts causés par les immenses troupeaux de plusieurs milliers de caribous pendant leur exode saisonnier. De quoi faire disparaître les traces d'un fuyard habile ! « [...] Loin devant eux, la plaine immaculée est labourée. Une rivière de neige piétinée, large d’une centaine de mètres. Et qui s’étend à perte de vue, au nord comme au sud. — Un ravage, dit Claudel dans un sourire. Le salopard ! »
Et puis cet hallali qui (dictionnaire à l'appui) n'a pas qu'une seule déclinaison : « [...] C’est l’hallali courant d’un homme aux abois. Viendra l’hallali debout, quand il sera cerné de toutes parts, puis celui à terre, une fois qu’il sera tombé. »
Forcément on apprendra aussi beaucoup de choses sur les chiens de traîneau - c'est le côté "gentil/sympa" de cette terrible histoire - comme par exemple, à faire la différence entre les team dogs et les swing dogs !
Ravage de Ian Manook, présentation 1er janvier 1932, blizzard, Canada, il a confiance en son chien de tête car il y a urgence. Il a avec lui un blessé, William West, dit Billy. Mais il doit faire face tout de même à quelques instants d’inattention. Au bout de 20 heures de course effrénée, il arrive à l’hôpital. Il veut juste prendre soin de ses chiens.
Avis Ravage de Ian Manook Premier livre de l’année lu en 2024. Mais j’avais raté ce roman lors de sa sortie en 2023. Bref, ce n’est pas grave. Ian Manook avertit son lecteur dès le début. Cette histoire est tiré d’un fait divers réel mais il a pris des libertés quant aux pensées, aux actions des personnages. C’est ça la liberté de l’écrivain, proposer à ses lecteurs une vision et une étude de ce qui a pu se passer il y a près d’un siècle.
Ian Manook nous entraîne dans le grand nord canadien pendant plus de six semaines au plus fort de l’hiver.
1er janvier 1932, un homme affronte le blizzard, pendant des heures, avec tout son équipage, pour sauver un homme, Billy. Cet homme a essuyé un coup de feu qui pourrait lui être fatal. Tout a commencé lorsque un homme s’est ouvert à un poste de la Gendarmerie Royale concernant un trappeur. Ce trappeur est un homme seul qui ne demande rien à personne. Mais les gendarmes royaux veulent avoir la preuve que cet homme possède bien son permis. Mais il refuse de se montrer aux gendarmes, à ceux qui l’accompagnent et tire après avoir été agressé, blessant Billy. Pour les instances supérieures, la Gendarmerie Royale doit faire respecter la loi et ceux qui s’y opposent doivent être arrêtés.
Commence alors une chasse à l’homme, contre un seul homme, Jones, de la part des gendarmes, des trappeurs qui les accompagnent et également des équipages de chiens. Très vite, le but est de tuer Jones, pas de l’arrêter. Mais il va jouer avec eux, les devancer, brouiller les pistes pendant plus de six semaines. Comment a-t-il pu faire avec les aléas du temps, de ce blizzard, de cette neige intense, de ce brouillard qui brouillent toutes les pistes ?
Ils sont peu, au début, à donner du crédit à Jones, à indiquer qu’il n’a rien fait de mal, qu’il s’est juste défendu. Personne ne connaît le passé de cet homme, ce qu’il a pu subir auparavant, pourquoi il a décidé de vivre seul. Le monde sort d’une grave crise économique, après la Première Guerre Mondiale. De nombreuses personnes ont tout perdu, il ne leur reste que leur liberté, même si la vie est dure, si loin de tout. Le lecteur ne peut être qu’admiratif face à ce périple de cet homme seul, face aux pires éléments, mais qui semble connaître la nature, ce grand nord, qui sait comment survivre, comment se terrer, comment construire une cabane et vivre de ce que lui offre la nature.
Ce sont des hommes et des femmes qui vivent dans des contrées reculées, où ils sont peu nombreux. Ils dépendent de tout et notamment du temps, de cet hiver qui n’en finit jamais où la clarté ne concerne que quelques heures par jour. Ils ont mis leurs aspirations, leurs rêves de côté.
Ce sont également des trappeurs qui connaissent toutes ces immensités, qui ne font qu’un avec leur équipage de chiens de traineaux. Ce sont de belles chevauchées dans le grand blanc où l’homme ne fait qu’un avec son animal de tête.
Un roman très dépaysant avec tous ces espaces immaculés, tous ces espaces qui changent d’un moment à l’autre, tous ces espaces où il est possible de se cacher mais des espaces qui deviennent très vite étroits car l’étranger y est mal vu. Ce sont également des espaces où les gens qui y vivent depuis des siècles ont été dépossédés de leurs terres.
Ian Manook est à l’aise avec tous les genres. Il met tout ce qu’il faut d’énergie et de passion dans ses écrits. Il possède une imagination débordante pour appâter son lecteur. Il mélange avec brio les caractères de chacun et cette nature vibrante qui peut être hostile pour ceux qui ne la respectent pas.
Je me suis laissée happer par l’histoire, par ce roman, et les explications de l’auteur concernant la vie de ces personnages, réels, après cette chasse à l’homme. Toutefois, ce n’est pas forcément un coup de cœur.
J’adore cet auteur. Ses descriptions sont toujours aussi grandioses! Comme l’histoire est basée sur des faits vécus, ça augmente l’intérêt, le côté historique de l’histoire. Mais c’est une chasse à l’homme…. Alors il n’y a pas tant d’action!
An interesting story about a giant manhunt, with an enormous group chasing a mysterious man who, remarkably, keeps eluding them. While the story is interesting, the book is quite repetitive and would have been improved by cutting down on that.
Il a des longueurs dans le livre. À un certain moment, j'avoue avoir lu quelques chapitres de travers, car je trouvais que ça ne finissait plus....puis BOOM le livre est fini....il passe la brique entière à chercher un homme, pis quand enfin quelque chose arrive, fin du livre....j'ai été déçue.
Quite a fascinanting man hunt story. Ian has an incredible vocabulary. Loved the non stop communications between some hard to imagine outside conditions. Well built story. If it's true it's an amazing story
Malgré un sujet captivant et un développement des personnages intéressant, la lecture est très difficile pour une « québécoise ». Le vocabulaire et les références sont particuliers.
Un décor à couper le souffle, des descriptions et des aventures qui défient l'imagination pour ce récit romancé de faits réels. Décidément le talent de cet auteur ne se dément pas!
Une véritable traque va s' organiser contre un homme seul dans le grand Nord Canadien. Des hommes rudes dans un milieu hostile qui pour certains vont s'interroger sur le sens même de leur mission. Au delà de l aventure, j ai adoré le vocabulaire extrêmement riche afin de décrire le grand blanc et les animaux qui le peuple.
Bien différent des autres livres du même auteur que j'ai déjà lu. J'ai beaucoup aimé les descriptions et les interrogations des différents personnages. Le récit colle à la vérité historique. Vocabulaire très riche pour décrire le froid, l'environnement, la solitude de ces espaces gelés, immenses, perdus...