Exposing the history of racism in Canada’s classrooms Winner of the prestigious Clio-Quebec, Lionel-Groulx, and Canadian History of Education Association awards In School of Racism , Catherine Larochelle demonstrates how Quebec’s school system has, from its inception and for decades, taught and endorsed colonial domination and racism. This English translation of the award-winning book extends its crucial lesson to readers across the country, bridging English- and French-Canadian histories to deliver a better understanding of Canada’s past and present identity. Using postcolonial, antiracist, and feminist theories and methodologies, Larochelle examines late-nineteenth and early-twentieth-century classroom materials used in Quebec’s public and private schools. Many of these textbooks, and others like them, made their way into curricula across Canada. Larochelle’s innovative analysis illuminates how textual and visual representations found in these archives constructed Indigenous, Black, Arab, and Asian peoples as “the Other” while reinforcing the collective identity of Quebec, and Canada more broadly, as white. Uncovering the origins and persistence of individual and systemic racism against people of colour, Larochelle shows how Otherness was presented to―and utilized by―young Canadians for almost a century. School of Racism names the ways in which Canada’s education system has supported and sustained ideologies of white supremacy―ideologies so deeply embedded that they still linger in school texts and programming today. The book offers new insights into how Canadian and Québécois concepts of nationalism and racism overlap, helps educators confront racism in their classrooms, and deepens urgent discussions about race and colonialism throughout Canada.
Au 19e siècle, l’Europe s’est lancée dans une nouvelle entreprise coloniale qui, au-delà des rivalités de pouvoir et des visées économiques, s’appuyait sur une rhétorique au centre de laquelle se trouvait cette idée de « mission civilisatrice » – ce devoir d’amener progrès et civilisation à des populations qu’on qualifiait de « primitives » et qu’on plaçait en dehors de la grande marche de l’Histoire. Cette rhétorique s’est accompagnée d’une imagerie forte, alimentée par une volonté de hiérarchiser le genre humain en fonction de conceptions raciales dont les traités pseudoscientifiques (darwinisme social, phrénologie), les discours politiques, les évènements culturels (expositions universelles, zoos humains), les mémoires militaires, les récits de voyages et autres productions littéraires de l’époque se faisaient l’écho. Discours et représentations permettaient ainsi de justifier la violence coloniale et, ultimement, la conquête et la domination d’une vaste partie du monde. Dans ce contexte, l’école a joué un rôle de premier plan en tant que courroie de transmission de tout un système de valeurs dans les métropoles européennes.
À la même époque, les programmes scolaires québécois ont eux aussi repris ces discours et représentations afin de définir ou même construire « l’Autre », amenant ainsi l’élève à intérioriser ce système distinctif et à comprendre son identité en opposition à l’altérité décrite. Les procédés pédagogiques pouvaient prendre de nombreuses formes : descriptions stéréotypées basées sur des caractéristiques culturelles ou physiques, mises en situation, dialogues fictifs, créations littéraires, mises en scène théâtrales, œuvres et actions religieuses, etc. Ultimement, le but – avoué ou non – était d’établir une distinction avec « l’Autre »; entre « notre monde » (civilisé) et « leur monde » (non civilisé/à civiliser). Ce faisant, l’école cautionnait un système de domination coloniale dont les rouages s’observaient certes partout dans le monde, mais dont la violence sévissait aussi à l’échelle nationale.
En s’intéressant aux programmes scolaires québécois de 1830 à 1915, Catherine Larochelle illustre avec brio comment l’école a joué un rôle important dans la création et la transmission de représentations de l’altérité et, par le fait même, dans la reproduction et la perpétuation de préjugés, de stéréotypes, d’approches et d’attitudes au fil des décennies – et même jusqu’à aujourd’hui. À la lecture de son étude, on comprend aussi mieux comment le changement, en ce qui concerne les concepts, les phénomènes et les approches, peut prendre du temps à se réaliser, la compréhension et la reconnaissance de notre propre histoire colonialiste en étant un bon exemple.